Cyclisme sur route

David Veilleux s’arrête sans regret

Montréal, 18 septembre 2013 – David Veilleux a mis un terme à sa carrière de cycliste professionnel dimanche dernier, en posant pied au 13e des 17 tours que comptait l’épreuve du Grand Prix de Montréal. Quelques jours plus tôt, il avait annoncé son choix dans une lettre envoyée aux médias.

« Je me sens bien avec ma décision et je suis content de l’avoir prise, même si ça n’a pas été facile. J’y ai beaucoup songé, sauf que l’avenir ne me fait pas peur », a commenté celui qui jonglait avec cette idée après avoir complété le Tour de France, en juillet dernier.

L’avenir du nouveau retraité se vivra sur deux volets : études et famille. Il poursuivra ses études en génie mécanique à l’Université Laval et aménagera dans sa nouvelle maison avec sa conjointe, avec qui il a convolé en justes noces à son retour du Tour.

Âgé de seulement 25 ans Veilleux en a surpris plus d’un en annonçant son retrait du sport de haut niveau, lui qui venait de connaître la meilleure saison de sa carrière. En juin dernier, il a remporté en solo la première étape du Critérium du Dauphiné, ce qui lui a permis de passer trois jours avec le maillot jaune de meneur sur ses épaules.

Quelques jours plus tard, David avait la confirmation que sa candidature était retenue pour le Tour de France. L’athlète avait comme objectif d’épauler ses coéquipiers Pierre Rolland et Thomas Voeckler tout en ralliant l’arrivée à Paris, ce qu’il a réussi.

Une progression constante
Révélé en 2005 grâce à sa victoire au classement général du Tour de l’Abitibi, David Veilleux a gravi les échelons un par un. L’athlète a fait ses classes au Québec au sein de l’équipe Garneau pour ensuite mettre le cap sur les États-Unis pendant quelques saisons, où il est rapidement devenu un spécialiste des épreuves de critérium et de contre-la-montre.

Faire sa place dans le circuit nord-américain ne lui a toutefois pas automatiquement ouvert les portes du circuit européen. C’est plutôt sa patience et sa minutie.

« C’est, enfin c’était, car il faut maintenant parler au passé, un athlète très facile à entraîner, car il était très articulé dans sa démarche », explique Pierre Hutsebaut, qui était son entraîneur depuis huit ans et qui supervise également le travail d’Antoine Duchesne et d’Hugo Houle.

« Il comprenait ce que l’on voulait de lui et nous avons travaillé étape par étape, sans chercher à en brûler. Il était très motivé et très concentré. C’était son métier, il ne se laissait pas distraire. Quand il s’y mettait, c’était à 100%. Ça va me manquer, car avec David, on pouvait analyser et échanger. C’est un type intelligent qui voulait comprendre pourquoi il devait faire ce que je lui demandais. »

David fait le saut en Europe en 2011 lorsqu’il signe avec la formation française Europcar, équipe avec laquelle il terminera sa carrière. À sa première participation à la prestigieuse classique Paris-Roubaix, en 2011, il fait partie d’une longue échappée et franchit le fil d’arrivé en 25e place. L’année suivante, il s’impose aux Trois Vallées Varésines (1.HC).

L’école, toujours présente
Même si son palmarès sportif continuait à se bonifier au fil des ans, David Veilleux n’a jamais mis ses études de côté, ce qui est plutôt rare chez les cyclistes professionnels. À titre d’exemple, il n’a pas pris part au stage de reconnaissance en Corse qu’avait fait son équipe, en décembre dernier, afin d’aller rouler sur les parcours des trois premières étapes du Tour de France 2013. Veilleux était resté au Québec pour ses examens de fin de session.

« J’aime encore le vélo et je vais continuer à m’entraîner pour le plaisir. Je vais peut-être encore courir au Québec à l’occasion, mais pas en faisant autant de sacrifices. C’est plutôt au mois de janvier, moment où je repartais à l’étranger, que je vais sentir une différence », a soutenu celui qui souhaite obtenir son diplôme d’ici deux ans.

Plongé dans le monde du vélo et souvent loin de sa famille et de ses proches, David Veilleux a le luxe d’avoir eu le choix d’arrêter au moment où il le voulait. Soulagé et en paix avec sa décision on sent également qu’il est fier d’avoir tracé le chemin en étant le premier Québécois à terminer le Tour de France. Mais ça, il ne le criera pas sur tous les toits, car il est plutôt humble de nature.

« Je suis très fier d’avoir terminé le Tour et ma victoire d’étape au Critérium du Dauphiné est différente. »

La preuve est que c’est son maillot avec ses dossards du Tour de France aura une place de choix sur un mur de sa nouvelle résidence plutôt que son maillot jaune du Critérium du Dauphiné.

Rédaction : Mathieu Laberge

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