10 décembre 2007

Et le cellulaire ?

Des dangers de la conduite avec facultés affaiblies à ceux liés à l'utilisation d'un téléphone cellulaire au volant, il n'y a qu'un pas.

Éric Lefrançois

Le projet de loi 42 entend interdire son usage au profit d'un dispositif mains libres. D'accord, mais est-ce moins dangereux ? Pas si sûr. Une étude réalisée il y a cinq ans (les habitacles de nos voitures sont devenus encore plus distrayants depuis) par le Transport Research Laboratory en Grande-Bretagne concluait que conduire avec un téléphone cellulaire, mais également avec un dispositif mains libres, s'avère plus dangereux que conduire sous l'influence de l'alcool.

Selon cette même étude, le temps de réaction des conducteurs ayant un téléphone cellulaire dans la main était de 30 % plus lent que celui d'un automobiliste ayant 80 mg d'alcool pour 100 millilitres de sang, et de 50 % plus lent par rapport à une conduite normale. Malgré la liberté qu'offre un dispositif mains libres, l'utilisation d'un téléphone cellulaire provoque une distraction mentale dont les effets peuvent se prolonger quelques minutes après la fin de la conversation.

L'étude britannique a également détruit le mythe selon lequel utiliser un téléphone cellulaire ne distrairait pas plus qu'écouter la radio ou parler avec un passager.

Dire que l'utilisation du téléphone est plus dangereuse que l'alcool est-il exagéré ? Je ne sais pas. Mais entre deux maux, la ministre Boulet a choisi le moindre, puisqu'il ne sert à rien de mettre en place des lois qui ne peuvent être appliquées. Soyons réalistes : l'interdiction du mains libres était inapplicable. En effet, comment la police aurait-elle déterminé si le conducteur parle ou s'il chante ?


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