8 septembre 2005

Armstrong, vieux cheval de re-Tour

Frédéric Sugnot

Ne réveillez jamais un vieux cow-boy à la retraite. Il peut très vite ruer dans les brancards et se remettre en selle. À trente-quatre ans, le Texan Lance Armstrong avait décidé en juillet dernier de remiser son vélo au clou, une fois son septième Tour de France remporté, les mains en haut du guidon comme d’habitude. Il avait donc promis de ne plus s’habiller en jaune l’été venu. Eh bien, comme l’aurait dit le Richard Virenque des Guignols : « Il nous aurait menti... » Pas plus tard que mardi, aux États-Unis, le septuple vainqueur de la Grande Boucle a annoncé dans un communiqué rendu public par son agent Mark Higgins qu’il pourrait sortir de sa retraite pour tenter de remporter une huitième Grande Boucle et répondre ainsi aux récentes suspicions de dopage liées à sa première victoire en 1999. Voilà ce que dit le communiqué : « Alors que je profite pleinement de mon temps comme athlète à la retraite avec Sheryl (sa compagne - NDLR) et les enfants, la récente campagne calomnieuse venant de France a réveillé mon instinct de compétiteur. Je ne veux pas donner de pourcentage sur les chances d’un retour, mais je ne veux plus l’exclure. »

Ruminer sa revanche et laver son honneur
Depuis que, dans son édition du 23 août, le quotidien sportif l’Équipe a affirmé - que des traces d’un produit - dopant avaient été trouvées dans des prélèvements d’urine appartenant à Armstrong, datant de 1999 et analysés en 2004 dans le cadre de tests scientifiques, Lance rumine sa revanche. Car il ne lui suffit pas de nier n’avoir jamais pris de substances interdites, ni de mettre en doute la validité des analyses révélées par l’Équipe, Armstrong veut aussi laver son honneur. Reste maintenant à savoir quelle est la part d’intox dans ce retour presque annoncé.

Même à trente-cinq ans bien sonnés l’an prochain, Armstrong a en tout cas toutes les chances de s’imposer une nouvelle fois tant sa marge d’avance face à ses concurrents a toujours été énorme.

Et lui qui, au sortir du dernier Tour de France, ne rêvait que de plages ensoleillées et de bières fraîches prétend maintenant avoir repris le collier comme au bon vieux temps. « Je m’entraîne tous les jours », affirme en effet Armstrong dans l’édition de mardi du journal Austin American Statesman. C’est dans ce quotidien texan que Lance Armstrong a commencé à mettre le feu aux poudres. Questionné sur un possible retour pour mettre fin aux rumeurs de dopage, Armstrong lance ainsi, l’air de rien : « J’y pense. Je pense que c’est le meilleur moyen d’emmerder les Français. »

Car Lance Armstrong semble, d’après ses dernières déclarations, persuadé que la France du vélo et son ministère des Sports ourdissent secrètement un complot contre lui. Sur le plateau de Larry King, l’intervieweur vedette de la chaîne CNN, il avait ainsi affirmé le 26 août dernier : « Mon histoire était trop belle pour être vraie pour les Français. Un jour j’avais un coéquipier français et il m’a dit : "Regarde-moi, Lance : les Français n’aiment pas les vainqueurs"... »

En attendant, son équipe entretient savamment le doute. Son âme damnée et directeur sportif, le Belge Johan Bruyneel, saute même au plafond : « Ce serait super ! Une décision pourrait tomber lors de notre stage en décembre aux États-Unis, qui sera déterminant. » Avant de tempérer : « Mais ne me faites pas dire que Lance a déjà décidé de poursuivre sa carrière. »

En tout cas, toujours d’après Bruyneel, Lance est bien repris par le démon du vélo : « Il a repris l’entraînement quotidien trois semaines après le Tour. Il suit les performances de l’équipe de très près, et c’est clair qu’il a faim de cyclisme. Il y aura toujours une place pour lui dans l’équipe s’il décide de revenir et il est d’ailleurs encore sous contrat jusqu’à la fin de 2006. »

Tests génétiques
Pour le moment, rien n’empêche Lance Armstrong de faire son retour en France en juillet prochain. Les révélations de l’Équipe n’ont aucune valeur légale pour le suspendre. Mais Dick Pound, le patron de l’Agence mondiale antidopage, se gratte quand même la tête pour essayer de coincer Armstrong. Dans la presse allemande, Pound s’est déclaré favorable, lundi, aux tests génétiques pour confirmer si les échantillons mis au jour par l’Équipe appartiennent bien à l’Américain. Si Dick Pound continue comme ça, il va peut-être finir un jour par faire avaler son chapeau de cow-boy au Texan.


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