Ça y est, c’est fait! Depuis ce matin, la manipulation de votre cellulaire pendant que vous conduisez est désormais illégale.

Comme bien d’autres, j’ai dû sortir l’oreillette de mon Sony Ericsson au cours des dernières heures. Le gouvernement provincial pense que les automobilistes seront plus vigilants, ce qui pourrait se traduire par une réduction des accidents mortels sur les routes. Laissons cette possibilité au conditionnel, puisque cette hypothèse ne se réalisera pas.
Qu’en est-il du MP3, du iPod, du GPS, du lecteur DVD, du trio McDo sur les genoux dans la circulation ? La loi est muette à ce sujet, mais lorsque vous touchez à tout appareil ayant une fonction téléphonique, vous êtes présumé en faire usage, donc coupable immédiatement. Le 1er juillet, après un délai de grâce de trois mois, les policiers pourront enfin vous remettre une jolie contravention de 115 $ agrémentée de trois points d’inaptitude. Le feront-ils ? L’infraction sera peut-être aussi difficile à cibler que le port de la ceinture de sécurité le soir ou la nuit. L’interdiction totale du téléphone au volant relève de l’utopie, exactement comme tenter de criminaliser la cigarette.
Fausse route
Quoi qu’en pensent M. De Koninck et ses disciples, mains libres ou pas, les utilisateurs réguliers ont compris que la conversation téléphonique au volant perturbe la concentration et distrait la conduite. L’équipement utilisé n’a rien à voir et la plupart des conducteurs «Bluetooth» commettront encore de dangereuses manœuvres. Cette nouvelle mesure, qui fait fausse route, porte ombrage aux sanctions plus sévères sur les grands excès de vitesse. À 95 km/h dans une zone de 50 km/h, les fautifs s’exposent, dès aujourd’hui, à une amende de 520 $ et six points en moins. À 180 km/h sur l’autoroute 20, l’infraction sera de 1240 $ et 14 points d’inaptitude d’un seul coup. Pendant que des imbéciles continuent encore de comparaître au palais de justice pour leur huitième balloune, le gouvernement tentera d’attraper ceux qui auront une main sur l’oreille.
Dans une entrevue accordée à la station CHOI, il y a quelques semaines, le ministre fédéral des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a abordé la question du cellulaire et des pneus d’hiver, en disant que les Québécois voulaient « moins de lois, moins de règlementation et plus de libertés individuelles ». Tous les Québécois partagent cet avis, selon ses propos. Tous, sauf Julie Boulet, Jean Charest et les vendeurs de casques d’écoute sans fil.
« Si la personne est responsable, si elle veut parler au cellulaire dans son véhicule, c’est sa responsabilité. (...) Des lois comme ça, ça dit qu’on pense que les gens sont irresponsables, qu’on n’a pas confiance en eux », a affirmé M. Bernier à ce moment. Le Québécois typique attend souvent qu’il soit trop tard avant de protester.
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