Cyclisme sur route – Saison 2010

Dominique Rollin a les Classiques dans sa mire

L’équipe Spidertech-Planet Energy veut se frotter aux meilleurs

Montréal, 2 février 2010 – Alors que les yeux sont tournés vers Vancouver à un peu plus d’une semaine du début des Jeux olympiques d’hiver, les meilleurs cyclistes québécois ont le regard porté sur la nouvelle saison qui est à la veille de prendre son envol.

Si Charles Dionne (Fly V Australia) a déjà entamé la sienne, la fin de semaine dernière, en finissant 32e au Tour de Wellington en Nouvelle-Zélande, Dominique Rollin (Cervélo Test Team) sera en action dès mercredi. Le seul Québécois à courir régulièrement dans des épreuves du Pro Tour sera au départ de l’Étoile de Bessèges, une compétition de cinq étapes disputée dans le sud de la France. Le Bouchervillois, qui amorcera sa deuxième saison au sein de l’équipe Cervélo Test Team, a déjà mis les bouchées doubles à l’entraînement, car ses courses les plus importantes auront lieu ce printemps.

Pour sa part, David Veilleux sera de retour au sein de la formation américaine Kelly Benefit. La première épreuve à son calendrier sera une course de sept étapes présentée aux Philippines à compter du 27 février. D’ici là, l’athlète de Cap-Rouge poursuivra son entraînement sur les routes de la Californie tout en suivant deux cours à l’École Polytechnique de Montréal.

Un objectif : les Classiques
L’an dernier, Rollin se serait attendu à participer à plus de Classiques, mais étant donné que les directeurs sportifs de sa formation pouvaient compter sur plusieurs spécialistes pour ce type d’épreuve, la recrue québécoise avait plutôt joué un rôle de substitut. Cela ne risque pas de se répéter en 2010 selon le principal intéressé. Déjà confirmé pour Paris-Nice et Gent-Wevelgem, l’athlète de 27 ans se dit également confiant d’avoir son dossard pour Milan-San Remo et Paris-Roubaix, si tout se déroule comme prévu.

« (L’an dernier), je prenais ça comme un apprentissage, sauf que je n’avais pas assez visé ces courses dans mes objectifs. Cette année, c’est complètement différent. J’ai une saison dans le corps, je sais que je peux finir ces courses et ma forme est déjà différente. J’ai fait mes preuves que je pouvais aider l’équipe dans les moments importants. Le printemps sera la grosse période de ma saison. »

Rollin aura comme principale tâche de seconder son coéquipier Heinrich Haussler, deuxième à Milan-San Remo et au Tour des Flandres la saison dernière. « Il sera notre homme pour les courses un peu plus montagneuses, tandis que pour Paris-Roubaix et le Tour des Flandres, ça sera Thor Hushovd. »

Mettre l’accent sur les Classiques a toutefois un prix pour Rollin et celui-ci devra faire une croix sur une présence aux grands tours nationaux d’Italie, de France et d’Espagne.

« Je ne me vois pas faire le Tour de France cette année ou l’an prochain, mais peut-être après. Au lieu de faire les grands tours, je serai au Tour de Californie en mai et aux épreuves québécoises du Pro Tour en septembre. Je course pour un commanditaire canadien et je suis le seul coureur canadien de l’équipe, alors du point de vue marketing, c’est la meilleure chose pour eux. Côté expérience, j’aurais préféré être à la Vuelta pour finir un grand tour et continuer mon évolution, mais ça va être quand même génial de courir à Montréal et Québec », indique celui qui a participé au Tour d’Espagne la saison dernière, mais qui a dû abandonner à la 13e étape.

Spidertech-Planet Energy tentera de poursuivre son erre d’aller
Martin Gilbert et ses coéquipiers avaient fait tourner bien des têtes en remportant la dernière étape du Tour du Missouri, en septembre dernier. Cette victoire, où il a devancé Thor Hushovd, meilleur sprinter du dernier Tour de France, pourrait bien servir de tremplin à sa formation qui vise à participer à un plus grand nombre de courses relevées, dont le Tour de Californie.

« Il y avait de l’inconnu l’an dernier. C’était une nouvelle équipe, personne ne nous connaissait et nous avions plus ou moins de crédibilité. Un an plus tard, nous en avons plus, et c’est sans compter un énorme potentiel de croissance. C’est très motivant! » explique Gilbert, qui admet du même souffle qu’il a fallu un certain temps avant que les choses ne se mettent en place en 2009.

« Oui, il y a les victoires, mais il y a aussi la perception que les gens ont de l’équipe. Là-dessus, nous avons marqué beaucoup de points l’an dernier et les gens savent que nous pouvons rendre la course agressive. »

Son coéquipier Keven Lacombe, qui lui a servi de poisson-pilote au Missouri, semble bien se plaire dans le travail d’équipe, d’autant plus qu’il peut lui aussi avoir la chance de se faire valoir, comme le démontre sa sixième place au très relevé Championnat international de Philadelphie en juin dernier.

« C’est Martin qui est sur le poster derrière nous (ndlr : au point de presse de l’équipe), mais c’est nous deux qui en profitons parce qu’on fait grandir l’équipe. Je compare ça au hockey : quand un joueur marque un but, ce n’est pas toujours lui qui a fait tout le travail de préparation », explique Lacombe, qui parle en toute connaissance, lui qui a déjà porté les couleurs des Voltigeurs de Drummondville dans la LHJMQ.

Les deux vétérans qui comptaient déjà les Québécois François Parisien, Éric Boily, Charly Vivès et Bruno Langlois comme coéquipiers accueilleront cette saison les recrues Guillaume Boivin, David Boily, Simon Lambert-Lemay et Stéphane Cossette. Arrivé dans l’équipe menée par Steve Bauer à la fin de la saison dernière, le champion canadien chez les moins de 23 ans, Guillaume Boivin, n’a pas hésité à poursuivre son association avec l’ex détenteur du maillot jaune au Tour de France.

« C’est comme une grande famille et nous nous entendons vraiment bien. Au Tour du Missouri, tout le monde tirait dans la même direction et tous étaient dédiés à 100% dans la cause de l’équipe. J’ai vraiment aimé cet esprit d’équipe. »

Comme le répètent les dirigeants de l’équipe, une présence dans le circuit Pro Tour est dans leur mire à moyen terme, même si plusieurs étapes importantes restent encore à franchir. En étant dans le début de la vingtaine, les jeunes coureurs de la formation savent pertinemment qu’il seront dans la fleur de l’âge si les ambitions de l’équipe se concrétisent.

« Ça serait un honneur pour nous tous et ça serait une grosse marche, croit David Boily. Ça nous encourage à nous entraîner et à peut-être, un jour, participer au Tour de France. »

« Faire les courses du Pro Tour de Montréal et Québec serait un pas de plus pour devenir une équipe de division continentale », ajoute Boivin, qui est âgé de 20 ans. « C’est cette vision qui m’attiré vers l’équipe. Maintenant, ça reste à voir si nous aurons les capacités pour nous y rendre, sauf que le timing est vraiment bon. »

Est-ce réaliste de voir Spydertech-Planet Energy dans les plus hautes sphères du cyclisme mondial à moyen terme? Oui, selon Lucas Euser, qui joint les rangs de la formation cette saison. L’Américain fait un parallèle avec son ancienne équipe, TIAA-CREF, où il a côtoyé François Parisien. Cette formation américaine de coureurs juniors a été fondée en 2003 pour ensuite se transformer rapidement et devenir l’équipe Garmin et participer au Tour de France cinq ans plus tard.

Avant d’être invitée à la plus prestigieuse des courses par étapes, la gérante de l’équipe, Josée Larocque, évalue à 85% les chances de voir son équipe inscrite au Tour de Californie, ce qui serait une autre belle occasion de se mesurer aux meilleurs. D’ici là, les coureurs se mettront en jambe dès mardi prochain dans le cadre de la Vuelta Cuba.

Rédaction : Mathieu Laberge

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Mathieu Laberge de Sportcom en entrevue avec Martin Gilbert le 27 janvier 2010
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