Les cyclistes québécois prêts pour la nouvelle saison

Montréal, 16 février 2007 – Les cyclistes québécois sont de plus en plus nombreux dans les pelotons professionnels et 2007 n’échappe pas à la règle. C’est dimanche que s’amorcera la nouvelle saison nord-américaine, alors que la deuxième édition du Tour de Californie se mettra en branle à San Francisco. Si Charles Dionne sera le seul Québécois en lice, ses compatriotes ne sont pas en reste en peaufinant leur préparation en vue de la nouvelle campagne.

Les principales courses au calendrier des coureurs québécois seront le Tour de Géorgie (16-22 avril), les Championnats panaméricains (17-20 mai), la série de courses de Philadelphie (début juin), le Tour de Beauce (12-17 juin) et le Tour Montréal-Boston (5-12 août).

Sportcom dresse un portrait des principaux acteurs québécois qui seront à surveiller cette année.

Charles Dionne : 2007, la saison du renouveau
Charles Dionne avait de grandes attentes en 2006. Premier Québécois à signer chez une équipe du Pro Tour, l’espagnole Saunier Duval-Prodir, Dionne a vu sa saison s’arrêter brusquement après les classiques du printemps à cause d’une blessure persistante à la jambe gauche. Opéré en octobre dernier, l’athlète de Saint-Rédempteur se donne un peu de temps avant de retrouver sa pleine forme.

« J’ai hâte de commencer, mais en même temps, ça arrive assez vite », a-t-il expliqué en entrevue à Sportcom plus tôt cette semaine. « J’ai seulement commencé à rouler en décembre. Ma jambe va bien et c’est ce qui est important. Pour ce qui est de la forme, ça va s’en venir tranquillement, mais ce n’est pas encore au point. Je pense quand même être assez prêt pour en profiter pour sortir plus fort du Tour de Californie qu’au début. C’est mon objectif », ajoute celui qui dit ne pas avoir d’attentes particulières avant cette première course en 2007.

Le passage en Europe de Dionne n’aura duré qu’un an avant qu’il ne signe au sein de la formation américaine Colavita/Sutter Home.

« Je suis content de courir aux États-Unis cette année. Je veux avoir le choix d’y retourner (en Europe) si ça me tente. J’avais encore un contrat pour courir en Europe cette année, mais j’ai décidé de ne pas y retourner et je continue de croire que c’est la bonne décision. J’aurais quand même aimé être là avec une meilleure forme », précise Dionne, qui croit qu’il aura plus de temps pour se refaire une forme en Amérique, ce qui n’aurait pas été le cas s’il était demeuré chez Saunier Duval-Prodir.

Dominique Perras : la force de l’expérience
Tout comme Dionne, Dominique Perras a lui aussi changé d’équipe. Le vétéran âgé de 33 ans a quitté Kodak Gallery/Sierra Nevada pour Kelly Benefit Strategies/Medifast, où il a fait le transfert en compagnie de Martin Gilbert.

« Nous voulions vraiment suivre notre directeur sportif Jonas Carney qui changeait d’équipe », soutient l’athlète de Saint-Lambert, qui dit apprécier la façon de diriger de Carney. « Il sait où il s’en va, il connaît les coureurs et il sait comment les faire travailler en équipe pour maximiser les résultats selon nos capacités. »

Contrairement à l’an dernier, Perras ne sera pas au départ du Tour de Californie, ce qui ne lui déplaît pas. « Je préfère avoir une plus longue plage d’entraînement avant de commencer à courir. Étant donné que mon fils est né cet automne, je suis resté au Québec jusqu’au début janvier, ce qui m’a laissé moins de temps pour m’entraîner », commente le nouveau papa qui est en Californie depuis le début janvier avec sa petite famille.

En plus du Tour de Géorgie, le Tour de Maloti (Afrique du Sud) et les Championnats panaméricains figureront sur son calendrier de la première moitié de saison.

« Il est important d’amasser des points et ça se fait toujours à partir du classement général des tours. Sauf que c’est bien de remporter une étape et ça serait mieux que de finir trois fois dans les dix premiers au classement général », a-t-il conclu.

Dominique Rollin : retour en Amérique pour le champion canadien
Sacré champion canadien à Québec l’été dernier, Dominique Rollin est lui aussi de retour en Amérique. Recruté chez Kodak Gallery/Sierra Nevada, le Bouchervillois a passé les trois dernières années en France.

« J’avais besoin de voir de nouveaux horizons et de toucher à autre chose, avance-t-il. J’ai toujours un peu dénigré à tort le circuit nord-américain. Je me suis rendu compte qu’il y a un excellent niveau ici où je peux faire de bonnes performances. C’est plus facile de faire sa marque ici pour ensuite refaire un saut en Europe, là où se passe la vraie guerre. »

En juin dernier, Rollin a fait plusieurs aller-retour entre l’Europe et l’Amérique afin de satisfaire les patrons de son club d’alors, le VC Roubaix, ce qui a eu un impact négatif sur ses objectifs personnels.

« J’ai été obligé de tirer un trait sur le Tour de Beauce, qui était un de mes objectifs. J’ai perdu la forme, mais par la suite, j’ai quand même pu gagner les Championnats canadiens. N’empêche, cela a affecté mon moral. »

Le champion canadien en titre travaille désormais avec un nouvel entraîneur, le Canadien et médaillé d’argent à la course aux points des Jeux olympiques d’Atlanta, Brian Walton. « Ça fait seulement trois mois que je suis avec lui et je vois déjà une énorme différence dans ma préparation. »

Est-ce que ça change le monde de porter le maillot de champion canadien pendant un an ? « Ça m’a ouvert des portes et ça m’a permis de rentrer chez Kodak Gallery/Sierra Nevada. Je vois un respect de la part des autres compétiteurs dans le peloton », commente celui qui visera une place dans les 10 ou 15 premiers au classement général du Tour de Géorgie.

François Parisien : repousser ses limites en attendant l’Europe
De son propre avis, 2006 a été la meilleure saison de François Parisien. Présent dans plusieurs échappées gagnantes dans des courses importantes, le champion canadien 2005, n’a toutefois pas pu concrétiser ces bons coups en victoires. N’empêche, son instinct de course et son endurance ont pris du galon, ce qui laisse présager de belles choses… si la santé peut être au rendez-vous.

En effet, car l’athlète qui fêtera ses 25 ans à la fin avril souffre présentement d’une tendinite au genou gauche. Sa formation, Slipstream Sports/Chipotle (anciennement TIAA-Cref) est montée en grade en 2007 et est maintenant une équipe de division Pro continentale, ce qui ouvre la porte à des épreuves de renom.

Comme l’explique Parisien, la dernière saison lui a permis de développer son sens de la course de façon encore plus poussée.

« Avec les années, les gens connaissent de plus en plus mon nom. L’an dernier, c’est l’année où j’ai été le plus fort. Cette année, je vais l’être encore plus. À chaque entraînement, je repousse mes limites et je suis capable de me faire plus souffrir qu’avant ! » commente celui dont le principal objectif cette saison sera Montréal-Boston.

« Il y a un mur mental, que la plupart des coureurs en Amérique du Nord ont de la difficulté à franchir. Maintenant, je suis capable de le passer de plus en plus souvent. Il y a longtemps, mon entraîneur Jacques Landry me faisait faire des sorties d’entraînement de cinq ou six heures. Tout le monde me disait que ça me mettrait à terre et que c’était trop dur pour moi. Mais à force de faire ça, Jacques a vu juste. Si je veux devenir pro, c’est ce qu’il faut faire et maintenant, je suis capable d’encaisser ces heures-là. Il fallait le faire à un moment ou un autre. Tu n’as pas le choix. »

En plus de continuer à souffrir sur son vélo, Parisien sera soumis à une batterie de tests et de cueillette d’échantillons sanguins et urinaires dans le cadre de l’ambitieux programme de lutte au dopage mis sur pied par son équipe.

Martin Gilbert: entre la route et la piste
La saison de Martin Gilbert est déjà entamée. Après une participation à la Coupe du monde sur piste de Los Angeles, le Châteauguois a donné ses premiers coups de pédale sur la route au Tour des Bahamas, où il a pris le sixième rang.

À sa deuxième saison chez les professionnels, Gilbert se sent mieux outillé. « L’an dernier, c’était nouveau. Maintenant, je sais comment mieux gérer ma saison qui est plus longue que ce que je faisais au Québec. L’an dernier, j’ai appris et cette année, je sais mieux comment structurer mon entraînement. Je sais aussi quelles sont les courses qui me conviennent le mieux. Il y en a tellement qu’à un moment donné, il faut sélectionner celles où on veut réaliser de gros résultats. Je choisirai celles qui conviennent le mieux à mes qualités de cycliste. »

Et chez les autres…
Dans la catégorie Espoirs (moins de 23 ans), David Veilleux, champion canadien U23 espoir à la course en ligne et au contre-la-montre, a fait le saut de l’équipe québécoise Louis Garneau Optik à la formation américaine Jittery Joe’s. De son côté, Keven Lacombe, qui a obtenu de bons résultats sur piste aux six jours de Berlin et Copenhague en début d’année, sera lui aussi à surveiller après une saison 2006 ralentie par une fracture à un fémur.

Il n’y a pas que les coureurs québécois qui prennent du galon ; les équipes aussi ! Calyon/Lightspeed sera encore cette année classée en division continentale américaine. Volkswagen-Trek fait le saut en 2007 tout comme la nouvelle formation saguenéenne, l’Équipe Vallée de l’aluminium/Devinci.

Rédaction : Mathieu Laberge


une page mise en ligne par

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca

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