
Cyclisme sur route
Montréal, 26 août 2008 – Âgé de 34 ans, Dominique Perras annonce sa retraite sportive du peloton cycliste. Dès le début de la saison, le porte-couleurs de la formation québécoise EVA-Devinci savait que l’année 2008 serait sa dernière campagne. Le coureur cycliste pourra désormais passer plus de temps à la maison, ce qui n’était pas le cas depuis les dix dernières années.
« Faire carrière, c’est doublement exigeant pour les cyclistes québécois, car les Européens peuvent rester chez eux d’octobre à mars, tandis que nous, nous devons partir de la maison dès le mois de décembre pour aller nous entraîner, explique le principal intéressé. Avec le recul, le plus beau souvenir que je garde de ma carrière c’est l’espoir que j’avais, alors que j’avais 14-15 ans, d’être un jour professionnel. Je n’ai pas été un grand champion, mais j’ai eu la chance de vivre de mon sport pendant presque dix ans. Je n’ai aucun regret et je trouve qu’il est plus sain de regarder ce qu’on a fait plutôt que ce qu’on n’a pas fait. »
Même s’il n’a pas un grand champion, comme il le souligne avec modestie, n’empêche que Dominique Perras a un intéressant palmarès : il s’est classé 11e au Tour Trans-Canada en 1999, 2e au Sun Tour (Australie) en 2005 en plus de remporter une brillante victoire en solo aux Championnats canadiens 2003 présentés à Hamilton.
« On se souvient de certains bons résultats, mais il y a des moments qui m’ont fait vibrer, que ce soit finir dans le top-20 au Tour de Pologne ou 60e aux Championnats du monde », ajoute celui qui a fait carrière tant en Europe qu’en Amérique du Nord.
C’est à la suite d’une belle prestation à l’étape du mont Royal, au Tour Trans-Canada 1999, que l’athlète de St-Lambert a pu signer un premier contrat professionnel au sein d’une équipe européenne. « J'avais pu basculer au sommet de la montagne dans un groupe sélect qui comptait Jean-Cyril Robin, Levi Leipheimer et Chris Horner. Et le plus beau dans tout ça, c’était que ma famille et mes amis étaient là. »
Un an plus tard, au Tour de Romandie, le Québécois s’échappait en solitaire à la deuxième étape pendant 150 kilomètres. Même s’il a été rattrapé à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée, sa chevauchée lui avait permis de mettre la main sur le maillot de meilleur grimpeur. « C’était spécial d’être sur le même podium que Mario Cipollini, meilleur sprinter et Paolo Savoldelli, alors détenteur du maillot jaune. »
Préparer la relève
« Depuis mes débuts au club cycliste de la Montérégie en 1988, j’ai vu à quel point les athlètes reçoivent beaucoup d’aide tout au long de leur carrière. J’espère maintenant en redonner à mon tour », indique celui qui a participé aux Jeux du Commonwealth de Melbourne (2006) en plus d’être deux fois substitut pour l’équipe olympique canadienne (2000 et 2004).
Perras n’aura pas attendu la fin de sa carrière avant de passer de la parole aux actes. Il a en effet ouvert la voie pour plusieurs jeunes Québécois en les mettant en relation avec les directeurs sportifs de différentes équipes professionnelles américaines. « Les directeurs sportifs ne regardent pas vraiment la scène québécoise, alors il faut un contact pour leur dire qu’il y a de jeunes talents ici. »
Aujourd’hui, les Québécois Martin Gilbert, Keven Lacombe et David Veilleux roulent au sein de l’ancienne équipe de Perras, KBS-Medifast. François Parisien, avait lui aussi été référé par Perras auprès de l’équipe TIAA-Cref (aujourd’hui Garmin/Chipotle).
Avec autant de contacts et étudiant maintenant au MBA des HEC-Montréal, Perras envisage-t-il une carrière d’agent ?
« Non, certainement pas, même si j’ai encore la passion du vélo ! » lance le nouveau retraité dans un grand éclat de rire. « J’ai dirigé l’équipe néo-zélandaise au dernier Tour de l’Abitibi et si j’ai des occasions qui se présentent pour travailler dans le sport, j’aimerais vraiment rester dans ce domaine. »
Perras a pris les moyens pour rester dans le milieu cycliste. Détenteur d’une certification d’entraîneur de niveau 3, il s’est associé avec Mathieu Toulouse, spécialiste du vélo de montagne et coéquipier au sein de son équipe EVA-Devinci, pour lancer l’entreprise de consultation en entraînement avelocoaching.com le printemps dernier.
Ne soyez donc pas surpris de le voir encore à vélo, même s’il n’y aura plus de dossard à son maillot.
Rédaction : Mathieu Laberge
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