24 septembre 2000

La p'tite bombe française l'emporte

Pierre Hamel

Fairfield City Farm Le Français Miguel Martinez a complété tout un tour du chapeau en ce début de millénaire. Champion du monde au cross-country en Espagne, en juin dernier, gagnant de la Coupe du monde cette année, voilà que la p'tite bombe française accroche à son tableau de chasse la médaille d'or à Sydney. Il a devancé au fil le Belge Filip Meirhaeghe par plus d'une minute et le Suisse Christoph Sauser par plus de deux.

Courue dans les mêmes conditions que celle des femmes la veille, la course a aussi connu un départ très, très rapide. Avant que le coq n'ait chanté trois fois, Thomas Frischknecht, la tête dans le guidon, le couteau (suisse) entre les dents, a dégainé aussi vite que Crocodile Dundee. Après un tour, il devançait déjà une dizaine de coureurs par plus d'une minute. Un peu comme l'avait fait sa compatriote Barbara Blatter dans la course chez les femmes. Roland Green, l'espoir canadien et vice-champion du monde, a d'ailleurs été victime du départ-canon du coureur suisse. «On est tous parti en trombe et il y a eu un embouteillage. J'ai perdu quelques places et il y eu deux chutes devant moi. J'ai évité la première assez facilement mais la deuxième m'a retardé», a expliqué Green. En moins d'un tour, l'athlète de la Colombie-Britannique est passé de la 7e place à la 23e.

Jusqu'au 5e tour — la course de 49,5 km en comptait 7 — Frischknecht a confirmé ce qu'on savait tous. Le Suisse, médaille d'argent à Atlanta, est l'un des meilleurs montagniers sur la planète: régulier comme une horloge (ben oui! suisse), excellent dans les parties techniques et très bon grimpeur. «Pour nous, il filait vers la victoire», a expliqué l'un des entraîneurs de l'équipe suisse. Et les salutations à la caméra que le Suisse a fait à quelques reprises renforçaient le sentiment qu'il était dans un grand jour.

Pourtant, entre le 5e et le 6e tour, la course a basculé sans trop qu'on sache pourquoi. Le groupe de poursuivants composé du Belge Meirhaeghe (victime d'une chute au 4e tour mais qui s'est relevé très rapidement), du Suisse Christoph Sauser, du Hollandais Bas Van Dooren et de Miguel Martinez a grapillé lentement mais sûrement l'avance du Suisse. C'est le Belge qui a, le premier, rejoint Thomas F. Il a tout de suite poursuivi sur sa lancée avant d'être rejoint à son tour par Martinez. La jeune sensation française, un tantinet baveux, a raconté après la course que le Suisse ne l'a jamais inquièté. «Son avance ne m'a pas dérangé du tout. J'avais un plan de course et je l'ai suivi à la lettre. Je n'avais pas peur.» Son entraîneur Yvon Vauchez ne l'a pas vu du même oeil. «Je suis monté en pression», a-t-il souligné après la course. Pendant ce temps, les deux Canadiens, Geoff Kabush et Roland Green, remontaient tranquillement vers la tête. À un tour de la fin ils étaient respectivement 10e et 12e à plus de trois minutes de Martinez. Quand le Français a mis le turbo au septième et dernier tour, le visage de Meirhaeghe a viré au blanc comme le chocolat (belge). «Je le connais très bien, a expliqué Martinez à propos du Belge et disons qu'il ne me faisait pas peur.» De mémoire de suiveur, on n'a jamais vu un coureur rentrer si vite au bercail. Martinez ne roulait pas, il volait littéralement au-dessus du sentier. Une magistrale démonstration. Après avoir franchi la ligne, la p'tite souris atomique a soulevé son velo à bout de bras comme le fait régulièrement Maryse Turcotte avec ses kilos de fonte. Yvon Vauchez, son entraîneur, n'a pu s'empêcher de lâcher un «là putain, ça va mieux».

Geoff Kabush, à sa première année parmi les «grands», a terminé 9e à 4m58s de Martinez. Une performance exceptionnelle. «Jamais je n'aurais cru pouvoir réussir un tel classement lors de mes premiers Jeux olympiques. J'ai fait la course de ma vie», a raconté le coureur de 23 ans. Encore secoué — il tremblait en nous parlant — par l'effort violent qu'il avait fourni, Kabush a expliqué qu'il était très concentré sur sa course. «Je n'ai même pas parler à Roland pendant la course même si on en a fait un bout ensemble.» Quant à Green, curieusement, il était plutôt content de sa course (14e à 6m16s de la première place). «Ç'a mal parti mais j'ai remonté tranquillement parmi les quinze premiers. Après mes problèmes de début de course, je n'ai pas paniqué et j'ai décidé de rouler à mon rythme. Je ne voulais surtout pas exploser. Malheureusement, j'en ai arraché dans les deux derniers kilomètres et j'ai perdu beaucoup de temps.»

Une chose est sûre, en Kabush et Green, le Canada compte deux des meilleurs montagniers au monde. Ne reste plus qu'a polir ces talents exceptionnels.


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