27 novembre 2008
Après les délateurs, voici maintenant les cyberdélateurs. La police de Laval lance aujourd'hui une campagne de prévention plutôt inusitée qui incite les citoyens à dénoncer les utilisateurs du téléphone cellulaire au volant en leur envoyant une contravention virtuelle.

La contravention, qui ressemble en tout point à un véritable constat, arrivera sur l'adresse courriel du conducteur délinquant et sera en fait un avertissement.
Sur ce billet virtuel, la police rappelle que conduire en parlant au téléphone cellulaire comporte des risques et qu'un contrevenant s'expose à une amende de 115$ et à 3 points d'inaptitude.
Fait à noter, la police s'adresse au simple citoyen et l'invite à indiquer le nom et l'adresse électronique d'un éventuel contrevenant en remplissant simplement quelques cases sur le site Internet de la Ville de Laval pour que le message de prévention lui soit envoyé.
Aucune trace
« On a regardé le terme délateur, mais on préfère utiliser cybercollaborateur », explique Daniel Guérin, de la police de Laval.
« Ce n'est pas un constat, c'est une campagne de sensibilisation. Notre objectif ultime, c'est de diminuer le nombre d'accidents», ajoute le lieutenant.
Daniel Guérin assure que les renseignements obtenus pour envoyer la contravention-avertissement ne seront pas conservés et ne pourront être utilisés en cas de véritable infraction au Code de la sécurité routière.
« Par contre, nous avons un policier spécialiste en informatique qui pourrait retracer l'information si un individu se servait de notre campagne pour harceler une personne », dit le lieutenant Guérin.
Le policier souligne que des opérations de répression contre le cellulaire au volant suivront cette campagne de prévention.
Des campagnes similaires pourraient voir le jour pour sensibiliser les automobilistes à mettre des pneus d'hiver et à porter leur ceinture de sécurité.
Constats d'infraction remis depuis l'entrée en vigueur de la loi le 1er juillet 2008:
SQ : 2521 au 10 novembre
Laval : 535 au 26 novembre
Longueuil : 995 au 30 septembre
2 décembre 2008
Ariane Krol
« Arrêtez-le, m’sieur, il conduit avec un cellulaire… » On se croirait dans une cour d’école : vous dénoncez un délinquant et la police lui remet une fausse contravention. Pas très édifiant.
Il suffit d’entrer un nom et une adresse courriel ici pour que la personne reçoive une «contravention virtuelle» de la police de Laval. Rien à payer, mais un avertissement : conduire avec un cellulaire à la main pourrait vous valoir 115$ d’amende. Aucune donnée ne sera conservée ou utilisée lors de procédures judiciaires, assure le Service de la protection des citoyens de Laval. N’empêche : aimeriez-vous qu’on vous dénonce ainsi à la police? Le feriez-vous vous-même ? Tant qu’à y être, pourquoi ne pas multiplier les motifs de contravention ?
Ce petit jeu est doublement malsain. Non seulement le système interpelle aveuglément, sans demander de preuve, mais la dénonciation ne peut venir que d’un proche, ou d’une personne qui vous connaît assez pour avoir votre adresse courriel. Franchement, si vous désapprouvez le fait que votre sœur, votre chum ou votre patron utilise son téléphone au volant, pourquoi ne pas le lui dire ? De toute façon, le nom du délateur apparaît sur la contravention. Il y en a qui vont avoir l’air fin…
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