7 septembre 2005
PARIS (AFP) - En revenant sur le Tour de France 2006 pour "emmerder" les Français, coupables de l'avoir soupçonné de dopage, Lance Armstrong laisserait certes parler le lutteur qui est en lui, mais ne prouverait certainement rien de nouveau, ni à ses supporteurs ni à ses détracteurs.
"La récente campagne calomnieuse venant de France a réveillé mon instinct de compétiteur", a déclaré mardi l'homme qui avait annoncé sa retraite sportive en juillet. Touché, blessé par les accusations lancées contre lui le 23 août par le journal L'Equipe, il n'exclut plus désormais de revenir gagner une huitième Grande Boucle consécutive en 2006, "pour emmerder" les Français.
A chaud, au lendemain des révélations de L'Equipe, l'ex-champion avait déjà réagi vivement : "C'est dégueulasse. Ce n'est pas bon pour moi. Le problème est que vous devez vivre avec quelque chose que l'on pourra vous renvoyer à la figure toute votre vie", avait-il lancé, en soulignant qu'il n'existait aucun autre échantillon pour valider les tests effectués par le laboratoire de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).
Selon une enquête du journal, dont le sérieux a été salué par nombre de responsables du cyclisme, des échantillons d'urine d'Armstrong prélevés en 1999 mais analysés récemment ont démontré une prise d'EPO, à une époque où le test de détection n'existait pas encore.
"Après avoir vu tous les documents de cette affaire, je vois une très haute probabilité qu'il y ait eu une activité de dopage", n'a pas hésité à dire lundi le Canadien Dick Pound, président de l'Agence mondiale antidopage (AMA).
Poursuivi par la suspicion depuis la première de ses sept victoires consécutives sur le Tour de France, en 1999, l'Américain n'a jamais cessé de clamer son innocence. "Je crois en une compétition juste et loyale. Comme je l'ai déjà dit, je ne prends pas et je n'ai jamais pris de produits qui favorisent la performance", a-t-il affirmé à de multiples reprises. Jamais - faut-il le rappeler ? - il n'a été contrôlé positif.
Même ses compatriotes américains, qui dans l'ensemble ont pris sa défense, estiment désormais que le coup de colère d'Armstrong n'apporterait rien à sa gloire. "Si son seul but est d'énerver les Français, il peut y arriver", notait mardi Phil Hersh, éditorialiste du Chicago Tribune, "mais le problème, c'est qu'Armstrong ne peut rien prouver de plus en revenant sur le Tour, qu'il gagne ou qu'il perde".
Même analyse pour le journaliste sportif du Washington Post, Tony Kornheiser, sur la chaîne ESPN Sports : "Si Armstrong revient, il sera contrôlé dix fois par jour. Et même s'il gagne, il ne prouvera rien à ses détracteurs".
Les supporteurs d'Armstrong, de toutes façons, ont déjà souscrit à la vision des choses proposée par leur champion. Les accusations du journal L'Equipe, dit le Texan, sont le fait "d'une presse à scandale" qui agit par jalousie et anti-américanisme.
Quant aux autres, ceux qui ne croient pas au "miracle Armstrong", ils ne seraient pas plus convaincus par une huitième victoire, même si le champion devait être contrôlé chaque jour sans qu'on ne détecte jamais aucun produit interdit.
L'histoire récente du sport, à l'image de l'affaire du laboratoire Balco (2003) ou du feuilleton cycliste Festina (1998), prouve clairement qu'il est facile de passer entre les mailles du filet des contrôles antidopage.
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