6 juillet 2007

Rien que du bon

Je vous écris en direct de ma voiture, que je conduis d'une main agile quoique gauche, tandis que de la droite je tape mon texte sur le BlackBerry.

Vous me direz qu'il serait plus sécuritaire de conduire de la droite et d'écrire de la gauche.

Eh bien ! sachez que ce n'est pas le cas. Vu que je fais plus de fautes de la main gauche, il me faut regarder plus souvent le clavier de cet ordinateur de poche. Ce que je gagne en dextérité avec la main droite sur le volant, je le perds en concentration sur la route. On n'est pas plus avancé. Et moi je dis : sécurité d'abord.

Veuillez m'excuser, le téléphone sonne.

- Oui allô ? Si j'écris pour demain ? La question ! Bien sûr que j'écris pour demain. J'étais même en train d'écrire, juste là. J'écris sur le plan de sécurité dans les transports, qui interdira l'utilisation du cellulaire en conduisant. Je dis que c'est une sacrée idée.

Je n'en suis pas tout à fait là, rassurez-vous, mais la menace est imminente et sérieuse.

Allez, avouez, on n'en est plus qu'au téléphone tenu d'une main : il y en a dans le trafic qui regardent leur message. Ce n'est pas mieux que de lire le journal, me direz-vous. C'est vrai qu'on en voit le matin, un journal écrasé sur le volant. Mais ne comptez pas sur moi pour dénoncer les lecteurs de journaux. On parle de téléphone.

Ce n'est peut-être qu'une des nombreuses distractions possibles dans une voiture, mais celle-là est si répandue, si facilement identifiable et si facilement gérable qu'on peut l'interdire. Qu'au moins le conducteur ait les deux mains libres. Le rapport du groupe de travail rendu public hier nous dit que les «sur-risques» liés au cellulaire sont aussi grands quand celui-ci est utilisé en main libre, ce qui est un peu surprenant à première vue. Les données sont toutefois rares pour le Québec. C'est donc un bon début. Si un appel est urgent, il y a toujours moyen de s'arrêter.

L'autre mesure spectaculaire est celle de l'utilisation des radars photo et des caméras aux intersections. Prudemment, on ne recommande pas leur implantation partout. Mais un «projet pilote» sera mis en place dans des endroits stratégiques.

Voilà qui est habile. On peut en prévoir d'avance le résultat : dans ces endroits, bien annoncés et bien en vue, ces instruments contribueront à faire diminuer la vitesse et comme par magie, le nombre d'accidents diminuera. On fera un lien de cause à effet et on aura bien raison. Puis la porte sera ouverte pour leur implantation générale.

Ah ! non, s'il vous plaît, les excellents conducteurs d'excellents véhicules qui font du 160, ne m'écrivez pas encore que c'est «juste une autre vache à lait pour le gouvernement».

D'abord, si vous voulez fournir des taxes volontairement, allez-y, pesez sur le champignon. Deuxièmement, il suffit de constater l'efficacité de cette mesure en France et ailleurs pour s'y rallier. Allez à Sanair si vous avez un problème d'hormones, ça vous coûtera moins cher.

On ajoutera des amendes salées pour les grands excès de vitesse, ce qui est encore une excellente idée. Les émules de Nitro se feront même retirer leur permis quelques jours - de sept à 30. On ne cible pas les excès «ordinaires», mais les excès exorbitants : 40 km de dépassement et plus.

Quant à l'idée de limiter automatiquement la vitesse des camions lourds à 105km/h, j'applaudis des deux mains, ce qui m'oblige momentanément à tenir mon volant du genou gauche (je vous écris du coude).

On sera plus sévère avec ceux qui conduisent en ayant consommé de l'alcool. Il semble que le message n'ait pas encore été compris par tout le monde. Y en a qui sont durs de la feuille.

Non vraiment, vous m'en voyez désolé, amateurs de vroum-vroumeries, vendeurs de grosses cylindrées et tasseurs de mononcles, distingués chroniqueurs automobiles «forcés» de tester les moteurs sans cesse plus puissants de l'industrie (c'est pas drôle, leur vie), je n'ai rien à dire contre ces modifications.

Je dirai même qu'il était temps. L'an dernier, 717 morts, plus de 3000 blessés très graves, 50 000 accidents au Québec. Faut faire quelque chose, d'autant plus que si on se contentait de faire aussi bien que l'Ontario, il y aurait eu 200 morts de moins au Québec l'an dernier.

Je n'aurai donc qu'un mot, et je m'arrête pour l'écrire : bravo !


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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