
Montréal, 24 mai 2006 – À trois jours de la présentation de la Coupe du monde féminine de cyclisme sur route de Montréal, Lyne Bessette a annoncé mercredi qu’elle mettait un terme à sa carrière. À première vue, cette décision peut paraître surprenante, d’autant plus qu’elle avait toujours montré ses intentions en vue des Jeux olympiques de Pékin. Mais selon la principale intéressée, ce choix a été longuement réfléchi.
« Ce n’est pas que j’étais dans une mauvaise passe. Au début de la saison, je ne me disais pas que j’arrêterais au mois de mai, a expliqué Bessette en entrevue. Mais il y a des choses et des circonstances qui ont changé et durant les deux mois où j’ai été à la maison, ça m’a fait beaucoup réfléchir. J’ai travaillé fort à l’entraînement pour revenir en forme pour le Tour de l’Aude et quand j’ai recommencé à faire des courses, j’ai réalisé que ce n’était plus pour moi. »
Après une chute en Australie en février, la Québécoise s’est blessée à nouveau à une épaule lors d’un entraînement en vélo de montagne en préparation pour la course des Jeux du Commonwealth. Par la suite, Bessette a pris un repos de deux mois avant de remonter en selle au Tour de l’Aude, il y a deux semaines pour éventuellement ne pas prendre le départ de la deuxième partie de la septième étape.
« Je ne peux plus prendre de risques et je pense trop maintenant (en course). Quand tu es une athlète de haut niveau et que tu veux rivaliser avec les meilleures au monde, tu dois prendre des risques et ne penser qu’à comment être à ton meilleur. Maintenant, je pense à autres choses comme à mon avenir et à avoir des enfants. Je suis fatiguée de me blesser. J’ai beaucoup réfléchi et ma décision est prise », a ajouté Bessette, qui a connu son lot de blessures, surtout des fractures de la clavicule à la suite de chutes.
Engagée l’automne dernier par la toute nouvelle équipe féminine T-Mobile, l’athlète de Knowlton aura finalement disputé moins d’une dizaine de courses avec la formation allemande. « Quand j’ai annoncé ma décision, ils ont été compréhensifs. »
Pourquoi ne pas avoir attendu après la course de samedi pour annoncer sa décision, alors < qu'elle aurait pu mettre fin à sa carrière devant les siens ? « Je n’avais pas le goût de faire une course à moitié », a précisé celle qui croit que sa décision n’aurait pas été différente si elle avait fait partie d’une nouvelle équipe québécoise qui est venue bien près de naître l’automne dernier.
Les faits saillants de la carrière de Lyne Bessette sont plus d’ordre personnel que sportif comme elle l’indique. « Ce que je retiens de positif, c’est ma carrière au complet, tant mes parents qui sont venus me voir aux championnats du monde en Europe que la rencontre de mon mari (Tim Johnson, qui est également cycliste). J’ai rencontré des gens exceptionnels et j’ai voyagé à travers le monde et ça va toujours me rester tout au long de ma vie. »
La nouvelle retraitée de 31 ans ne compte pas ranger ses vélos et aura probablement quelques épreuves de cyclo-cross à son programme l’automne prochain, mais seulement pour le plaisir et non pour viser des résultats. « (En cyclo-cross), l’ambiance est plus relaxe et familiale, sans compter que l’entraînement demande moins de temps. Je n’ai pas peur de l’inconnu et je veux prendre du temps pour moi. »
Le flambeau est maintenant dans les mains de Audrey Lemieux
Désormais seule Québécoise à courser régulièrement dans le circuit américain, Audrey Lemieux a appris la nouvelle mardi.
« Je suis arrivée de mes courses aux États-Unis et je l’ai appelée pour avoir de ses nouvelles et elle m’a annoncé que c’était terminé. Je ne m’attendais pas à ça. J’ai été un peu déçue, car j’aurais aimé avoir encore l’occasion de courir dans son équipe », a-t-elle avancé.
Lemieux, qui a été coéquipière de Bessette chez Quark en 2004, est reconnaissante de ce que la multiple championne canadienne a fait pour elle.
« Elle m’a aidée énormément. Mon anglais n’était pas très bon et c’est elle qui m’a fait rentrer dans l’équipe. Faire partie d’une équipe, ce sont des occasions qui sont difficiles à aller chercher et j’ai eu cette chance. La première année était la plus dure, mais Lyne a été là pour me donner des conseils. Je me dis que j’ai eu la chance de courir avec elle », a conclu Lemieux, ajoutant qu’elle a hâte de voir ressurgir les nouveaux talents.
Rédaction : Mathieu Laberge
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