26 septembre 2003

Lyne Bessette anime une étape mouvementée

Pierre Hamel

Une vraie course de vélo à l’ombre de la baie des Ha! Ha!. Sous l’impulsion de l’équipe canadienne mais surtout de Lyne Bessette, les meilleures cyclistes ont fait éclater le peloton de ce Grand Prix féminin.

La Baie. Ce matin, dans le stationnement de l’hôtel de ville de La Baie, l’atmosphère était plutôt sympathique. Les filles étaient radieuses. On entendait des bribes de conversation en allemand, en russe, en flamand et en polonais. Le Saguenay était magnifique. Bref, rien ne laissait présager que ce peloton, si amorphe hier, serait secoué par de belles attaques.

Dès le départ de cette étape de 110 km, on a senti une certaine fébrilité. Le rythme des coureuses de tête était soutenu et on avalait les côtes à bonne allure jusqu’à ce qu’un problème de logistique fasse en sorte que le peloton et la caravane soient dirigés dans la mauvaise direction. Après les instructions d’usage, les officiels ont ramené tout ce beau monde dans le droit chemin.

À partir de ce moment, l’équipe canadienne a forcé la note en tête du peloton. "C’était notre stratégie aujourd‘hui, a expliqué Lyne Bessette. On voulait être dans le coup dès le départ." Après quelques timides attaques, la grande brune, debout sur les pédales, a déclenché les hostilités. À la mi-course, avec l’aide de Manon Jutras, son inséparable équipière, elle a creusé un petit écart. Elle a vite été rejointe par le peloton, mené par les Allemandes, mais elle a aussitôt contre-attaqué. C’était la bonne attaque.

Elle a provoqué un cassure dans le peloton et les meilleures se sont retrouvées devant. Un échappée royale qui comprenait entre autres, Lyne Bessette et Amy Moore de l’équipe canadienne, les Allemandes Judith Arndt et Tina Liebig, la Russe Svetlana Boubnenkova, la Lithuanienne Jolanta Polikeviciute, l’Américaine Tina Mayolo-Pic et les Belges Van de Vijver et Hierckens. En moins de dix kilomètres, leur avance a atteint une minute. Il n’y avait plus grand monde au sein du peloton pour réagir à cette poussée des meilleures. Au 80e km, l’échappée avait triplé cette avance. Pas besoin d’être un fin connaisseur pour comprendre que ce Grand Prix venait de prendre un tournant majeur.

Dans la côte de la fromagerie Boivin (10 à 12 % de degré d’élévation), à une quinzaine de kilomètres de la fin, Lyne Bessette a attaqué à deux reprises. "On dirait qu’elles ont peur d’attaquer, a souligné la Championne canadienne. On est ici pour se préparer aux Championnats du monde. Me semble que c’est le temps d’attaquer et de se tester. Y a juste Judith Arndt qui agit de la sorte." On a donc vite compris que cette échappée serait réglée au sprint. "Je n’ai pas encore retrouvé mon snap et avec Tina Mayolo-Pic au sein de notre échappée, je me doutais bien du résultat final", a conclu celle qui est toujours en 4e position au classement général à 16 secondes de Judith Arndt.

L’Allemande conserve donc la première place au classement général 6 secondes devant l’Américaine Tina Mayolo-Pic, qui a facilement remporté l’étape d’aujourd’hui et 12 secondes devant la Russe Svetlana Boubnenkova.

Demain, une étape cruciale : un contre-la-montre individuel de 22 km à Hébertville. À surveiller, le duel entre Judith Arndt et Lyne Bessette.

Les bleuets du jour
• Judith Arndt portait encore sa tuque lorsqu’elle est montée sur le podium. On lui a fait remarquer que c’était une belle journée chaude. Réponse laconique : "Je l’aime ma tuque."

• En entrevue avec Guy Daoust de l’émission Adrénaline, les sympathiques jumelles Polikeviciute (surtout Rasa) en ont surpris plusieurs en répondant en français au reporter de Radio-Canada. On aimerait en dire autant des coureuses canadiennes.

• "J’étais très nerveuse, a expliqué Tina Mayolo-Pic lorsqu’on lui a souligné que sa victoire avait été relativement facile. Je n’étais vraiment pas sûr de moi dans cette petite échappée à saveur internationale."

• Dans l’étape d’hier, on nous a annoncé que la jeune Audrey Lemieux avait terminé 2e à un sprint intermédiaire. On a trouvé qu’elle avait beaucoup de cran jusqu’à ce qu’elle nous confirme que ce n’était pas le cas. Pourtant, les officiels lui ont accordé 2 secondes de bonification. Imaginez-vous que l’entraîneur de l’équipe canadienne, Svetlana Mintianskaia les avait convaincus du contraire. Même la grande Audrey l’a presque cru. Pas fort !


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