3 juillet 2009

Virages à droite dangereux

Le nombre d'accidents survenus aux intersections où le virage à droite au feu rouge est permis a bondi de 46 % en cinq ans. Au cours de la même période, les accidents avec blessés y ont connu une progression de 61 %, ce qui inquiète grandement le ministère des Transports.

Sébastien Ménard

Des données obtenues par Le Journal de Montréal révèlent que le nombre d'accidents où les virages à droite au feu rouge sont autorisés est passé de 270, en 2003-2004, à 393, en 2007-2008.

Le nombre d'accidents avec blessés est quant à lui passé de 59, durant la première année d'implantation de ce type de virage, à 95, l'an dernier.

En tout, pas moins de 1620 accrochages ont été répertoriés, depuis cinq ans, à des carrefours routiers où les virages à droite au feu rouge sont permis.

Ces données sont «très inquiétantes», estime l'expert en sécurité routière Robert Poëti.

«Il y a plusieurs automobilistes qui ne font pas l'arrêt obligatoire aux intersections où le virage à droite est permis», constate-t-il.

Selon M. Poëti, ces nouvelles statistiques « donnent raison à la Ville de Montréal » qui interdit toujours cette manoeuvre sur son territoire et qui n'a pas l'intention de changer la règle de sitôt.

Le porte-parole du ministère des Transports, Terry McKinnon, croit que l'augmentation des accidents « peut être liée au comportement des usagers de la route. »

Il estime que le phénomène est aussi attribuable à l'augmentation du nombre de carrefours où de tels virages sont permis.

Ce sont les villes qui déterminent s'il est permis ou non d'effectuer un virage à droite au feu rouge à une intersection donnée, rappelle-t-il.

« En 2003, c'était assez limité, dit M. McKinnon. Mais, au fur et à mesure, il y a des municipalités qui ont ajouté des carrefours où c'est autorisé ou qui ont étendu les heures durant lesquelles les virages sont permis. »

Campagne de sensibilisation
Préoccupée par ces données, la ministre des Transports, Julie Boulet, a demandé aux fonctionnaires de son ministère « de reprendre les discussions avec la SAAQ et les corps policiers » afin de « refaire de la sensibilisation ».

« La sécurité routière, c'est une des priorités du gouvernement », plaide l'attachée de presse de la ministre, Jolyane Pronovost.

Le porte-parole du Ministère, Terry Mc- Kinnon, confirme qu'une «campagne de sensibilisation» est en préparation.

« Je ne peux vous dire si ce sera à l'automne ou au printemps prochain, mais ce qu'on vise, c'est de rappeler aux usagers les règles de base, comme celle qui consiste à faire un arrêt obligatoire avant de faire le virage à droite », explique-t-il.


3 juillet 2009

Virage à droite aux feux rouges

Le CAA toujours en faveur

Malgré la hausse du nombre d'accidents, le CAA-Québec demeure en faveur du virage à droite sur feu rouge.

« Notre position n'a pas nécessairement changé. Nous sommes en faveur, mais toujours sous certaines conditions. C'est bon pour la fluidité du trafic et c'est meilleur pour la circulation mais il faut protéger tout le monde », afffirme Philippe Saint-Pierre, porte-parole du CAA-Québec.

Selon l'organisme, la hausse du nombre d'accidents observés par le ministère des Transports n'est pas nécessairement reliée à la possibilité d'effectuer un virage à droite au feu rouge. « Est-ce un accident relié à une intersection particulièrement ? Est-ce que l'accident serait survenu de toute façon ? Il faut interpréter les résultats. »

Le CAA-Québec avance également l'hypothèse de l'augmentation du parc automobile pour expliquer les chiffres. La présence policière joue aussi un rôle important. Le non respect de la procédure à suivre pour tourner à droite sur feu rouge peu être en cause dans certains accrochages.

À Québec, on répète que le processus s'est fait de manière très rigoureuse après un lent processus.

À Montréal, le cabinet du maire Gérald Tremblay n'a pas l'intention de revoir l'interdiction en vigueur sur l'île.

Cinq ans plus tard, le CAA-Québec ne s'est pas réuni pour analyser la situation.


3 juillet 2009

Virage à droite aux feux rouges

Il faut en permettre à Montréal

Sébastien Ménard

Malgré la hausse du nombre d’accidents, le CAA-Québec estime qu’il faudrait commencer à permettre les virages à droite au feu rouge sur l’île de Montréal, une idée que rejette l’administration du maire Gérald Tremblay.

« Il pourrait être pertinent de les permettre dans des arrondissements éloignés, comme Pointe-aux-Trembles par exemple, où la circulation routière est comparable à celle qu’on observe en banlieue », estime la porte-parole du CAA-Québec, Roxane Héroux.

À son avis, la hausse du nombre d’accidents observée par le ministère des Transports n’est pas nécessairement reliée à la possibilité d’effectuer un virage à droite au feu rouge.

« C’est peut-être dû à l’augmentation du parc automobile, avance Mme Héroux. Sinon, est-ce parce que la présence policière n’est pas assez évidente ? », demande-t-elle.

Pas sur l’écran radar
Au cabinet du maire de Montréal, Gérald Tremblay, on assure que le virage à droite au feu rouge « n’est pas sur l’écran radar ».

L’attaché de presse du maire, Darren Becker, fait valoir que cette mesure « ne cadre pas » avec la politique de la Ville, qui souhaite « faire cohabiter les piétons, les cyclistes et les automobilistes ».


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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