Marie-Hélène Prémont
photo : John Gibson
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Marie-Hélène Prémont - Athlète de la semaine Sportcom

Une prescription de ténacité

Montréal, 27 mai 2010 - Cette semaine, Sportcom offre sa palme d’Athlète de la semaine à Marie-Hélène Prémont. L’athlète en vélo de montagne a terminé quatrième à la Coupe du monde d’Offenburg, en Allemagne, le week-end dernier.

Certains penseront que ce résultat est loin d’être une performance à souligner pour la grande cycliste qu’est Marie-Hélène, nous croyons tout le contraire. Cette quatrième place témoigne de la ténacité dont a fait preuve la résidante de Château-Richer pour revenir au sommet de la hiérarchie mondiale après une saison de petite misère en 2009.

La principale intéressée, quoiqu’étonnée par sa nomination, s’en réjouissait également. « Je suis vraiment contente de la course que j’ai faite. Le podium n’était pas loin et les feelings que j’ai eus, pour moi, c’était un podium, mon podium personnel », a raconté Marie-Hélène à la fois très satisfaite et soulagée. Soulagée de mettre derrière elle le parcours cahoteux de la dernière saison.

Retour sur 2009
En 2009, Marie-Hélène Prémont monte sur le podium une seule fois, à Madrid. C’était en mai, au début de l’année. Les résultats suivants, sans être catastrophiques, ne sont pas ceux escomptés. La porte-couleurs de l’équipe Maxxis-Rocky Mountain Bicycles finit ses courses de Coupe du monde autour de la dixième place, jamais mieux, à l’exception de la dernière étape de la saison où elle prend le cinquième rang.

« En résumé, je n’étais pas capable de me battre. Je me battais contre mon corps. » Marie-Hélène a éprouvé, tout au long de la dernière saison, des problèmes respiratoires, les mêmes qui l’ont empêché de terminer la course aux Jeux olympiques de Pékin. Souffrant d’asthme à l’effort, elle a dû apprendre à ouvrir davantage sa cage thoracique. Elle a également souffert d’un déséquilibre du bassin.

« Tout est arrivé en même temps. J’ai eu des problèmes, des tensions musculaires. Je n’étais plus bien sur mon vélo. Je ne savais pas ce qui se passait avec mon corps, mais j’espérais toujours. »

L’idée d’arrêter ne lui a pas traversé l’esprit, mais d’autres, moins tenaces, moins hargneux pourrait-on dire, auraient abandonné. « J’ai surtout retenu qu’il fallait que je soigne mon corps. Ma cinquième place à Schladming m’a indiqué que j’étais encore dans le coup. »

Elle passera l’hiver d’un rendez-vous de massothérapie, à un chez un spécialiste de la posture, à un autre en kinésithérapie. « J’ai mis le paquet ! » En toile de fond, pour attiser la flamme pendant les traitements, se dessine les prochains Championnats du monde qui auront lieu au mont Sainte-Anne. « C’est certain que ç’a été une grande source de motivation, a reconnu la porte-parole de l’événement. Un titre de championne du monde, ça manque à mon palmarès ! »

« En plus, la foule me donne des ailes. J’ai tellement envié les athlètes qui ont participé aux Jeux de Vancouver. Je les ai trouvés chanceux. »

Une autre palme
Si Marie-Hélène Prémont vise la plus haute marche du podium en septembre prochain, elle comptera sur un autre titre très prochainement : pharmacienne.

Après six ans d’études, Marie-Hélène a terminé son baccalauréat. Il ne lui reste plus qu’à compléter son stage clinique à l’hôpital. « C’est fini les bancs d’école pour moi », a lancé Marie-Hélène qui détient également un bac en kinésiologie.

La médaillée d’argent aux Jeux olympiques d’Athènes envisage la conciliation travail-sport avec optimisme. « Je pense que ce sera plus facile de travailler et de m’entraîner que d’étudier et m’entraîner. Mes deux dernières années d’études ont été difficiles. C’étaient les plus tough. J’ai quand même fait le choix de ne pas essayer d’être la meilleure à l’école. J’ai appris à dealer avec ça. » Elle a quand même réussi à se maintenir dans la moyenne et parfois un peu au-dessus.

Maintenant, il est difficile d’imaginer cette jeune femme active derrière un comptoir de pharmacie, non ? « Il y a tellement plus que la remise des médicaments au client, a-t-elle tenu à préciser. Entre autres, j’entends favoriser la prévention. Je n’ai pas fait un bac en kinésio pour rien. Et je pense qu’une pharmacienne en forme, qui conseille au client de bouger, c’est un petit peu plus crédible. »

Et la prescription pour Marie-Hélène, quelle est-elle ? « Prendre les années une à la fois. Tout est ouvert devant moi. Après ce que j’ai vécu en Chine, je me dis que ça serait bien de finir sur une meilleure note olympique à Londres. Mais, c’est encore deux ans… ou juste deux ans. On verra ! »

Rédaction : Caroline Larose

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