27 septembre 2000

Jan Ulrich, seigneur de la route

Pierre Hamel

L'Allemand Jan Ullrich a causé une certaine surprise en décrochant la médaille d'or lors de la course sur route disputée aux Jeux de Sydney. L'Ontarien Gord Fraser a terminé 18e au sein du peloton principal. Le Québécois Czeslaw Lukascewicz et Brian Walton n'ont pas terminé la course. Comme la course des femmes la veille, les choses sérieuses ont commencé à la mi-course. Pas pour le Polonais-Québécois, Czeslaw Lukascewicz, cependant. Malgré une allure plutôt moyenne maintenue par le peloton, Luka a abandonné à ce moment-là. «Je n'avais pas de jambes aujourd'hui.» Deux tours plus tard — la course en comptait 14 — Brian Walton, victime d'une chute dans la descente au deuxième tour, quittait la course et le monde de la compétition. «Je me suis blessé au dos en chutant lourdement. Je me faisais lâcher sur le plat... Disons que j'aurais aimé mieux quitter la compétition active sur une plus belle note», a expliqué l'un des meilleurs cyclistes canadiens de la dernière décennie.

Ce sont les Français, notamment Laurent Brochard et Laurent Jalabert, qui ont été les premiers à secouer le peloton. On a alors assisté pendant quatre tours (presque 70 kilomètres) à un chassé-croisé d'attaques et de contre-attaques qui n'ont jamais dépassé le cap de la minute d'avance. À deux tours de la fin, une sélection naturelle s'est opérée. Une vingtaine de coureurs foncent, la tête baissée. Les Allemands Ullrich et Kloeden, les Italiens Bettini et Bartoli, les Français Jalabert et Brochard, le Belge Merckx, le Suisse Dufaux font partie du groupe. Pas Lance Armstrong mais son coéquipier George Hincapie. À 25 kilomètres de la fin, dans la montée, Ullrich passe en grande vitesse. «Notre groupe était trop gros et on ne s'entendait pas bien,» a expliqué l'Allemand. Son compatriote Andreas Kloden le suit de même que le Kazak Alexandre Vinokourov. Le trio travaille en parfaite harmonie (les trois font partie de la même équipe de marque durant la saison) et s'échappe de ce petit peloton. À un tour de la fin (17 km), les futurs médaillés possèdent 50 secondes d'avance sur les Italiens Paolo Bettini et Michele Bartoli qui chassent comme des déchainés. Suit un groupe mené par Hincapie et Jalabert puis un autre petit groupe d'une dizaine de coureurs (Armstrong et Zuelle entre autres) pointe à plus d'une minute et demie.

La course aux médailles n'est pas encore jouée mais on sent que l'Allemand Ullrich en a sous la pédale. Pendant qu'à l'arrière, Armstrong tarde à organiser la chasse, le trio de tête augmente rapidement son avance à plus d'une minute. Presque un contre-la-montre par équipe. À un peu plus de deux kilomètres de la fin, Ullrich met le turbo. Lorsqu'il se retourne, un peu plus loin, il comprend que la victoire finale est sienne. Vinokourov remporte l'argent devant l'autre Allemand Kloeden.

Gord Fraser réussit à se classer 3e au sprint du peloton principal. Ce qui lui confère la 16e place. «Compte-tenu des circonstances, je suis satisfait de ma performance. À la mi-course je n'aurais pas misé fort — pas plus de 5% — sur mes chances de la terminer. J'ai souvent des crampes et lorsqu'on est parti ce matin, il faisait froid et je me suis bien habillé. Quand il a commencé à faire très chaud, je filais pas bien. C'est vraiment pas une bonne idée pour un coureur comme moi sensible aux crampes. Heureusement, je me suis bien alimenté.»

Et Fraser était bien fier d'être dans la roue de l'Allemand Zabel à la fin. «Si j'avais eu de bonnes jambes, j'aurais été dans le groupe de Arsmtrong devant», a raconté Flash Gordon. «Même mon coéquipier avec Mercury, Henk Vogels, a été surpris de me voir encore devant lors de la dernière montée.» Eric Wohlberg a aussi terminé la course et il a eu droit aux éloges de Fraser. «Eric a fait un travail formidable dans les deux derniers kilomètres. Il m'a amené à la ligne de 500 mètres pour que je puisse disputer le sprint du peloton,» a souligné le sprinter canadien.

Quant à Jan Ullrich, non seulement a t-il été dominant en course mais il a aussi été de commerce agréable lors de la conférence de presse. Même lorsqu'on lui a parlé de ses légendaires problèmes de poids. «C'est vraiment pas le temps de parler de ça aujourd'hui» a-t-il conclu un peu agacé.


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