

Coupe du monde de ski de fond
Montréal, 26 mars 2026 – La dernière Coupe du monde de ski de fond de la saison avait une signification encore plus particulière pour la Québécoise Olivia Bouffard-Nesbitt qui a pris la décision de mettre fin à sa carrière sportive. À sa toute dernière course, l’athlète de 33 ans s’est classée 49e du 20 kilomètres, style libre, en départ groupé, dimanche dernier, à Lake Placid, dans l’État de New York.
Le résultat avait peu d’importance aux yeux de Bouffard-Nesbitt qui souhaitait seulement profiter pleinement de cette ultime sortie sur la scène internationale.
« Je n’avais vraiment pas d’attente ! Je voulais me préparer comme d’habitude et avoir une bonne course pour être fière de moi. C’était mission accomplie, tout s’est bien passé même si les conditions et le parcours étaient assez difficiles », a indiqué Olivia Bouffard-Nesbitt.
« Je voulais seulement finir sur une bonne note, pousser à fond à la fin et faire un bon sprint. Ç’a juste fait du bien, j’ai apprécié chaque moment. Le résultat n’est pas toujours un bon indicateur des efforts qu’on fait pendant une course. Mon classement n’avait rien d’exceptionnel, mais j’étais vraiment fière de moi », a-t-elle ajouté.
Les circonstances étaient parfaites pour plusieurs raisons. Comme l’événement était dans le nord des États-Unis, de nombreux partisans canadiens et québécois étaient aux abords de la piste pour encourager Bouffard-Nesbitt et ses nombreuses compatriotes.
« C’était spécial d’avoir autant de partisans du Canada sur place, on voyait les drapeaux du Québec aussi au bord de la piste. C’était aussi une belle fin de journée parce que notre coéquipière Alison Mackie a terminé la saison avec le dossard de meilleure U23, elle est la première canadienne à remporter ce titre-là. Ça me donne des frissons d’avoir fait partie de ce moment avec elle. Il y a quelques années, il y avait souvent une seule Canadienne en Coupe du monde, mais cette fin de semaine, on était neuf ! J’ai vu une belle évolution du programme féminin pendant ma carrière », s’est-elle réjouie.
Liliane Gagnon a d’ailleurs obtenu le meilleur résultat canadien du jour avec une 11e place, à 13,2 secondes de la gagnante, la Suédoise Jonna Sundling.
Une carrière « en deux temps »
Après avoir fait ses débuts en Coupe du monde durant la saison 2014-2015, Bouffard-Nesbitt a participé à quelques autres courses du circuit la saison suivante lors des arrêts au Canada. Elle a par la suite dû attendre jusqu’en 2022 afin de skier à nouveau en Coupe du monde.
Les blessures et les maladies ont marqué plusieurs années de sa carrière, mais cette détermination à revenir avec l’élite de son sport lui aura donné un second souffle.
« Il y a eu presque six ans entre mes premières Coupes du monde et le moment où je me suis vraiment établie. J’étais encore U23 à mes débuts. J’ai traversé des périodes difficiles avec les blessures, la mononucléose ou du surentraînement. Pendant ces six années-là, je me suis qualifiée pour les Championnats du monde, mais je ne me suis pas rendue à la ligne de départ à cause de mes blessures. Je croyais toujours qu’une carrière en Coupe du monde était possible. Je suis heureuse de ma persévérance », a-t-elle raconté.
« Je suis vraiment fière et contente pour Olivia. Elle a connu des moments difficiles, je me souviens de quelques années où elle n’a même pas pu faire de courses à cause des blessures. Elle a eu une super belle journée samedi, au sprint, je pense que c’est une belle façon de terminer sa carrière. Je suis chanceuse de l’avoir côtoyée pendant toutes ces années, mais je suis un peu triste de la voir partir », a indiqué Katherine Stewart-Jones.
La fondeuse de Morin-Heights a connu de bons moments lors de la plus récente campagne. Elle a notamment participé à deux rondes éliminatoires au sprint, en plus de se qualifier pour ses deuxièmes Jeux olympiques.
C’est entre autres pour cette raison qu’après les Jeux de Pékin, en 2022, lorsque plusieurs de ses coéquipières comme Cendrine Browne, Laura Leclair et Dahria Beatty ont annoncé leur retraite, Bouffard-Nesbitt sentait que son temps n’était pas encore venu et qu’elle en avait toujours à donner.
« Après les Jeux de 2022, je voyais ça comme une deuxième carrière pratiquement. C’était comme un deuxième début sur la scène internationale. Je ne pensais pas du tout à la retraite même si la plupart des filles partaient. Quand j’étais jeune et que je rêvais à une carrière en ski de fond, je rêvais exactement à ce que j’ai vécu dans les quatre dernières années. »
Bouffard-Nesbitt ne sait toujours pas ce que l’avenir lui réserve. Ayant déménagé à Canmore, en Alberta, en 2012, elle compte revenir au Québec au cours des prochains mois et retourner sur les bancs d’école. Ce qu’elle sait toutefois, c’est que le ski de fond fera toujours partie de sa vie.
« Il n’y a rien dans le ski de fond qui me poussait à quitter, a-t-elle insisté. Il y a des expériences que j’aimerais vivre qui ne sont pas toujours compatibles avec la vie d’athlète. J’ai commencé à penser à la retraite il y a deux ans pour m’habituer et pour que la transition soit plus facile. Peut-être que je vais entraîner dans le futur, mais c’est certain que je veux redonner à la communauté d’une façon ou d’une autre. »
« Le ski, c’est encore ce que j’adore le plus au monde », a-t-elle conclu.
Rédaction : Louis-Michel Lelièvre
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