6 novembre 2007

Le virage à droite est là pour de bon
Un premier Québécois est mort l'an dernier à cause de la décision de Québec de permettre le virage à droite aux intersections des rues. Depuis l'implantation de cette mesure, en avril 2003, pas moins de 316 personnes ont subi des blessures lors de virages à droite sur feu rouge.
Denis Lessard
Compilées pour La Presse, les données du ministère québécois des Transports (MTQ) indiquent que, entre avril 2006 et avril 2007, une personne est morte, conséquence de l'autorisation de tourner à droite sur un feu rouge. Pendant des années à Québec, le MTQ s'était opposé à cette politique à cause des risques que cela comportait pour les piétons, pour les handicapés notamment.
Sur la même période, 96 personnes ont subi des blessures dans ces accidents aux carrefours, et 233 autres accidents avec dommages matériels seulement sont survenus.
Entre avril 2005 et 2006, personne n'est mort, mais 79 personnes ont été blessées, trois de moins que l'année précédente. Depuis 2003, il survient toujours environ 230 accidents avec dommages matériels à la suite de cette décision. En Ontario, en 2003, on estimait que 108 personnes avaient été blessées à cause de cette autorisation de tourner à droite au feu rouge.
Transports Québec a compté 270 accidents, dont 49 avec blessés, lors de virages à droite sur feu rouge de 2003 à 2004, l'année qui a suivi la légalisation de la manoeuvre. C'était une proportion de 0,18% des accidents enregistrés dans la province. Le pourcentage était si bas que le Ministère a cessé de tenir des statistiques de façon systématique.
Avant que Québec n'autorise le virage à droite, un chercheur de Polytechnique, Michel Gou, avait prédit qu'environ 250 personnes seraient blessées, chaque année, à cause du virage à droite. Cette étude de 2002 se basait sur les accidents survenus dans les 26 municipalités qui dans un premier temps avaient pu autoriser le virage à droite.
À Montréal, cette pratique reste interdite, et elle le demeurera, indique-t-on à l'hôtel-de-ville. La Ville a embauché 133 nouveaux policiers pour surveiller la circulation notamment.
Au cabinet de la ministre des Transports, Julie Boulet, le porte-parole Daniel Desharnais souligne que le bilan annuel des accidents impliquant le virage à droite témoigne d'une amélioration.
Sur le total des accidents aux intersections, plus de 63 000, les 300 accidents liés au virage à droite représentent environ 0,5% des accidents.
Sur le total des accidents urbains au Québec, c'est 0,16 accident, «ce qui est avantageusement comparable à ce qui se constate ailleurs en Amérique du Nord», a précisé M. Desharnais.
Rappelons que ce sont les municipalités qui autorisent le virage à droite au feu rouge, en vertu de la loi adoptée à l'Assemblée nationale. Une disposition permet à la Ville de Montréal de s'en retirer.
Recherche : William Leclerc
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