16 janvier 2005
Richard Chartier
Après le tunnel du petit pont, la piste grimpe doucement vers une zone dégagée où je suis arrivé en haletant un petit peu.
Dans la montagne, on avait l'impression que c'était le vent à écorner les boeufs qui avait, en quelques minutes, chassé les lourds nuages gris. Il faisait un soleil radieux et dans la poudrerie, un gaillard s'est amené au pas de patin, vif comme l'éclair, en riant.
« Ça, c'est l'hiver ! » m'a-t-il lancé.
Je me suis engagé dans la boucle du sommet avec l'énergie d'un jeune athlète. Pas classique par-ci, coup de patin par-là, il n'y avait plus d'effort, que de l'euphorie. Les conditions étaient magnifiques, la glisse était incroyable et je me suis rendu compte, en gravissant la « côtelette » du sous-bois les skis presque parallèles, sans mouvement de recul, que je n'avais pas encore gratté ni farté mes planches. Le 10 janvier, imaginez ! C'est dire...
Les occasions de skier n'avaient pas été très nombreuses ; j'en avais bien saisies quelques-unes, à la faveur d'un début très hâtif de la belle saison, mais j'avais regretté ensuite de ne pas avoir skié davantage, car les pluies et les gels successifs avaient tout gâté pour la période des Fêtes.
Il n'y a rien comme une paire de skis bien sales pour s'éclater. Des poussières de rénovation s'étaient ajoutées aux retombées usuelles du garage, mais je n'avais pas fait de chichi, ils se nettoieraient bien tout seuls au contact de la neige.
Au soleil ou à l'ombre, en montant ou en descendant, c'était parfait. Bonne adhérence, glisse divine. Jackrabbit avait créé deux cires, aujourd'hui introuvables, une pour la neige sèche, une pour l'humide, à laquelle il incorporait de la cendre ! C'était peut-être ça, le principe du ski sale...
En revenant vers le stationnement, il y avait bien quelques plaques de glace, à cause sans doute de l'exposition au vent, mais pour le reste, le réseau était impeccable.
Mardi, même beau temps frette, autour de - 4 degrés Celsius le matin, alors je n'ai pas perdu de temps. Après avoir déposé le Zoomer à la garderie, j'ai récidivé, approchant la montagne, cette fois de la base.
Les conditions étaient tout aussi paradisiaques que la veille. J'ai grimpé la montagne, fait le tour du sommet et, dans le chemin piétonnier que longe le sentier de ski de fond, j'ai skié au pas de patin. Le chemin était couvert d'une neige tapée et ferme, ce qui rendait possible le skating sur des skis classiques.
Bref, c'était le paradis.
Mais ce beau centre de ski, me direz-vous, quel est-il ?
Le mont Royal, chers amis. Tout simplement. Le réseau - qui n'a pas l'horizontale platitude de trop de sentiers de parcs urbains - n'offre rien de moins que 12,5 km linéaires de sentiers qu'utilisent quotidiennement nombre de bons skieurs qui n'ont pas le temps de sortir de la ville.
Je ne sais pas si ça doit durer, mais le chemin Olmstead, pour le skating, c'est pas mal du tout (sauf peut-être le week-end, priorité aux piétons).
Autre détail : sur le mont Royal, le meilleur centre de ski de fond à 50 km à la ronde, on skie gratuitement. Mais dans le parc, il faut payer son stationnement.
En rentrant, j'ai entendu un type à la radio qui disait avoir hâte qu'il fasse les 9 degrés Celsius qu'on annonçait plus tard dans la semaine.
J'ai changé de station.
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