8 juin 2007

Le cellulaire au volant, c’est criminel, non ?

Ça s’est passé il y a un an, au Kentucky. Jacqueline Dotson conduisait son camion, où était aussi assise sa fille de 6 ans. Quand elle a réalisé qu’elle était en train de glisser sur la mauvaise voie, Mme Dotson a donné un coup de volant malheureusement trop brusque pour rétablir sa position. Elle a alors perdu le contrôle du véhicule qui a fait plusieurs tonneaux avant de s’immobiliser, à l’envers, à l’extérieur de la route.

Quand les sauveteurs sont arrivés, ils ont constaté qu’une blessure horrible venait d’être infligée à la mère : son bras avait été amputé.

Ils l’ont retrouvé un peu plus loin. Et la main de ce membre coupé tenait encore un cellulaire.

Hier, j’ai pensé à cette histoire quand j’ai lu l’article de mon collègue Denis Lessard nous apprenant que la Table de sécurité routière, qui a reçu comme mandat de faire des recommandations au ministre des Transports pour améliorer ladite sécurité routière, n’avait pas retenu l’idée d’interdire l’utilisation du cellulaire au volant.

J’ai pensé aussi à ce gars qui conduisait un immense VUS, le weekend dernier, sur la 15 près de Saint-Jérôme, et qui pitonnait sur son Blackberry. « Regarde maman, on dirait que c’est le chien qui conduit », m’a dit mon fils en voyant la scène. Il est vrai que le gros berger allemand assis à côté du conducteur regardait en avant, lui, et avait l’air drôlement plus concentré sur la route.

Les recherches montrent que l’utilisation d’un cellulaire au volant augmente de quatre fois le risque d’accident. Cela nous distrait et soyons honnêtes, nous le savons tous.

Alors il faut soit être complètement accro du cellulaire au volant et aveugle au problème ou encore avoir très peur du mécontentement des géants des télécoms pour ne pas voir l’importance d’agir vite contre cette habitude qui s’incruste.

Va-t-il falloir qu’il y ait un accident terrible avec plein de morts, incluant des enfants, pour qu’on se réveille ?

Nous vivons dans un monde où faire deux ou trois choses en même temps est devenu la norme.

Sauf qu’il est évident qu’il y a des limites à la qualité de l’attention que l’on peut porter aux activités que l’on accomplit si on les fait toutes simultanément.

Sauf que si vous parlez au téléphone en même temps que vous préparez de la soupe et que vous mettez trop de sel dedans, c’est seulement tant pis pour vous.

Mais pour convaincre un client de l’acheter votre soupe, prenez une sortie et arrêtez-vous sur le bord de l’autoroute. S’il vous plaît.

Parce que personne n’a envie de retrouver un morceau de bras accroché à un cellulaire atterrir sur la cargaison de soupe en question.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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