Vélo de montagne

Mathieu Toulouse accroche son vélo

Montréal, 19 novembre 2008 – Le Montréalais Mathieu Toulouse, un des rares Québécois à avoir fait sa marque en Coupe du monde de vélo de montagne, annonce son retrait de la compétition. Après avoir passé plus de dix ans à rouler dans les sentiers des épreuves des circuits mondiaux et nord-américains, le nouveau retraité de 32 ans explique que les nombreux projets qui mijotent dans sa tête l’ont finalement convaincu que le moment était venu pour lui de mettre un terme à sa carrière d’athlète.

« Ça devenait de moins en moins réaliste de mener tout ça de front. Ç’a été une super belle période de ma vie », a indiqué Toulouse, ajoutant que l’équipe Maxxis, formation pour laquelle il courait depuis 2005, était intéressée à ses services pour l’an prochain, même si une entente n’avait pas encore été conclue.

« La confirmation traînait un peu à cause de la situation économique aux États-Unis. Cette période m’a toutefois fait réfléchir encore plus. J’avais de bonnes chances de revenir avec eux, mais ce n’était pas réaliste pour moi de retourner à l’école et bien réussir mes cours tout en continuant à rouler. Je pense que j’étais prêt à faire ce changement dans ma vie. »

En plus de retourner sur les bancs d’école, Toulouse travaillera au développement de son entreprise de consultation en entraînement cycliste avelocoaching.com, une compagnie fondée avec son ancien coéquipier sur route Dominique Perras.

Une carrière au-delà des résultats sportifs
À l’heure des bilans, Mathieu Toulouse note que sa victoire à la cinquième étape de la série nationale américaine présentée à Windham, en juillet dernier dans l’état de New York, est son meilleur souvenir sportif. Le Montréalais a également souligné sa deuxième place aux Championnats panaméricains de 2006, ainsi qu’une place spéciale pour sa Coupe du monde 2005 au Mont Ste-Anne, même si tout ne s’est pas déroulé comme il l’aurait souhaité.

« J’étais en huitième place et j’étais en train de faire la course de ma vie, sauf que j’ai eu un ennui mécanique. J’ai terminé 24e, mais que je sais ce que je valais cette journée-là et j’en suis fier. »

« C’est un gros cliché de dire que ce n’est pas le résultat qui compte, mais bien le cheminement. Et dans mon cas, c’est vrai ! » commente en entrevue à Sportcom celui qui a réussi le doublé aux championnats québécois sur route en 2007 en remportant la course en ligne et le contre-la-montre.

« Je suis également fier de la façon dont j’ai mené ma carrière, c’est-à-dire en respectant l’esprit sportif et mes adversaires sans avoir succombé à la tentation du dopage. C’est un problème dans notre sport et on ne peut pas l’occulter », explique Toulouse avec franchise.

L’éthique sportive sous un nouvel angle
La question du dopage sportif intéresse à ce point l’ex-vététiste qu’il aimerait approfondir ce sujet dans le cadre d’une maîtrise en bioéthique à l’Université McGill à compter de l’automne 2009. Il suit d’ailleurs des cours afin d’être accepté dans ce programme où les places sont contingentées.

« Ça serait une façon pour moi de combiner mes intérêts et mon bagage d’athlète », explique celui qui a étudié en droit à la fin des années 1990, avant de se lancer à plein temps dans le vélo de montagne.

« J’avais déjà écrit quelque chose à ce sujet dans la revue Vélo Mag, mais cette fois, j’aimerais passer une année de ma vie à réfléchir et écrire là-dessus. Je pense que je pourrais apporter une perspective différente que celle d’un médecin, d’un psychologue ou d’un juriste. Ce sont des personnes qualifiées, mais pas de la même façon que moi. Il est rare que les athlètes font une réflexion poussée sur la question. »

La chronique intitulée Prendre part au débat, publiée le printemps dernier dans la revue québécoise, avait beaucoup fait jaser dans les milieux cyclistes. Avec sa plume étoffée, Toulouse écrivait qu’il espérait contribuer à « nourrir le débat de manière constructive. »

Pas de doute qu’un éventuel mémoire de maîtrise sur le sujet ajoutera à une réflexion qui s’impose dans le monde du sport.

Rédaction : Mathieu Laberge


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