10 octobre 2003

Audrey Lemieux s'est battue

Pierre Hamel

Une course mouvementée pour l’équipe canadienne féminine junior. Émilie Roy a chuté et Audrey Lemieux a multiplié les attaques.

Hamilton. Les filles étaient nerveuses au départ de la course sur route (74,4 km) ce matin. Pour certaines, comme Audrey Lemieux et Émilie Roy, c’était leur dernière apparition au sein du peloton junior. Pour d’autres, comme Anna Tratnyek de la formation canadienne, leur première.

Et comme c’est souvent le cas chez les juniors, la course est partie en trombe. « Dès le départ, ça frottait de partout, a expliqué Émilie Roy. On n’arrêtait pas de s’accrocher. » Dans la longue descente sur Claremont, à plus de 70 km/h, une chute survient à l’avant du peloton. Émilie Roy tombe pour la première fois. Elle réussit à revenir dans le peloton de tête juste avant la ligne d’arrivée. Lemieux et Roy passent en face du « box » de l’équipe canadienne bien placées en tête du peloton. Anna Tratnyek et Emily Sandwith traînent de la patte en queue de peloton. Dans la côte de la rue Queen, la plus dure du parcours, les jeunes filles font le forcing pour être en tête. Un entonnoir se forme. Une autre grosse chute. Une dizaine de coureuses tombent dont la Québécoise Émilie Roy. « Je me suis relevée, mais mon vélo était en piteux état, raconte la jeune fille en pleurant. On a essayé de le réparer et de changer une pédale. » Finalement, on a voulu lui refiler un autre vélo mais il était beaucoup trop petit pour elle. Après tout juste un tour (14e km) la belle aventure de Émilie Roy était terminée. Entourée de son jeune frère et de sa petite sœur, elle était inconsolable.

Pendant ce temps, Audrey Lemieux semble très à l’aise en tête du peloton. On la reconnaît facilement à sa façon de dodeliner la tête. La jeune perle d’Alma sait qu’elle devra faire la course toute seule. Roy n’est plus là et ses deux autres équipières ne sont vraiment pas du calibre de ce peloton international. À un peu moins que la mi-course, dans la montée de Claremont, Lemieux attaque. Un petit trou d’une centaine de mètres. Elle est vite rejointe par une Allemande puis par le peloton. À 19 km de la fin, elle tente le même coup. Même scénario. Puis, elle ramène le peloton sur une petite échappée de deux coureuses et elle contre-attaque. Encore une fois, elle est rejointe après un bel effort.

« J’étais d’attaque », a expliqué après la course celle qui avait terminé 7e l’an dernier aux Championnats mondiaux de Zolder. « Dans l’avant-dernière bosse, j’ai été légèrement distancée et je suis revenue mais je savais que ce serait difficile dans la montée de Claremont. » Les Russes, les Allemandes et les Australiennes ont accéléré le tempo dans cette dernière ascension. Le peloton a été coupé en trois. « La tête était là mais les jambes n’en pouvaient plus », a raconté Lemieux.

Une dizaine de coureuses se disputent le sprint final. La Hollandaise, Loes Markerink, 2e au contre-la-montre individuel plus tôt cette semaine, lance le sprint de loin et l’emporte facilement devant la Russe Irina Tolmacheva et l’Allemande Sabine Fischer. Audrey Lemieux croise le fil d’arrivée en 19e position dans le deuxième petit peloton à 32 secondes de la médaillée d’or.

L’analyse
Audrey Lemieux a suivi à la lettre les consignes de l’entraîneur national.Elle a forcé le jeu en attaquant à quelques reprises. Et elle n’a pas prolongé son effort inutilement. De belles attaques qui ont cependant attiré l’attention sur elle. Vers la fin, toute seule au milieu du peloton de tête, elle a été mise en boîte à quelques reprises par les Australiennes et les Allemandes bien représentées au sein des dernières survivantes. Bien sûr, elle a manqué de jus dans le dernier tour mais on ne peut pas lui reprocher grand’chose dans sa façon de courir. D’autant plus que faire le sprint final, était vraiment la dernière solution. Audrey Lemieux a une qualité qu’on ne retrouve pas souvent chez nos cyclistes. C’est une battante. Nous, on aime beaucoup.

Dernière petite chose qui en explique bien d’autres. Il y a quelques semaines, on a réuni les jeunes coureuses junior pour un camp d’entraînement de trois jours à Bromont. Tellement bien organisé le camp qu’elles se sont retrouvées presque toutes seules sans savoir où donner de la tête. Ça se peut pas vous dites ? Ben oui ça se peut…

Les citations du jour
« À chaque attaque, tu dois avoir une raison. » Éric Van den Eynde

« J’ai perdu une coéquipière (Émilie Roy) et j’ai pensé à elle durant toute la course. » Audrey Lemieux

« Notre tactique était de lancer plusieurs attaques. On voulait qu’il y ait des cassures dans le peloton. Dès le début, on a suivi notre plan. » L’Allemande Sabine Fischer, médaillée de bronze

« I have to go, it’s pipi test. » Audrey Lemieux

Roue Libre
• Ça se passe à notre hôtel. Un collègue demande gentiment (en anglais bien sûr) à quelqu'un de la réception s'il connaît un endroit pour prendre un bon déjeûner (je vous rappelle le coût de notre chambre : 235 $). Le jeune homme se retourne et fouille dans le bottin téléphonique!!! Il jette un coup d'oeil à la rubrique Bed & Breakfast... "Non Monsieur, j'en connais pas!"

• Dès notre arrivée à ces Championants, on a reçu le programme officiel et le non moins officiel guide des médias. Bilingue évidemment. Ce qui donne des horreurs comme, par exemple, "contactes principales de média" ou mieux le titre d'un article sur Steve Bauer (The Fenwick Flyer) qu'on a traduit par "Le dépliant Fenwick". Fenwick étant le lieu de naissance de l'Ontarien.


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