11 octobre 2003

Une dure journée pour l'équipe canadienne

Pierre Hamel

Kevin Lacombe à l’hôpital, Geneviève Jeanson jugée inapte à courir et Lyne Bessette qui connaît une mauvaise journée. Ça va mal à la « shop ».

Hamilton. Ce matin, avant même le départ de la course chez les hommes junior, le sujet principal de conversation dans le « box » de l’équipe canadienne était l’équipe féminine. Depuis quelques jours, se tramait une histoire reliée à l’encadrement de l’équipe féminine lors de cette fameuse course sur route. En bref, les filles, après s’être consultées, en sont venues à la conclusion qu’elles voulaient courir sous les ordres de Éric Van den Eynde et non de Yuri Kashirin.. Sous les ordres est un bien grand mot puisqu’il n’y avait même pas de caravane et que le seul lien qui aurait lié l’entraîneur aux coureuses était un micro à des oreillettes. Les dirigeants de l’Association cycliste canadienne ont refusé leur demande et ils ont décidé de laisser les filles travailler à leur aise, avec les oreillettes mais sans l’entraîneur derrière le micro. « Ça m’a un peu bouleversé », dira après la course Lyne Bessette.

À deux tours de la fin de la course chez les juniors, en fin d’avant-midi, une autre bombe éclate dans le camp canadien. Geneviève Jeanson, suite à un contrôle sanguin inopiné, est déclarée inapte à prendre le départ de la course. C’est la consternation. Les rumeurs les plus folles se répandent à un train d’enfer.

C’est dans ce contexte qu’est donné le coup d'envoi de la course élite chez les femmes. « Au départ, j’avais envie de pleurer, explique Lyne Bessette. Un mélange de joie et d’émotions fortes suite à ce qu’on venait de vivre. »

La vraie course ne démarre véritablement qu’au 7e tour (la course en compte 10 – 124km). Les quelques timides attaques du début de course ont fait un peu le ménage. Du côté des Canadiennes, Amy Moore a été décrochée à la fin du 5e tour et Erinne Willock a tenté de suivre le rythme pendant quelques tours encore.

Les accélérations successives de l’Espagnole Joane Somarriba dans la côte Fairmount font mal. La Française Jeannie Longo-Ciprelli en remet au début du 8e tour. On retrouve une trentaine de filles à l’avant de la course. Sue Palmer-Komar et Lyne Bessette font partie de ce groupe. À la fin de ce tour, dans la longue descente qui mène à l’arrivée, la Britannique Nicole Cooke file à l’anglaise… La Biélorusse Sharametsyeva la rejoint mais Lyne Bessette ramène le peloton sur le duo. Bizarre… « Dès la première montée, j’ai su que ce ne serait pas une journée super, explique Bessette. J’ai donc dit à Sue (Palmer) que si elle avait besoin de moi, j’essaierais de faire de mon mieux pour l’aider. »

À partir de là, on a eu droit à une petite démonstration de la Française Jeannie-Longo Ciprelli. La « vieille » a creusé un léger écart d’une quinzaine de secondes. Couchée sur son vélo, sans un seul regard vers l’arrière de la course, la légende française, pédalait à un rythme soutenu. À un tour et demi de la fin, dans la longue descente, Nicole Cooke a grugé une douzaine de secondes à l’avance de la Française. Mais, dès la première ascension après la ligne d’arrivée, pendant que les filles hésitaient à engager la poursuite , Longo-Ciprelli a repris son avance de 17 secondes. Une dizaines de coureuses sont encore à ses trousses dont Sue-Palmer Komar et d’autres grosses pointures : Cooke, la Hollandaise Mirjan Melchers, l’Allemande Judith Arndt, la Lithuanienne Edita Pucinskaite et la Suédoise Susanne Ljunkskog. Cooke et Melchers font la majeure partie du travail.

À 600 mètres de la ligne d’arrivée, Longo-Ciprelli est rejointe par ce petit groupe. La Suédoise Susanne Ljungskog, Championne en titre, l’emporte facilement au sprint devant la Hollandaise Mirjam Melchers et la Britannique Nicole Cooke. Sue Palmer-Komar (« J’ai manqué un petit peu de jus dans la dernière côte. ») termine 13e à 19 secondes de la Suédoise, Lyne Bessette croise le fil 32 secondes plus tard.

L’analyse
La surprise du jour, c’est la très belle prestation de Sue Palmer-Kolmar. La 13e place de la vétérante (36 ans) était presqu’inespérée. En juin dernier, la résidente de Hamilton, n’avait jamais été capable de suivre le rythme imprimé par Lyne Bessette et Geneviève Jeanson. aux Championnats canadiens. Quant à Lyne Bessette, sa 17e place reflète exactement sa valeur actuellement. Pour nous, une Canadienne classée parmi les dix premières aurait été une très, très bonne performance. Les médailles, on vous l’a déjà dit, on n'a jamais cru à ça.

Mais la course d’aujourd’hui a surtout dégonflé la grosse baloune de l’importance de la course par équipe. La gagnante, la Suédoise Susanne Ljungskog, n’avait qu’une seule coéquipière lors de cette course. Comme l’Ouzbek qui a remporté la course sur route des Espoirs hier. L’équipe la plus forte, celle de l’Allemagne, n’a pas réussi à tirer Judith Arndt (8e) vers la victoire finale.

Au sein de la formation canadienne, les filles, équipées d’oreillettes, ont eu amplement le temps de communiquer entre elles. Ça n’a rien changé au résultat final et ça n’aurait rien changé de toute façon. Parce que bien avant le sacro-saint travail d’équipe, il faut avoir les jambes pour gagner une course. Surtout une course sélective comme celle d’aujourd’hui. Les oreillettes, les micros, les coachs (les trois étaient dans le « box » et ils regardaient la course à la télé), ça n’a rien à voir. Vous savez quoi ? Souvent, toutes les références au travail d’équipe ne sont qu’une façon subtile de masquer des performances très moyennes.

Dernière petite chose, le meilleur coureur Canadien que j’ai vu courir aux Championnats mondiaux de cyclisme s’appelle Steve Bauer. Le même qui a dessiné le parcours ici à Hamilton. Bauer, dans ses bonnes années, n’avait aucune équipe pour l’appuyer. Pourtant, ses résultats étaient probants.

Les filles, arrêtez de nous parler de l’importance du travail d’équipe et de tout le tralala qui entoure ce phénomène. Chu pu capable.

Demain, l'épreuve phare de ces Championnats du monde de cyclisme, la course su route chez les professionnels.

Les citations du jour
"Mon objectif était le Tour de France. J'ai eu de petits problèmes et j'ai terminé 7e. À partir de là, j'ai mis le focus sur les Championnats du monde." Susanne Ljungskog

" Jeannie Longo Ciprelli fait partie de la nouvelle génération des cyclistes françaises " Un journaliste italien qui veut rester anonyme

" Vous êtes le président de l'Association Cycliste canadienne, je suis content de vous rencontrer, anyway, you need a pass "
Un contrôleur à Bill Kinash, président de l’ACC

Roue Libre
• L’équipe italienne gardera un mauvais souvenir du pays de Hamilton. Un mauvais garçon a " emprunté " le véhicule qui contenait quatre vélos de l’équipe femme élite. La facture s’élève à 25 000 Euros et en plus c’était la veille de la course.

• À son passage dans le box canadien, la ministre du patrimoine Sheila Copps a voulu féliciter l’entraîneur de l’équipe. Hélas, on ne sait pas ce qui a motivé la fierté de la ministre.


nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d'autre ?

Page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

veloptimum.net