20 janvier 2006


« Le fardeau de la preuve est maintenant dans son camp », mentionne Louis Barbeau.
photo : archives La Voix de l'Est

« Il y a des gens qui pensent
que tous les cyclistes sont dopés »

Fernand Bélanger

L'annonce de la suspension à vie imposée à la cycliste Geneviève Jeanson a suscité différentes réactions dans le monde du vélo.

Le plus volubile a été Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise de sports cyclistes.

« Cela semble vouloir confirmer les allégations qui circulaient concernant Geneviève Jeanson. Le fardeau de la preuve est maintenant dans son camp », estime-t-il.

Louis Barbeau souligne toutefois que la situation de Geneviève Jeanson est un cas d'exception.

« Il y a plein d'athlètes qui sont testés plusieurs fois par année, dont Marie-Hélène Prémont, Charles Dionne et Lyne Bessette. Il n'y a jamais eu de problèmes dans le passé avec ces cyclistes », poursuit le dg de la Fédération québécoise.

Dans un autre ordre d'idées, il estime que l'absence possible de Geneviève Jeanson donnera une nouvelle dynamique à l'étape de la Coupe du Monde au Mont Royal et sera une opportunité de mettre en évidence de nouvelles cyclistes québécoises, les plus connues étant Lyne Bessette et Geneviève Jeanson.

« Le rythme de la course risque de changer, parce que les autres coureuses savaient que Geneviève Jeanson était une bonne grimpeuse et roulaient en conséquence. Ce sera aussi une bonne occasion pour les gens de voir à l'oeuvre Audrey Lemieux, athlète par excellence au dernier gala Sports Québec. Il y a également Joëlle Numainville et Karol-Ann Canuel qui sont de jeunes cyclistes qui progressent bien », poursuit Louis Barbeau.

Le message qu'il faut retenir, c'est que la très grande majorité des athlètes en cyclisme au Québec n'ont pas besoin d'avoir recours aux produits dopants. Le seul autre à avoir écopé d'une suspension a été Eric Lyman en 1999, qui a été exclut de la compétition pendant deux ans », rappele Louis Barbeau.

Impact négatif
De son côté, Audrey Lemieux note l'impact négatif de cette situation sur les athlètes évoluant dans cette discipline.

« Je regarde les commentaires des personnes sur Cyberpresse et il y a des gens qui pensent que tous les cyclistes sont dopés. C'est quelque chose de très déplaisant pour notre sport », souligne la jeune cycliste.

Elle avoue ne pas savoir à quoi s'en tenir en ce qui a trait à la suspension décernée à Geneviève Jeanson.

« Je vois qu'elle nie et on ne le sait pas vraiment. Chose certaine, ça être dur pour elle, parce qu'elle se donnait à 100% dans le vélo», poursuit Audrey Lemieux.

La porte-couleur de l'équipe Colavita jette la lumière sur la procédure entourant les tests.

« Je rempli un rapport à tous les mois pour faire savoir où je vais être disponible pour un test inopiné. À n'importe quel moment, on peut se présenter à ma porte pour un test », précise Audrey Lemieux.

Attitude d'attentisme à l'Association canadienne
De son côté, Kris Westwood, responsable du comité haute performance à l'association canadienne de cyclisme, a refusé de faire des commentaires avant d'obtenir tous les documents requis.

« Pour l'instant, la seule information est celle contenue dans l'article du journal La Presse. Nous attendons d'avoir des documents de l'USDA (Agence américaine d'antidopage) et de l'Union cycliste internationale, d'autant plus que Geneviève Jeanson avait été sélectionnée pour les championnats du monde (en septembre 2005), mais avait refusé sa sélection » a-t-il précisé.


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