
Montréal, le 18 septembre 2003 — Les responsables de l’équipe cycliste Saturn ont annoncé mercredi soir que le manufacturier automobile cessera sa commandite à la fin de l’année 2003. Après une présence de 12 années, les porte-parole du fabricant automobile soulignent avoir atteint leurs objectifs de marketing. Au-delà de cette décision d’affaires, cette nouvelle touche concrètement de près une trentaine de coureurs dont les Québécois Lyne Bessette, Manon Jutras et Charles Dionne.
Membre que la formation depuis 1999, à l’exception d’une demi-saison en 2002, Lyne Bessette explique que les nouvelles concernant l’avenir de l’équipe étaient contradictoires depuis quelques mois.
« Depuis la course de Philadelphie (au début juin), on nous avait dit que l’avenir était assuré. Par la suite, la signature se faisait attendre et nous n’avions pas beaucoup d’informations », a laissé savoir celle qui a été informée de la nouvelle mercredi soir, lors d’une conférence téléphonique.
« C’est décevant, mais on peut leur lever notre chapeau car peu de compagnies ont été dans le sport aussi longtemps », a pour sa part affirmé Charles Dionne, qui croit que la situation de l’économie américaine serait l’explication principale de cette décision qui secoue le cyclisme nord-américain. « J’ai lu qu’il s’agissait du meilleur programme de promotion de General Motors (propriétaire de Saturn). Saturn dans le vélo, c’est un monument aux États-Unis. »
Selon Dionne, cette décision n’a rien à voir avec les performances de l’équipe : « Nous n’aurions pas pu faire mieux cette année. On croyait qu’avec toutes nos victoires, ils pourraient difficilement ne pas signer à nouveau », a analysé le Québécois dont les coéquipiers Chris Horner et Mark McCormack sont montés sur les deux plus hautes marches du podium, dimanche dernier, au Grand prix de San Francisco.
Tom Schuler, patron de l’entreprise Team Sports qui gérait les destinées de l’équipe, devra toutefois faire vite s’il veut dénicher un nouveau commanditaire car les coureurs ont déjà eu le feu vert pour entamer des discussions avec d’autres groupes sportifs.
« Il (Schuler) peut vendre son programme tel quel à un autre commanditaire, analyse Manon Jutras. Pourquoi changer une recette gagnante ? L’équipe est construite et il ne reste plus qu’à aller chercher les appuis corporatifs. Il y aura beaucoup d’intérêt pour le cyclisme l’an prochain à cause des Jeux olympiques, alors ça pourrait être un incitatif. C’est dommage pour le sport, surtout pour le cyclisme féminin car en général les sports féminins ont moins d’appuis des milieux d’affaires. »
L’avenir
« L’important c’est que je sois heureuse. Quand je suis malheureuse, je n’avance pas. L’an prochain, je souhaite faire les courses importantes et avoir un environnement confortable en préparation pour Athènes », a indiqué Bessette, qui souligne avoir une préférence pour évoluer au sein d’une équipe nord-américaine. L’athlète de Knowlton se donne environ deux semaines pour prendre ses décisions d’affaires.
Pour sa part, Dionne intensifiera ses recherches du côté de l’Europe, où il a toujours voulu courir, tandis que Jutras se donne jusqu’à la fin de la saison avant d’évaluer les offres qui sont sur la table.
« Avec le retrait de Saturn, c’est une possibilité qui disparaît pour moi, mentionne-t-elle. Courir pour cette équipe, c’était toute une expérience unique et je vais en garder de très bons souvenirs. »
Rédaction : Mathieu Laberge
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