Le directeur de course

La cinquième édition du Grand Prix féminin international du Québec a eu lieu du 22 au 26 août 2001 dans la région de Brome-Missisquoi.

Grâce à l'aimable collaboration du Comité organisateur et de sa directrice des relations médias, Sophie Castonguay, VÉLOPTIMUM vous offre accès à quelques textes remis aux médias avant la course.

Dans la série d'articles consacrés aux artisans qui travaillent le plus souvent dans l'ombre, voici

Le Québec ne compte qu’un seul directeur de course !

par Sophie Castonguay
pour le Grand Prix féminin international du Québec

On aperçoit fréquemment sa tête sortie de la décapotable, et pourtant, ce n’est pas pour prendre l’air ni observer les oiseaux – loin de là – mais bien pour faire la circulation des voitures de la caravane de course (pour une description détaillée de la caravane, cliquez ICI).

Lors des longs parcours sur route, un ensemble de véhicules, composés notamment du véhicule du commissaire, du médecin, des médias, des VIP et des véhicules des équipes, suit les coureurs et chacun intervient pour différents besoins : ravitailler les cyclistes en liquide ou en nourriture, réparer un bris mécanique ou causer stratégie. Le directeur de course gère donc le va et viens à l’arrière du peloton et de l’échappée.

L’œil attentif et les prises de décisions rapides, Magella Tremblay, le seul directeur de course au Québec et co-détenteur du titre au Canada, occupe une tâche essentielle au Grand Prix féminin international du Québec.


Magella Tremblay
photo : Dominique Beaudoin ©

Connaître le cyclisme
Magella Tremblay roule dans ce métier depuis plus de 35 ans. Coureur d’expérience avec l’équipe canadienne de 1965 à 1973, il a entres autres participé aux Championnats du monde de 1969 et 1973 (avec Jean Lessard, le président du Grand Prix féminin) et a été substitut aux Jeux olympiques de Mexico en 1968.

En 2001, il a toujours la piqûre, même s’il avoue vouloir prendre un peu de distance. Entraîneur de Gervais Rioux dans les années 80, c’est comme directeur de course qu’il consacre son temps depuis 1988 ou 1989, son excellente mémoire fait défaut quand il s’agit de compter les années d’ancienneté.

Son apprentissage comme directeur s’est fait sur le terrain, mais il possédait toutes les aptitudes nécessaires pour convoiter le poste : avoir une bonne mémoire des noms et des maillots (souvent au-dessus de 120 coureurs à identifier), être capable d’analyser, comprendre et visualiser une course de vélo, être équitable pour tout le monde puisqu’une décision peut facilement favoriser une équipe ou quelques coureuses.

Que de l’agrément !
«Magel», comme se plaisent à l’appeler ses amis du milieu, collabore aux courses internationales tenues au Québec, ce qui représente quatre événements par année : la Coupe du monde féminine, le Grand Prix de Beauce, la course Québec-Montréal (peut-être!) et le Grand Prix féminin international du Québec. Rien pour gagner sa vie. Tout pendant du temps de vacances. Aucun avenir professionnel non plus. «C’est pour me retrouver avec la gang et rencontrer les athlètes que je continue de faire le Grand Prix par exemple. Je préfère passer mon temps dans une course que d’aller faire du camping. À choisir entre les deux, neuf fois sur 10 je choisis le cyclisme!».


Magella Tremblay, tête sortie de la voiture du commissaire,
en pleine action au Grand Prix féminin international du Québec

En quoi le cyclisme féminin est différent pour un directeur de course ?
Le cyclisme féminin est paraît-il, différent de son pendant masculin, affectant ainsi les allers-retours dans la caravane. «Les femmes sont moins lourdes, il y a donc moins de crevaisons et moins de dépannage par les véhicules. Les pelotons sont plus petits et les distances plus courtes, il y a donc moins de trafic pour le ravitaillement aux coureuses. La course est donc moins stratégique (les ravitaillements donnent lieu de causeries tactiques), à part pour les grosses équipes comme Saturn» d’analyser le principal concerné.

Une anecdocte Magella, après toutes ces années de loyaux services ? «Il n’y a pas vraiment d’anecdoctes pendant les courses, plutôt après, lors du souper… ! Mais à mes débuts, les directeurs de course européens ont essayé de m’en passer quelques-unes, pensant que je ne connaissais pas leurs trucs… Mais ils se sont vite aperçus que je connaissais leurs tactiques…».

5 questions posées à Magella Tremblay

Qu’est-ce qui vous fait plaisir ? «Quand un directeur sportif vient me voir, me donne une tape sur l’épaule et me dit : bonne job !».

Qu’est-ce qui vous choque ?
Quand un directeur sportif me prend pour un con, qu’il pense que je ne vois pas clair dans son jeu, quand il essaie de m’en passer des petites vites…»

Comment vous décrivez-vous comme directeur de course ?
«J’ai rencontré quelques directeurs de course déjà et chacun a sa manière de travailler. Certains sont permissifs, d’autres stricts. Moi je laisse la chance au coureur et aux équipes, en étant équitable et neutre, en s’assurant du bon déroulement de la course, sans donner avantage à qui que ce soit».

Y a-t-il une relève ?
«Non. Je suis le seul au Québec et nous sommes deux au Canada. Je ne fais que les courses internationales; les juniors par exemple n’ont pas besoin de directeur de course, le commissaire chef peut faire la circulation derrière aussi… Yannick Cojan (coureur et bénévole au Grand Prix) est par contre un bon prospect».

Qu’est-ce qui vous fait revenir au GP féminin ?
«Le plaisir du sport, rencontrer les athlètes et les anciens coureurs de même que les dirigeants. Les soupers aussi, l’ambiance est agréable, on a du fun».

L’apprentissage d’un directeur de course s’accomplit donc sans livre, ni exposé. Que du vécu. Et ne tentez pas de lui demander où il se voit dans cinq ans, il reste secret à ce sujet : «Une année à la fois. En 2000, je disais arrêter, mais je suis toujours là!».

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Note du webmestre :
le 21 octobre 2001 Magella Tremblay a été honoré à titre de bénévole de l'année 2001, section route et piste, parla Fédération québécoise des sports cyclistes.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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