6 avril 2008

Se maquiller reste permis

Si le cellulaire au volant est interdit depuis mardi, le fait de manger, de se maquiller ou d'écrire en conduisant ne devraient pas être des activités appelées à disparaître du quotidien des Québécois, du moins pour l'instant.

Alexandre Geoffrion-McInnis

Gino Desrosiers, porte-parole de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), explique la décision de Québec d'interdire le cellulaire au volant par son impact sur la concentration.

« Circuler en changeant un disque ou en mangeant n'empêche pas autant de garder sa concentration sur la route », justifie M. Desrosiers.

Si Québec n'a pas l'intention de légiférer, la SAAQ procédera à des opérations de sensibilisation aux dangers des activités en conduisant au cours des prochains mois.

« Interdire le cellulaire en conduisant, c'est une bonne affaire, mais interdire de manger serait une atteinte aux droits de la personne », s'indigne Paulin Morin, chauffeur de taxi depuis 24 ans.

Une position qui est partagée par de nombreux automobilistes interrogés par le Journal, hier.

« Déjà que ça gêne mon travail d'avoir à utiliser un Bluetooth, je ne crois pas qu'on devrait interdire d'autres activités au volant », estime le remorqueur Carmine Laroso.

De son côté, CAA-Québec estime que le gouvernement n'a pas été assez agressif avec la loi 42.

«Nous avons fait une étude l'automne dernier qui révèle que boire, manger, changer un disque ou prendre un appel en conduisant sont des activités qui ont un réel impact sur la conduite automobile », résume Philippe St-Pierre, conseiller en communication pour CAA-Québec.

« Pas sortis du bois »
La complexité de la nouvelle réglementation inquiète aussi les policiers qui doivent l'appliquer depuis le 1er avril.

« On n'est pas sortis du bois avec cette loi-là. J'ai beaucoup de respect pour les policiers qui sont sur le terrain, parce qu'ils devront faire preuve d'un très bon jugement », reconnaît Jean-Guy Dagenais, le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec.

M. Dagenais se fait tout de même rassurant et croit que l'expérience sera similaire à l'entrée en vigueur de la loi sur la ceinture de sécurité, qui s'est faite progressivement entre 1976 et 1990 au Québec.

Quelques précision sur la nouvelle loi

• Un seul écouteur est permis lors de la conduite automobile pour les dispositifs main-libre.

• Pour pouvoir l'utiliser sur la route, le cellulaire doit être fixé sans nuire aux fonctions technologiques du véhicule (ex: le volant).

• Il est permis de voir et de consulter des informations sur l'écran du cellulaire en conduisant, mais seulement s'il est fixé. • La fonction GPS offerte sur certains modèles de cellulaires est permise, tant que le cellulaire est fixé au tableau de bord.

• Pour contacter une personne en conduisant, il est possible d'utiliser la fonction de numérotation vocale ou encore de composer manuellement le numéro, à la condition que le cellulaire soit fixé au tableau de bord.

• Les radioémetteurs (CB), notamment utilisés par les chauffeurs de taxi et les camionneurs, continuent de pouvoir être tenus dans la main.

• Un cellulaire possédant une fonction walkie-talkie doit être fixé au tableau de bord, sauf si la fonction walkie-talkie est la seule activée.

• Il est permis de s'arrêter dans l'accotement d'une voie pour répondre au cellulaire seulement dans les zones où la vitesse permise est égale ou inférieure à 70 km/h.

• La rédaction et la lecture de messages textes seront interdits lors de l'entrée en vigueur, le 15 avril, de la nouvelle loi autorisant les GPS à bord des véhicules. D'ici là, ils sont autorisés à condition que le cellulaire soit fixé au tableau de bord.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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