Athlète de la semaine

Encore plus près des meilleures

Montréal, 6 avril 2011 – À sa deuxième course de la saison, la cycliste Joëlle Numainville a mérité une sixième place à la prestigieuse épreuve du Tour des Flandres, comptant pour le circuit de la Coupe du monde, dimanche dernier en Belgique. La Lavalloise mérite ainsi le titre de l’Athlète Sportcom de la semaine du 4 avril.

Dimanche dernier, sur le sélectif parcours belge parsemé de plusieurs montées abruptes en pavés, Joëlle Numainville s’était fait décrocher deux fois du groupe de tête. Loin de lancer la serviette, l’athlète âgée de 23 ans a serré les dents pour travailler avec la Britannique et championne du monde en titre au contre-la-montre, Emma Pooley, et ainsi revenir sur la tête de la course.

« Nous n’avions pas le temps de penser et il fallait travailler fort pour revenir sur le groupe de tête, a expliqué la Québécoise. Emma était première au classement de la Coupe du monde, alors les autres n’allaient pas lui faire de cadeaux. Je croyais en ma forme physique et je voulais terminer dans les 20 premières. C’est un bon début et je vais améliorer ma forme au cours de la saison. »

Même si ce résultat est satisfaisant pour elle, la jeune athlète sait qu’elle aurait pu encore mieux faire.

« J’ai fait des erreurs au sprint final étant donné que je ne m’étais jamais retrouvée dans cette situation dans une course de ce niveau. Mon manque d’expérience a paru. Je suis confiante et je sais que je peux encore obtenir de bons résultats », soutient la championne canadienne en titre.

Un entraînement varié
Numainville n'a pas commencé sa préparation en vue de la saison 2011 sur la route, mais bien sur la piste, au vélodrome de Los Angeles. Elle a été invitée par l’Association cycliste canadienne qui a mis sur pied un concours qui déterminerait quelles athlètes participeraient à l’épreuve de la poursuite par équipe des Championnats du monde sur piste.

En plus de Numainville, on retrouvait notamment Tara Whitten, championne du monde à l’Omnium, et Clara Hughes, multimédaillée olympique, qui faisait un retour au sport de haut niveau après avoir accroché ses patins après les Jeux de Vancouver.

Même si sa candidature n’a pas été retenue, Numainville est consciente d’avoir beaucoup appris pendant son séjour en Californie.

« J’ai pu améliorer ma vitesse et mon style de sprint. Je manque encore un peu de technique pour participer aux Championnats du monde, mais ces camps ont été bénéfiques pour moi. Ce n’est pas un échec de ne pas avoir été sélectionnée dans l’équipe, car je n’avais pas ça en tête. On ne peut pas demander à une fille de vélo de route de faire deux semaines de piste et de se classer pour les Championnats du monde. »

Progresser en faisant du surplace
De retour à la maison, la Québécoise a mis les bouchées doubles à l’entraînement au mois de mars, en plus de poursuivre ses études en finances à l’UQAM, où il ne lui reste que neuf cours à compléter pour l’obtention de son baccalauréat.

Contrairement à la très grande majorité des cyclistes québécois qui a hâte de s’expatrier plus au Sud ou en Europe pour rouler à l’extérieur sous des ciels plus cléments, Numainville préfère s’entraîner sur un vélo stationnaire.

Une figure d’exception ? Oui, mais force est de constater que la recette fonctionne et qu’elle adore ça, car son enthousiasme est contagieux lorsqu’elle raconte en détails ces entraînements qui s’apparentent presque à des séances de torture. Cinq fois par semaine, la cycliste allait rouler entre quatre murs pendant 2 heures et demie au Studio Powerwatts, où s’entraînent notamment les champions olympiques Alexandre Bilodeau, Jennifer Heil et Kim Saint-Pierre, pour ne nommer que ceux-là.

« Ça ne m’intéressait pas d’aller m’entraîner en Californie. En restant à la maison, mon entraîneur est présent et j’aime ça m’entraîner à l’intérieur ! Tous les paramètres sont contrôlés et mon entraîneur peut rapidement connaître mon niveau de fatigue. J’ai manqué un peu d’endurance dimanche, car je ne suis pas encore habituée à rouler 130 kilomètres, mais ça va vite rentrer dans l’ordre. »

L’aspect social y est également pour beaucoup dans ce choix que fait la cycliste.

« Pour rien au monde je ne changerais ça ! Je sais à quelle heure commence l’entraînement et à quelle heure il se termine. Après, je peux aller à l’école ou bien passer du temps avec mes amis. Après deux semaines à l’extérieur du pays, j’ai hâte de retourner à la maison », soutient celle qui a terminé sixième à la course en ligne des derniers Jeux du Commonwealth.

C’est entre autres pour cette raison que la Québécoise n’a pas signé un contrat avec une formation européenne, elle qui a fait partie de l’équipe française ESGL93-GSD Gestion en 2009. « Mon équipe (américaine), Tibco To The Top, fait de courts voyages pour participer aux compétitions et j’aime ça comme ça. »

Numainville voudra être du voyage qui la mènera à Londres, dans moins d’un an et demi, afin de vivre son baptême olympique.

Rédaction : Mathieu Laberge

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