31 janvier 2005

Les événements sportifs internationaux semblent glisser entre les mains des Québécois. Après les championnats aquatiques de Montréal qui sont sous respiration artificielle, c'est maintenant au Tour de l'Abitibi d'être en danger.

Dès la conclusion du 36e Tour de l'Abitibi l'été dernier, il était de notoriété que Val-d'Or, ville hôte au cours des six dernières années, n'allait pas accueillir l'événement en juillet 2005.
Le directeur général du Tour, Claude Pagé, espérait donc que Rouyn-Noranda prenne le relais pour recevoir la seule épreuve de la Coupe du monde de cyclisme junior à être disputée en Amérique.
Mais selon nos sources, le conseil de ville de Rouyn-Noranda refusera ce soir d'être la ville hôte de l'événement en 2005, mais proposerait d'accueillir l'événement en 2006 à certaines conditions.
« Si Rouyn-Noranda n'accueille pas la 37e présentation, le Tour est mort, a lancé Pagé du fond du coeur lorsque joint en Floride. La capitale régionale doit faire preuve de leadership, elle ne peut pas laisser partir une compétition de cette envergure.»
Pagé est convaincu que si l'événement n'est pas présenté cet été, l'Abitibi peut dire adieu à ce petit joyau sportif.
Suspension d'un an
Le député fédéral de l'Abitibbi-Témiscamingue, Marc Lemay, ne partage pas cet avis.
« Il n'y a pas de cachette, le Tour est en danger, mais on aimerait mieux suspendre l'événement pendant un an, prendre une année de pause pour mieux rebondir en 2006 », a déclaré Lemay, porte-parole du Bloc Québécois en matière de sports.
« Si on manoeuvre bien, on peut faire reporter l'événement. On n'aura qu'à payer les frais inhérents pour ne pas perdre la sanction internationale », a soutenu Lemay.
Ce dernier prétend qu'une suspension a déjà été accordée à une compétition cycliste de la Coupe du monde en Autriche.
« Il y a certes un risque, mais c'est mieux que de faire mourir le Tour », a déclaré l'ex-président de la Fédération internationale de vélo de montagne.
Pagé et Lemay se rejoignent cependant sur un point.
Selon eux, on devrait revenir à l'ancienne formule dite en étoile : soit départ d'une ville X un matin avec arrivée dans une ville Y en après-midi; départ de Y le lendemain pour se rendre à Z, et ainsi de suite pendant toute la semaine.
Cette formule de tournée permettrait aux villes de partager les coûts, car pour accueillir la compétition pendant toute la semaine, il en coûterait environ 150 000 $ (en biens et services) à une administration municipale.
Nous n'avons pu joindre le maire de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Beauchemin, pour nous faire confirmer la décision de son conseil municipal.
Étant donné que les régions du Québec souffrent déjà beaucoup de plusieurs fermetures d'usines, espérons qu'elles réussiront à conserver l'un des rares événements sportifs internationaux qui font souvent leur fierté.
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