Se sevrer du téléphone cellulaire au volant s’annonce une tâche ardue pour les automobilistes québécois.
Cédric Bélanger
Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction de tenir un appareil téléphonique en conduisant (le dispositif mains libres est, pour sa part, toléré, mais déconseillé), le 1er avril, bien des conducteurs ont de la difficulté à laisser sonner ou vibrer leur téléphone sans y répondre.
« J’étais à Montréal lors du dernier week-end et je voyais encore beaucoup de gens qui parlaient au téléphone en conduisant », dit le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie de Koninck.
Sans se lancer dans une chasse aux cellulaires, les policiers ont commencé à donner des avertissements aux fautifs pris en flagrant délit. Et à partir du 1er juillet, ces derniers devront payer l’amende.
« Il y aura toujours des irréductibles, dit le sergent Alain Gelly, de la police de Lévis. Certaines gens qu’on intercepte nous répondent : ‘Oui, mais j’ai le droit jusqu’au 1er juillet’. »
Éducation
Selon le chef de police de Québec, Serge Bélisle, tout passe par l’éducation.
« Ça va prendre du temps. Il faut d’abord que les gens se dotent de l’équipement approprié et on nous parle d’une pénurie actuellement. Et il y a une éducation personnelle à faire », dit celui qui croit que, système mains libres ou pas, il faut coûte que coûte éviter les conversations téléphoniques quand on conduit.
« Le règlement, ce n’est pas tout. La nouvelle mesure évite qu’on se retrouve avec une seule main sur le volant. Il arrivait même que des conducteurs échappent leur cellulaire par terre. En tentant de le récupérer, ils perdaient la route de vue. Et même avec le mains libres ou Bluetooth, il faut s’en tenir au strict minimum. Et si on a la chance, de s’arrêter sur le bord de la route pour parler au téléphone. »
Le mode silencieux
Mais est-ce que tous les ténors de la sécurité routière ont eux-mêmes mis de côté le combiné au volant? Jean-Marie de Koninck affirme avoir délaissé le cellulaire il y a un an, lorsque des études de l’Institut de la santé publique ont démontré que cet appareil représentait une distraction. Mais il reconnaît que, dans les premières semaines de «sevrage», la tentation est forte de répondre.
« Il faut se mettre en mode silencieux », dit-il.
Le PDG de la Société de l’assurance-automobile, John Harbour, dit «se permettre» le mains libres, mais affirme s’en servir uniquement pour aviser s’il sera en retard.
Quant à Serge Bélisle, il dispose d’un appareil Bluetooth et d’un mains libres, de sorte qu’il n’a pas eu non plus à se sevrer.
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