Coupe continentale

Christine Bisson à un cheveu de l’or

Vincent Renart crée la surprise

Montréal, le 26 janvier 2003 — Une poussée de plus et ça y était ! La Québécoise Christine Bisson est passée à un cheveu de remporter sa première Coupe continentale de ski de fond. Elle a vu l’Américaine Aelin Peterson, gagnante des deux courses précédentes, lui souffler la victoire au fil d’arrivée du 10 km classique, au parc du Mont-Orford.

Qu’à cela ne tienne, Bisson exultait au fil d’arrivée. « C’est ma meilleure course à vie », a indiqué l’athlète de Charlesbourg. « C’est ma première médaille en Coupe continentale. Et à l’arrivée, il m’en manquait si peu. C’est une course que je n’oublierai jamais, j’en ai même pleuré. »

Bisson, si elle a laissé sortir ses émotions à la fin de l’épreuve, a très bien su gérer cette course. « Dans les départs de masse, tu restes derrière quelqu’un et tu gardes ton énergie pour la fin, ce que j’ai fait. J’ai été en contrôle tout au long de la course. »

La fondeuse de 23 ans était contente de sa deuxième, mais lorsqu’un athlète passe si près de la première place c’est : « Choquant ! », a lancé Bisson dans un grand éclat de rire. « D’après moi, si j’avais fini première, j’aurais eu une chance d’aller en Europe – pour les championnats du monde seniors —. Je misais beaucoup sur les sprints mardi dernier, mais ils ont été annulés en raison du froid. Ça sera pour une prochaine fois », a-t-elle dit avec philosophie.

Gabrielle Nadeau, sixième, a elle aussi connu une solide performance. « Je suis contente. C’est un de mes meilleurs résultats en Coupe continentale », a tout d’abord relaté l’athlète du club Skibec avant d’enchaîner : « Je me suis comme endormie pendant la course. Je ne m’en suis pas rendu compte. J’étais avec de bonnes skieuses et là je me disais : ça va bien ! Mais je me suis trompée, elles n’allaient vraiment pas vite et quand je me suis réveillée, il était trop tard. »

Nadeau regrettait aussi d’avoir connu une baisse de régime lors de la première tranche de sélection pour les championnats du monde, la semaine dernière, au Mont Ste-Anne.

« La semaine passée, ça n’a vraiment pas bien été pour moi. C’est un peu décevant parce que je battais tout le temps, avant Noël, une des athlètes qui va participer aux championnats du monde des moins de 23 ans. »

Renart crée la surprise
La course masculine de 15 km s’est également décidée au sprint. Le Québécois Chris Jeffries menait au dernier virage avant d’amorcer le dernier droit. Il a été tout juste devancé par l’Américain David Chamberlain. « À 500 m de la ligne, j’étais premier, mais Chamberlain est un bon sprinteur, je savais qu’il me serait difficile de le battre au fil d’arrivée. » Les deux hommes ont offert un beau spectacle, se donnant jusqu’à la fin. Chamberlain s’est même écroulé en franchissant l’arrivée.

Jeffries, qui a déménagé à Chelsea, cette année, ne s’en faisait pas outre mesure de cette deuxième place puisque sa place au sein de l’équipe des championnats du monde seniors était déjà assurée en raison de ces deux victoires en quatre courses de sélection. « Ce seront mes premiers championnats du monde seniors », a indiqué le fondeur de 24 ans qui vise une place parmi les trente premiers.

Si Jeffries et Chamberlain se sont livré une belle lutte, c’est quand même à Vincent Renart que revient la palme de cette journée de compétition. Renart, un skieur du club hôte, a terminé au 11e rang, à six secondes de la huitième place ; un résultat qui lui permet de se tailler, à 21 ans, une place au sein de l’équipe des championnats du monde des moins de 23 ans. « Je suis un peu euphorique en ce moment », a reconnu le coureur de Sherbrooke. « Disons que ce n’était pas dans mes objectifs au début de la saison. »

C’est vraiment la course de dimanche qui a fait toute la différence pour Renart. « C’est ma meilleure course à vie », a souligné Renart, qui vivra tout un baptême à Bormio, en Italie. « C’est la première fois que je vais quitter le Canada », a-t-il dit, fébrile. « Ça va être ma première expérience, mais il n’y a plus de pression une fois que tu es sélectionné. Je vais aller là et je vais faire de mon mieux. »

La réussite de Renart s’est toutefois fait au dépend d’un de ses coéquipiers. Guillaume Joly, avec sa quatorzième place, n’ira pas en Europe. « Mes sélections ont été couci-couça », a avoué Joly, étudiant en génie chimique à l’Université Laval. « J’ai été moins vite au cours des sélections qu’en début de saison. J’étais trop fatigué, mais j’ai tout donné. Ça arrive une fois dans l’année que tu es fatigué, c’est juste dommage que ce soit arrivé aux courses importantes », a conclu l’athlète de St-Ambroise de Kildare.

Bilan positif
L’entraîneur-chef de l’équipe du Québec, Louis Bouchard, trace un bilan positif de la présente saison laquelle n’est pas encore terminée. « Sur papier, les Québécois ne se voyaient pas là où ils sont. Ce qu’on remarque, c’est que les hauts sont beaucoup plus haut que prévu, c’est encourageant. »

« À l’arrivée, tu voyais des « suits » bleus parmi les rouges. C’est beau de voir ça », s’est exclamé Bouchard, en faisant référence aux couleurs des ensembles des fondeurs québécois et canadiens.

« Je suis très satisfait de la saison jusqu’à présent, juste un peu déçu momentanément parce que certains skieurs comme Denis Vachon ou Guillaume Joly n’ont pas été sélectionnés. Les cartes ne sont pas placées aux endroits que nous avions prévus, mais c’est une saison formidable ! »

Les championnats du monde des moins de 23 ans seront disputés du 13 au 16 février à Bormio, tandis que les championnats du monde seniors seront présentés à Val di Fiemme du 18 février au 1er mars.

Rédaction : Caroline Larose


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