
Louis Garneau livre ses impressions sur les aveux de Lance Armstrong
Alain Bergeron
«C’était mon héros; un survivant du cancer, un gagnant de sept Tours de France. J’ai adoré l’histoire jusqu’à ce qu’on se rende compte que c’est un tricheur.»
Ex-cycliste et aujourd’hui équipementier sportif, Louis Garneau a atteint le niveau maximum dans son désenchantement en ce qui concerne Lance Armstrong après que le coureur américain eut avoué avoir fait usage de produits dopants durant sa septuple victoire au Tour de France de 1999 à 2005.
Un tableau offert en 2010
L’homme d’affaires a peint, hier, un deuxième tableau moins flatteur que la murale de 120 X 180 centimètres qu’il avait offerte à Armstrong, en 2010. Par ses qualités de diplômé de l’École des arts visuels de l’Université Laval, Garneau avait réalisé une œuvre montrant deux visages d’Armstrong et qui occupe un mur de la boutique de vélo (Mellow Johnny’s), que l’athlète possède à Austin, au Texas.
«Il avait affiché mon tableau parce qu’il l’aimait bien», a raconté Garneau, pour qui le titre Double face qu’il avait donnée à son œuvre pourrait refléter l’image que projette Armstrong aujourd’hui.
«Par Double face, je voulais dire alors qu’il avait son histoire personnelle et celle connue par le public. Je ne voulais pas le coincer parce que j’avais de l’admiration pour lui. Que voulez-vous, tout ce qu’on connaît de lui est sorti maintenant, affirme Garneau.
«J’ai admiré Lance et je dois dire que mon idole m’a trahi», dit-il au Journal.
Le scénario d’un film
Garneau n’adhère pas à la démarche d’Armstrong, qu’il voit comme un plan savamment orchestré pour retrouver la célébrité. Se soumettre volontairement à des aveux devant Oprah Winfrey était une «première épreuve de séduction». «Déjà, Lance a contrôlé la première étape», a illustré Garneau en guise de métaphore au langage du cyclisme.
Ce passionné québécois pour le vélo défile sa vision pour la suite des événements qui attendent Armstrong : poursuite par le gouvernement fédéral pour parjure et prison comme l’ex-sprinteuse américaine Marion Jones, poursuite par ses commanditaires et éventuellement faillite, pour ensuite «renaître de ses cendres parce que Lance ne meurt jamais», image Garneau, qui le voit déjà se lancer comme «vedette de l’antidopage».
«Il va dire aux jeunes : ne refaites pas mon histoire. Il va prononcer des conférences, il va écrire un livre, il va vendre ses droits pour en faire un film et il va peut-être apparaître lui-même dans le film. Il est en train de créer la plus belle histoire pour un film à Hollywood. Pourquoi était-il détendu hier? Parce qu’il a trouvé comment s’en sortir. Pendant ce temps, Floyd Landis (premier ex-coéquipier d’Armstrong à l’avoir dénoncé) va finir mécano dans un magasin de bicycles ou serveur dans un restaurant», prétend Garneau.

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