12 décembre 2004

Bon débarras !
Richard Chartier
Comme disent les tribuns, je vais être bref : bon débarras ! Mais sommes-nous vraiment débarrassés ? Il faut craindre que non et les braves gens qui aiment dormir la nuit, les skieurs de fond et les ceusses qui aiment respirer le bon air froid de la campagne et qui chérissent la tranquillité, en fait tous ceux qui n'ont pas besoin d'un moteur pour se récréer, risquent d'être fort déçus. Les motoneigistes et leurs associations pourraient ne pas se laisser faire et interjeter appel; ils forment un puissant lobby, proportionnellement aussi puissant et efficace qui celui des armes à feu aux États-Unis.
Comparaison inadéquate, vous dites ? Pas le même genre de monde ? C'est que vous n'avez jamais eu affaire à eux au mauvais moment, au mauvais endroit, c'est-à-dire dans leur royaume : en ski de fond sur une piste de motoneige, parce que vous n'aviez pas le choix que d'y faire 100 mètres, en vous tenant frileusement sur le côté pour chercher l'entrée de votre sentier. Imaginez un instant que vous vous retrouviez à pied sur le bord d'une autoroute, ce qui bien sûr n'est pas la place d'un piéton, et que les automobilistes se mettent à vous intimider en accélérant, en vous frôlant, en vous faisant des doigts d'honneur. Dans l'esprit du motoneigiste, la piste lui appartient, même si elle passe dans votre cour arrière, même si, par la pollution sonore, elle met votre chambre à coucher sous emprise.
Ce ne sont pas 600 malheureuses petites familles souffrant d'insomnie qui vont intimider ces motorisés sans frontières. Les réactions des motoneigistes au jugement de la Cour supérieure en témoignent. Soyons prêts pour la bataille !
Pour mes propos, il y en a qui vont exiger des excuses et je m'empresse, de ce souffle, de demander pardon à ces braves machines que sont les motoneiges, elles qui tracent les sentiers de ski de fond, elles qui sortent les skieurs blessés de la forêt, elles qui servent aussi de vrai moyen de transport dans les régions reculées. Ce ne sont pas elles, le problème, mais ceux qui les enfourchent. On peut s'étonner que, depuis le temps, ces machines ne soient pas plus silencieuses et moins malodorantes. Certains motoneigistes, remarquez, sont des gens civilisés. Mais il suffit d'un con, d'un laker par-ci par-là, pour tout gâcher (un laker, c'est quelqu'un qui aime pousser sa machine full pin sur une surface sans obstacle, comme un lac). Malgré tout, la rencontre avec des motoneigistes respectueux reste, pour certains skieurs de fond et raquetteurs, une expérience gênante : bris de tranquillité, odeur d'échappement.
C'est un argument fallacieux d'affirmer que les propriétaires des maisons limitrophes du Parc linéaire ont tort d'y être. La construction des propriétés est, pour la majeure partie, antérieure à l'arrivée des motoneiges. Et il faut être drôlement retors pour comparer les pollutions motoneigiste et ferroviaire. Elles ne sont ni du même ordre ni de la même ampleur.
Deux mondes irréconciliables s'affrontent.
La carte
Avez-vous votre carte d'abonnement de ski de fond ?
Laquelle ? Voilà la question. Personnellement, je n'aime pas avoir à débourser un montant substantiel pour ne plus avoir le choix.
Si vous achetez le laissez-passer de la SEPAQ (adulte 190 $, famille 360 $, 1-800-665-6527, www.sepaq.com), ça vous donne le droit de skier dans les sentiers des parcs nationaux du Québec. Bon.
Mais si vous voulez aller glisser dans les Laurentides, vous pourriez acheter aussi le passeport du Regroupement de ski de fond des Laurentides (150 $, 450-712-5478, www.skidefondlaurentides.com ) ; peut-être êtes-vous déjà en retard puisqu'on n'en a imprimé que 100 (dommage que le RSFL n'ait pas regardé du côté de Montréal, paraît-il que plusieurs imprimeries sont bien approvisionnées en papier...)
Par contre, si vous aimez skier dans les parcs-nature de Montréal, l'accès aux sentiers est gratuit, mais il faut payer son stationnement, 5 $ chaque fois, ou bien vous achetez la carte annuelle (40 $ les insulaires, 60 $ les autres, taxes incluses).
Ici, j'aimerais adresser un coup de pied à la grosse caisse : après une marche automnale au Bois-de-l'Île-Bizard, j'ai dû imposer à ma petite famille un pique-nique dehors, au frette, parce que le chalet d'accueil était fermé (du ler novembre au 17 décembre). On avait pourtant payé le stationnement, obligatoire.
À prévoir
Le 20 février : le familial néanmoins très sportif Loppet Viking de Morin-Heights propose quatre distances de ski de fond style classique : 10, 20 et 38 kilomètres.
À savoir
Avec ses 45 km de sentiers de ski nordique (hors-piste), ses 70 km de sentiers de raquette, ses refuges, ses abris, ses quatre sommets (dont la montagne du Diable, haute de 783 mètres avec un dénivelé de 550 mètres), la forêt récréotouristique est un des fleurons de Ferme-Neuve, une dynamique localité nichée au nord de Mont-Laurier. Le territoire de 10 000 hectares n'est pas un parc ni une réserve, ce sont les gens du milieu qui le protègent, le rendent accessible et le développent. Les Amis de la Montagne du Diable : 819-587-3882.
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