Grand Prix de Montréal

Peter Sagan fait son numéro

Montréal, 15 septembre - Peter Sagan (Cannondale) a démontré qu’il était un coureur complet en s’imposant en solo au Grand Prix cycliste de Montréal, dimanche, sur le Mont Royal. Le champion slovaque a laissé ses adversaires sur place dans la côte de la Polytechnique, à un peu plus de 5 kilomètres de l’arrivée, pour filer avec les grands honneurs au terme des 206 kilomètres de course.

À cette épreuve où la deuxième moitié de course a été disputée à un rythme soutenu, le Britanno-Colombien Ryder Hesjedal (Garmin-Sharp) a pris le troisième rang, terminant à 4 secondes de Sagan. L’Italien Simone Ponzi (Astana) finit deuxième dans le même temps que le Canadien. Les Québécois Antoine Duchesne (équipe canadienne, Québec, à 13 min 35 s) et François Parisien (Argos-Shimano, Bromont, à 13 min 38 s) ont été les seuls athlètes de la Belle province à rallier l’arrivée, dans le dernier peloton, finissant respectivement en 94e et 96e places.

Hugo Houle (AG2R-La Mondiale, Ste-Perpétue), Guillaume Boivin (Cannondale. Longueuil), Dominique Rollin (FDJ.FR, Boucherville), Bruno Langlois (équipe canadienne, Rimouski) et David Veilleux (Europcar, Cap-Rouge), qui en était à la dernière course professionnelle de sa carrière, ont tous été contraints à l’abandon.

« Les quatre gars nous nous sommes demandés si nous voulions finir la course. On a décidé d’aller jusqu’au bout pour le respect des spectateurs et de l’organisation », a expliqué Antoine Duchesne, qui participait à l’épreuve montréalaise pour la première fois de sa jeune carrière. « Disons que si la course n’avait pas été présentée au Québec, j’aurais mis le flasher bien avant! C’est un parcours vraiment dur et il n’y avait pas beaucoup de repos ».

Faisant également partie de ce groupe, François Parisien trouvait lui aussi important d’y aller d’un dernier baroud d’honneur, même s’il n’avait pas complètement le cœur à la fête. L’athlète de Bromont s’est montré insatisfait d’avoir été obligé de faire de nombreux voyagements au cours des dernières semaines, ce qui a été néfaste à sa préparation selon lui.

« Beaucoup de gens m’ont encouragé et je tenais à finir. Par contre, je suis arrivé ici avec beaucoup de fatigue et c’est pour cette raison que je quitte mon équipe à la fin de l’année. Je suis assez déçu d’elle et c’est pour cela que je veux trouver quelque chose qui sera mieux pour moi et avec de meilleures conditions. Mes agents sont déjà en communication avec plusieurs équipes. »

Sagan le plus fort
En s’imposant de la sorte, Peter Sagan a démontré pourquoi il était une des principales têtes d’affiche du cyclisme international. En effet, rares sont les sprinters qui peuvent s’imposer sur un parcours de 3893 mètres de dénivelé.

« J’ai vu que les autres coureurs semblaient fatigués et je me suis dit qu’il fallait attaquer », a soutenu Sagan en conférence de presse. « Je me sentais très bien et je voulais remporter au moins une course au Québec. Je suis heureux de ma journée et maintenant, je veux gagner aux Championnats du monde qui auront lieu dans deux semaines. »

À sa dernière course professionnelle, David Veilleux était serein après avoir posé pied au 13e tour. « Je me sens bien avec ma décision. J’y ai beaucoup réfléchi et l’avenir ne me fait pas peur. J’ai maintenant des objectifs qui sont davantage sur le plan personnel. Je suis content de vivre ce moment à la maison, car je suis presque toujours en Europe loin de ma famille », a-t-il commenté.

Dominique Rollin a vaillamment épaulé son coéquipier Arthur Vichot, comme ce fut le cas vendredi à Québec. « Il prépare les Championnats du monde et c’est un circuit qui lui convient. Avec la victoire de Kenny Elissonde, hier (samedi) au Tour d’Espagne, l’équipe est sur une lancée et le moral est bon! »

Quant à Hugo Houle, celui-ci a avoué qu’il avait les batteries à plat, abandonnant à trois tours de la fin. « Dès le départ, je tirais un peu de la patte. Ça ne fonctionnait pas et je ne me sentais pas bien. Sur un parcours aussi difficile, il faut avoir des jambes et si tu n’en as pas, ça ne pardonne pas. »

Le film de la course
Zack Bell (équipe canadienne), Sergio Paulinho (Saxo-Tinkoff), Valerio Agnoli (Astana), Danilo Hondo (RadioShack) et Ruben Perez (Euskaltel-Euskadi) ont pris la fuite de ce qui allait être la longue échappée du jour dès la première ascension de la côte de la Polytechnique. Au tour suivant, le groupe allait être rejoint par William Clarke (Argos-Shimano) et Adriano Malori (Lampre). L’échappée a maintenu une avance allant jusqu’à 5 minutes.

La chasse a commencé à se mettre en branle à la mi-course lorsque les Sky sont venus prêter main-forte à leur coéquipier Gabriel Rash qui a longtemps roulé devant avec Jérôme Pineau (Omega Pharma-Quick Step). À chaque passage sur le boulevard Édouard-Montpetit, le peloton s’étirait, signe que le rythme devenait de plus en plus difficile à soutenir pour certains, dont plusieurs Québécois.

Au dernier tour, Robert Gesink (Belkin) a tenté de répéter la même stratégie qu’en 2010 en attaquant en solo dans la montée Camillien-Houde, ce qui lui avait permis de remporter l’épreuve. Plusieurs têtes d’affiche sont revenues sur lui et quelques instants plus tard, le Néerlandais et vainqueur à Québec deux jours plus tôt, tentait à nouveau sa chance, encore sans succès.

Une fois dans la côte de la Polytechnique, c’était au tour de Ryder Hesjedal de s’échapper. Le Canadien est demeuré en tête une dizaine de secondes avant que Sagan ne vienne le cueillir et parte en solo à son tour. Le temps que la chasse s’organise derrière, Sagan détenait déjà une quinzaine de secondes d’avance et il s’est mis en position de contre-la-montre pour filer jusque sur l’Avenue du Parc, accrochant à son palmarès une première victoire en sol québécois. Et comme il le fait souvent, Sagan a signé sa victoire avec son traditionnel wheelie une fois qu’il a franchi la ligne d’arrivée.

« Je voulais me battre pour la victoire et chapeau à Peter », a commenté Hesjedal, qui avait également terminé troisième en 2010. « Je ne m’attendais pas à ce qu’il attaque à ce moment-là et je suis content d’être sur le podium. Je sentais que j’avais les jambes pour me rendre jusqu’au bout. Quand Peter est parti, les autres gars ne voulaient pas chasser. J’ai montré que je peux encore rouler fort et j’espère que mes malchances des derniers mois sont maintenant derrière moi », a commenté celui qui n’a pu défendre son titre au Giro d’Italie en mai dernier.

Rédaction : Mathieu Laberge

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