9 décembre 2006

Québec applique les freins

Denis Lessard

Le gouvernement Charest ne voulait pas soulever de controverse autour du radar photo et de l'utilisation du cellulaire à quelques mois des élections. Promise pour 2006, la refonte de la politique de sécurité routière ne verra pas le jour avant l'automne 2007.

Selon ce qu'a appris La Presse, les responsables de comités siégeant à la Table de la sécurité routière ont tout récemment été informés que le rapport du groupe présidé par Jean-Marie de Koninck serait reporté à juin prochain. Plusieurs participants s'attendaient à ce que ce rapport, déjà promis pour l'été puis pour l'automne dernier puisse être quasi finalisé à la prochaine rencontre, mercredi, et terminé à une ultime réunion le 24 janvier.

Sécurité et publicité
En revanche, profitant d'un bilan routier désastreux, le gouvernement Charest saisira l'occasion de se rappeler au bon souvenir des électeurs. La Société d'assurance automobile du Québec n'avait pas fait sa campagne de publicité habituelle en 2006, consciente que la publication de la politique devrait mobiliser tous ses efforts publicitaires par la suite. Même sans politique, la SAAQ va délier les cordons de sa bourse et lancer une importante campagne en début d'année pour faire valoir la vigilance du gouvernement du Québec dans les mois précédant la campagne électorale.

Hier, le ministre des Transports, Michel Després, a dit ne rien savoir du report des travaux de la Table sur la sécurité routière. «En revanche, j'aurai beaucoup de choses à annoncer en début d'année touchant la SAAQ et la sécurité routière» a-t-il souligné.

«Le rapport sera prêt pour le printemps et le printemps se termine le 21 juin», a soutenu hier M. de Koninck, reconnaissant que les travaux progressaient bien plus lentement qu'il ne l'avait d'abord imaginé.

Le controversé radar photo
Des sources à la Table, qui depuis des mois réunit les représentants de 42 groupes préoccupés par la sécurité routière, expliquent que le comité est arrivé à des conclusions finales sur l'essentiel de ses recommandations. Le hic, confie-t-on, c'est que l'on y préconise clairement le recours au radar photo pour freiner les excès de vitesse. Rien n'est imposé, les municipalités restent libres d'opter pour ce dispositif. Mais l'apparition de ces appareils depuis des décennies soulève des controverses chez les automobilistes.

Le lobby du cellulaire
Sur l'autre dossier contentieux, l'affaire était entendue. Pas question d'interdire l'utilisation du cellulaire. Le lobby des camionneurs et des taxis a fait des pieds et des mains pour ne pas que Québec prohibe cet «outil de travail». Mêmes les adversaires du cellulaire ont reconnu qu'on ne pourrait éliminer toutes les sources de distraction pour l'automobiliste à la limite, chercher un disque compact peut tout autant capter son attention.

Hier, réfléchissant tout haut, M. de Koninck a souligné qu'on pourrait restreindre le cellulaire aux conducteurs qui en ont besoin pour leur travail, une frontière passablement difficile à tracer, a-t-il reconnu immédiatement.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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