
Athlète Sportcom de la semaine
Montréal, 30 juillet 2008 – Gagnante de l’étape de la Coupe du monde de cross-country du Mont Sainte-Anne dimanche dernier, Marie-Hélène Prémont mérite le titre de l’Athlète Sportcom de la semaine du 28 juillet. Déjà sélectionnée athlète de la semaine au début mai en raison de son début de saison canon où elle est montée sur le podium à toutes les Coupes du monde auxquelles elle a pris part, Sportcom a voulu savoir cette fois comment deux acteurs du vélo de montagne la percevaient.
Coéquipier de Marie-Hélène Prémont au sein de la formation Rocky Mountain, Raphaël Gagné tente de suivre les traces de la Québécoise. L’athlète de 21 ans a terminé septième aux récents Championnats du monde U23 et 20e à la Coupe du monde de Mont Sainte-Anne. Selon lui, la principale qualité de sa coéquipière est son équilibre de vie.
« Elle est une personne équilibrée et cela fait d’elle un très bon modèle, explique-t-il. Dans l’équipe nationale, tant chez les seniors que chez les espoirs (moins de 23 ans), il n’y a que nous deux qui sommes encore aux études sur un total de sept athlètes. Elle a beaucoup de détermination, elle est très assidue et sait où elle s’en va. »
Actif dans le milieu du vélo de montagne depuis plus de 20 ans et chroniqueur à la revue Vélo Mag, Gilles Morneau a eu l’occasion de voir la cycliste grimper les échelons depuis ses débuts.
« À chaque année, elle montait d’une petite coche de façon très constante. Quelques années plus tard, alors que je parlais avec son entraîneur Michel LeBlanc, nous nous sommes dit que si elle continuait à ce rythme, elle monterait bientôt sur un podium en Coupe du monde. Et deux ans plus tard, c’était fait ! » indique Morneau, qui est également champion canadien en titre chez les maîtres-experts 50-59 ans.
Une athlète atypique
Parmi le peloton international, la vice-championne olympique en titre sort du lot non seulement à cause de ses performances sportives. Si elle se démarque par ses qualités d’excellente grimpeuse, en plus d’exceller dans les parcours techniques et terminer ses courses en force, l’athlète de Château-Richer se distingue surtout parce qu’elle a une approche différente vis-à-vis son sport.
« Pour la plupart de ses adversaires, le vélo est toute leur vie, avance Gilles Morneau. Si elles ont une mauvaise course, elles ont peur de perdre leurs commanditaires. Marie-Hélène, l’important pour elle, c’est d’avoir tout ce qu’il faut pour donner son maximum à chaque course. »
Raphaël Gagné abonde dans le même sens à propos de celle qui étudie à temps plein à l’Université Laval en pharmacie : « Marie-Hélène est la preuve que l’on peut obtenir de très bons résultats avec de petits moyens. Par exemple, elle varie son entraînement hors-saison, que ce soit en faisant du ski de fond, de la raquette ou de la course à pied. C’est bien différent de la majorité des cyclistes de haut niveau qui font plusieurs camps d’entraînement de vélo. Elle aime ça comme ça et c’est une recette qui fonctionne bien pour elle. »
L’autre facette qui distingue la meneuse au classement de la Coupe du monde du peloton est qu’elle n’apprécie pas particulièrement la notoriété publique qui est engendrée par ses exploits sportifs. Sentant qu’elle avait toutes les ressources dont elle avait besoin pour pratiquer son sport, elle a même refusé une bourse de 5000$ de la Fondation Nordiques, le printemps dernier, préférant que ce montant soit remis à de plus jeunes athlètes qui en ont besoin. Un geste qu’elle n’a pas crié sur tous les toits, bien sûr !
« C’est un peu une guerrière silencieuse, croit Gilles Morneau. Le vedettariat, c’est ce qu’elle aime le moins dans le vélo de montagne. C’est plus une fille gênée qui a sa passion pour le vélo plutôt que pour les feux de la rampe. »
Cela ne l’empêche toutefois pas de redonner à son sport, notamment en donnant plusieurs conférences auprès des jeunes dans les écoles année après année.
Les derniers tours de roues
La cycliste de 29 ans a déjà laissé entendre que l’année 2008 serait probablement sa dernière au sein du circuit de la Coupe du monde. Que léguera-t-elle à son sport selon les deux observateurs ?
« Elle laissera un très grand impact, tant dans le vélo de montagne que dans le sport amateur en général et tant pour l’élite que pour le développement », croit Raphaël Gagné.
« Marie a mis le vélo de montagne sur la carte au Québec, surtout depuis les Jeux olympiques d’Athènes. C’est une belle ambassadrice », estime pour sa part Gilles Morneau. « Elle a fait avancer l’image du vélo de montagne et a permis aux gens de démystifier le sport. Maintenant, ils savent mieux faire la différence entre le cross-country et la descente. »
Rédaction : Mathieu Laberge
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