Athlète de la semaine Sportcom

Martin Gilbert construit sa confiance

Montréal, 21 février 2008 – En obtenant une cinquième place à la course scratch de la Coupe du monde de cyclisme sur piste, le week-end dernier, à Copenhague, Martin Gilbert est élu l’athlète Sportcom de la semaine du 18 février. Grâce à ce résultat, le polyvalent cycliste a du même coup signé le meilleur classement de sa carrière en Coupe du monde.

Ce résultat est d’autant plus surprenant pour l’athlète de 25 ans, car il n’est pas au meilleur de sa forme en ce moment. Ce qui a fait la différence, selon lui, c’est d’avoir très bien lu le déroulement de la course. La course scratch se déroule exactement comme une course sur route, où les coureurs obtiennent leur classement selon l’ordre qu’ils franchissent la ligne d’arrivée.

« Je me suis tenu tranquille et j’ai analysé la course, ce qui a fait en sorte que j’ai eu l’énergie dont j’avais besoin au bon moment. Je crois que c’est la course plus songée et la plus intelligente que j’ai faite », avait-il indiqué en entrevue après l’épreuve. « Je n’ai pas le temps de rouler entre 20 et 30 heures par semaine ces derniers temps, alors j’étais bien reposé. »

Même si cet excellent résultat a tout pour mettre le Châteauguois en confiance, cela ne l’aidera pas nécessairement à obtenir sa qualification olympique, car la course scratch n’est pas au programme des Jeux. L’épreuve où Gilbert visera une place sera celle de la Madison, où il fera équipe avec un autre athlète.

Un entraînement particulier
Les pistards québécois ont la vie dure et ils doivent faire preuve d’organisation pour pratiquer leur sport. Pourquoi ? Depuis quelques années, les épreuves de Coupe du monde sont présentées durant l’hiver et un vélodrome couvert manque cruellement à la communauté cycliste québécoise. Si, pendant l’été, les athlètes peuvent s’entraîner à sur la piste de Bromont, l’hiver, ils sont contraints à faire du vélo stationnaire.

Les meilleurs cyclistes s’entraînent à l’aide d’un système de mesure du wattage qui leur permet de savoir avec précision quelle est la puissance qu’ils développent, ce qui rend l’entraînement très précis. Malgré cela, la précision de ce paramètre ne vaut pas grand-chose si l’athlète n’a pas souvent l’occasion de rouler sur une vraie piste.

Cette façon de s’entraîner n’est donc pas idéale. L’entraîneur personnel de Martin Gilbert, Éric Van den Eynde, utilise l’image suivante pour décrire la situation de ses athlètes : « C’est comme si un joueur de hockey s’entraînait pour atteindre la Ligue nationale en jouant en bottes plutôt qu’en patins. »

Dans le sport comme dans la vie, un peu de débrouillardise peut vous ouvrir bien des portes et c’est ce qui permettra à Gilbert de profiter de conditions optimales pour son entraînement au cours des semaines à venir. En effet, l’athlète est actuellement à Mallorca, en Espagne, afin d’augmenter ses chances d’être sélectionné pour les Championnats du monde qui s’amorceront à Manchester, à compter du 26 mars.

« J’avais rencontré des cyclistes espagnols, il y a quelques années dans une compétition au Mexique. Le père de la blonde d’un des gars était un Québécois et il voulait l’uniforme de l’équipe nationale canadienne. Nous nous sommes donc échangé nos maillots et cuissards. Il y a quelques semaines, je lui ai écrit pour savoir s’il connaissait un bon endroit pour s’entraîner sur une piste et il m’a invité chez lui ! » a expliqué Gilbert qui vit pleinement son immersion en espagnol depuis le début de la semaine.

Pékin approche
Le Canada compte présentement trois coureurs, incluant Gilbert, qui pourraient représenter le pays aux Championnats du monde à l’épreuve de Madison. Seulement deux seront choisis pour cette cruciale étape en vue d’une éventuelle sélection olympique.

Le Québécois ne veut pas rater sa chance de vivre l’expérience olympique, alors il a mis sur la glace ses études en pharmacie à l’Université de Montréal afin de peaufiner sa préparation… « à mes frais », rappelle-t-il. Ce sacrifice en vaut-il la peine, alors que l’athlète aurait pu continuer ses études à temps partiel tout en roulant avec son équipe professionnelle sur route ?

« Les Jeux olympiques sont un objectif que tout sportif veut atteindre et je n’y fais pas exception », soutient celui qui a déjà participé aux Jeux panaméricains et aux Jeux du Commonwealth. « À la fin de ma carrière, je ne veux pas avoir de regrets et me dire que j’aurais dû aller jusqu’au bout pour obtenir ma qualification olympique. J’ai beaucoup donné au vélo cette année et si je réussi, tant mieux ! Sinon, au moins je saurai que j’aurai tout essayé. »

Rédaction : Mathieu Laberge


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