9 octobre 2003

The king Millar

Pierre Hamel et Jacques Sennéchael

David Millar n’a pas créé la surprise, tous les pronostiqueurs le donnaient favori du contre-la-montre.Mais il a surtout éclaté le chrono en devançant le second d’1 minute 25 secondes.

" J’ai eu tellement peur de ne pas gagner ces dix derniers jours que maintenant je suis dans les nuages " David Millar, quelques minutes après sa fantastique victoire au contre-la-montre. Le Britannique peut maintenant être rassuré, il a conforté le maillot de Champion du monde qu’il porte sur les épaules de près d’une minute 25 secondes devant l’australien Michael Rogers. Avec une moyenne de plus de 48 km/h, Millar n’a laissé aucun temps intermédiaire à ses concurrents. " J’ai pris la décision hier soir de rouler à 100% tout le long du parcours a-t-il expliqué après la course, que ce soit de 3 secondes ou de trois minutes, je voulais gagner pour mon équipe britannique faire le doublé avec les Jeux d’Athènes l’année prochaine ".

S’il y avait un autre heureux, c’est bien l’Australien Michael Rogers. " J’avais prévu un modeste top 5 ce matin et je suis le premier surpris de me retrouver sur le podium ". Un podium qu’il a amplement mérité, une crevaison lui ayant perdre une trentaine de secondes.Au premier temps intermédiaire, il était classé 11e. Michael Rogers, vainqueur du Grand Prix cycliste de Beauce en 2002, a terminé très fort.

Du côté des coureurs canadiens, l’Ontarien Eric Wohlberg termine 25e à près de 3m 30s de Millar. Son entraîneur et lui-même étaient pourtant nettement plus optimistes. " Eric est le coureur le plus fier et le plus intense que je connaisse a précisé Éric Ven den Eynde. Une 12e place est possible ".

Après la course, le discours avait changé. "C'était vraiment très dur, a confirmé Wohlberg. Ça fait trois semaines que je n’ai pas couru mais je me sentais nettement mieux qu’avant le CLM que j’avais raté au Championnat du monde 2001 au Portugal ". Faut dire que sa double fracture au poignet n'a sûrement pas aidé l'Ontarien.

Le Québécois Jean-François Laroche a eu une course plus difficile encore, mais on lui accorderait sans problèmes quelques circonstances atténuantes. " Lundi passé (NDLR une dizaine de jours avant le début des Championnats du monde), j’ai reçu un coup de fil de Jacques Landry qui m’annonçait que j’avais mon billet pour Hamilton en remplacement de Roland Green blessé. J’étais à la fois content de participer mais frustré de le savoir si tard. J’avais déjà arrêté ma saison depuis une dizaine de jours ".

Difficile de reprendre la forme compétition en si peu de temps. Jean-François a repris l’entraînement en plus de son nouveau travail dans un bureau d’avocats. Celui qui avait réalisé le 3e temps au Championnat canadien savait où ça se jouait sur le parcours : " Je voulais faire mieux que mon temps au canadien, je savais que je ne devais pas trop pousser dans les côtes et tourner la poignée sur le plat. Il fallait aussi que j’en garde pour le 2e tour ". Jean-François Laroche a finalement terminé en 39e place, dépassant son temps du Championnat canadien d’une trentaine de secondes.

L’analyse
La 25e place de l’Ontarien Eric Wohlberg situe exactement sa valeur au niveau international. Il a connu son meilleur résultat à vie l’an dernier à Zolder (19e). Autrement, il a toujours été placé entre la 25e et la 30e place. Wohlberg n’est pas juste un spécialiste de l’effort solitaire, il est aussi régulier comme une horloge. À preuve, son temps (54m46s) qui est seulement 4 secondes inférieur à celui qu’il avait réalisé aux Championnats canadiens. Il se retrouve à 35 secondes de son objectif initial : la 20e position.

Le résultat de Jean-François Laroche s’explique évidemment par sa sélection tardive. Mais voilà l’exemple parfait d’un coureur qui termine loin, très loin (39e sur 42) et dont le potentiel est intact. Ce jeune homme a tout ce qu’il faut pour réussir. Il est costaud, a une bonne tête et il sait très bien ce qu’il a à faire pour progresser.

Un petit mot sur David Millar. Il a dominé ce contre-la-montre individuel de façon incroyable. L’écart qu‘il a creusé sur ses principaux poursuivants est phénoménal. Plus de 1m25s sur 41,3km c’est énorme. D’autant plus qu’après le premier tour du parcours, il a, selon ses propres dires pris ça un peu relax.

Demain, une journée bien remplie avec la course sur route chez les femmes junior mettant en vedette Audrey Lemieux et celle chez les coureurs de moins de 23 ans (Martin Gilbert et Jean-Sébastien Maheu).

Les citations du jour
" Ça doit être parce qu’on a la tête dure "
Manon Jutras à propos de la présence de nombreuses Québécoises dans l’équipe canadienne

" À chaque fois que je vais en Europe, je m’amuse, je performe super bien, ça pourrait être une avenue pour la saison prochaine "
Jean-François Laroche

" Difficile d’être à 100 % de février à octobre. Un championnat du monde fin août avec tous les participants au Tour de France serait parfait "
David Millar

« J’aurais souhaité que ce parcours soit une très longue descente.» Eric Wohlberg a éclaté de rire en faisant ce commentaire.

« Je commençais à être pas mal bon au squash quand j’ai reçu l’appel des dirigeants de l’Association cycliste canadienne. » Jean-François Laroche, à propos de sa période sans vélo.

Roue Libre
• La délégation italienne sait recevoir. Elle distribuait au public quelques morceaux de jambon et des olives. Non seulement c’est de bon augure pour les Championnats du monde 2004 de Vérone, mais nous savons maintenant où aller manger.

• L’entrée en scène des coureurs professionnels est accompagnée par un accroissement de la foule qui assiste à ces Championnats mondiaux. Et les grandes gloires du cyclisme (Francesco Moser, Felice Gimondi, Bernard Thévenet) se promènent presqu’incognito parmi la foule.


nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d'autre ?

Page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

veloptimum.net