19 août 2004
ATHÈNES - « Dans mon coeur, je voulais faire mieux. ».

Trois jours après avoir chuté sur l'asphalte lors de la course sur route, Lyne Bessette a dû se contenter d'une ordinaire 16e place, hier après-midi, au contre-la-montre individuel de 24 kilomètres sur le bord de la côte, au Centre olympique de Vouliagmeni, tout juste au sud d'Athènes.
Bessette a franchi la distance en 33 minutes 24,19 secondes, plus de deux minutes et douze secondes derrière la gagnante de la médaille d'or et championne olympique en titre, Leontien Zijlaard-van Moorsel (31 min 11,53 s), précisément celle qui a provoqué la chute de Bessette lors de la course sur route de dimanche.
D'ailleurs, van Moorsel a versé des larmes après sa victoire. « C'étaient à la fois des larmes de joie et de souffrance, a-t-elle dit. Les dix derniers kilomètres ont été particulièrement pénibles. Mais je ne cessais de me dire que ce serait la dernière fois que j'aurais à souffrir de la sorte. »
La Hollandaise a terminé 24 secondes devant sa plus proche rivale, l'Américaine Deirdre Demet-Barry. La Suisse Karin Thuerig a récolté le bronze (+43,36 s).
L'autre Canadienne en lice, l'Ontarienne Sue Palmer-Komar, a terminé tout juste derrière Bessette, à 2 min 14,48 s de la tête.
« Je me sentais super bien, j'ai fait un chrono à la hauteur de mes capacités, a simplement expliqué Bessette après coup. Ça a été une performance à la hauteur de l'énergie que j'avais.
« J'avais de bonnes jambes, mais c'étaient des jambes de 16e place, a-t-elle ajouté. Je ne pouvais pas aller plus vite. »
Trop de sacrifices pour
rejoindre les spécialistes
Avant l'épreuve, Bessette n'avait pourtant pas écarté toute chance de podium.
« Plusieurs filles qui ont terminé devant moi aujourd'hui sont des spécialistes du contre-la-montre, pas moi, a-t-elle expliqué. J'aime en faire, mais je fais aussi les autres types d'épreuves.
« C'est sûr que si je voulais être plus sure de finir parmi les cinq meilleures, il aurait fallu que je ne coure pas pendant deux mois et que je ne fasse que des contre-la-montre. »
Son résultat d'hier a d'ailleurs alimenté la discussion qu'elle a eue avec son entraîneur, Eric Van Den Eynde, tout juste après l'épreuve.
« Il m'a dit qu'à un certain moment, si je voulais vraiment performer au maximum de mes capacités pour cette épreuve, il faudrait que je sacrifie des choses, a-t-elle dit. Mais moi, j'aime vivre, j'aime voyager, j'aime aller voir mon copain en Espagne (où il compétitionne). Moi aussi, j'aime la vie. J'aime le vélo, mais il y a des choses que je ne suis pas nécessairement prête à sacrifier, comme mon mari, ma famille. »
Elle a aussi rappelé qu'elle est cycliste professionnelle et qu'elle doit satisfaire aux demandes de l'équipe dont elle fait partie (Quark), et donc, faire toutes les courses qu'elle a au programme.
« C'est sûr que je voulais bien représenter mon pays aux Jeux, a-t-elle dit. Je pense que j'ai bien fait mon travail, je ne regrette rien. »
Un regret
En fait, Bessette, qui rentre au Québec dès aujourd'hui, ne regrette qu'une chose : ne jamais avoir pu conclure sa course sur route, qui s'est brusquement arrêtée alors qu'elle se sentait encore dans le coup.
« C'était vraiment la course sur route qui me tenait à coeur, a-t-elle expliqué. Je me disais (dimanche) que j'étais en très bonne condition physique, que je venais de me marier, que tout allait bien. Je suis arrivée là et bang !, c'est quelqu'un d'autre qui a décidé de mon destin. Je n'ai même pas vu la fin de l'histoire. C'est un peu la partie qui m'est restée sur le coeur. »
ATHÈNES - Lyne Bessette ne s'est pas prononcée quand on lui a posé la question évidente : pourrait-on la revoir dans quatre ans, à Pékin ?
François Foisy
« Je ne vous dis ni oui, ni non, a répondu la cycliste de 29 ans. J'y vais une année à la fois. Mais j'ai une vie à côté du vélo.
« C'est loin, quatre ans, a-t-elle continué.
Plein de choses peuvent arriver. Mon (nouveau) mari fait également de la course, sa carrière est importante aussi. Moi, j'approche davantage de la fin de ma carrière, tandis qu'il commence la sienne. Nous sommes à deux points différents de nos vies. »
En tout cas, Bessette parlait hier comme une athlète qui se prépare lentement à passer à autre chose, notamment à suivre son conjoint en Europe.
« Pas maintenant, mais bientôt, a-t-elle précisé. Je songe à avoir une année plus calme, à me mettre moins de pression, moins de stress. Je fais quand même ça depuis 1996 et depuis, j'ai eu des saisons bien remplies. »
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