Jeux olympiques

Liliane Gagnon : l’apprentissage avant le succès

Montréal, 19 décembre 2025 - L’équipe canadienne de ski de fond qui sera aux Jeux olympiques de Milan-Cortina a été officiellement nommée vendredi. Des onze athlètes retenus, trois proviennent du Québec : Katherine Stewart-Jones, Antoine Cyr et Liliane Gagnon. Cette dernière vivra ses premiers Jeux olympiques en février prochain.

Retour sur ces dernières années qui l’ont menée à obtenir le titre d’olympienne.

Travail et bonne humeur
Être sérieuse sans se prendre au sérieux. Cela pourrait être le mantra de Liliane Gagnon qui continue à faire sa place sur la scène internationale du ski de fond. Sa bonne humeur contagieuse ne porte toutefois pas ombrage à ses résultats sportifs.

La saison dernière, l’athlète originaire de Shawinigan a profité de sa dernière participation aux Championnats du monde des moins de 23 ans pour mettre la main sur deux médailles de bronze. Un an plus tôt à ces mêmes Championnats, elle était couronnée championne du monde au relais mixte avec ses coéquipiers.

Rencontrée le printemps dernier dans le cadre d’un camp préparatoire de l’équipe nationale à Mont-Tremblant, on lui demande :

- « Un mot pour qualifier ta dernière saison ? J’ai pensé à “crescendo”. Toi, tu penses à quoi ?

- (Elle rit et réfléchit ensuite). Un mot... “apprentissage” peut-être ? - Il n’y a pas eu juste de l’apprentissage quand même, il y a eu de bons résultats aussi ?

- Oui, mais je garde “succès” pour une autre saison, donc apprentissage », répond l’athlète d’un ton déterminé et fière de l’effet de sa blague qui compte tout de même un bon fond de vérité.

Le ton est donné et c’est un excellent départ pour cette entrevue qui durera une vingtaine de minutes.

Savoir être patiente
Liliane Gagnon a décroché son premier et seul top-10 individuel en Coupe du monde en janvier 2024, une neuvième place, au 20 kilomètres style libre, départ groupé, de Goms, en Suisse. Un résultat exceptionnel pour celle qui était alors âgée de seulement 21 ans, mais qui a aussi eu comme effet de brouiller ses objectifs sportifs à court et moyen terme.

« Cette course-là a été révélatrice et c’était un peu dur de voir que cette année (l’an dernier, en 2024-2025), je voulais refaire ça toutes les fins de semaine, mais ça n’arrivait pas. Je ne suis pas loin de ça, mais il y a des étapes à suivre et je ne suis pas surhumaine, alors je suis les étapes et le cheminement à faire pour me rendre là », relate la fondeuse.

Elle sait qu’elle devra être patiente avant de décrocher des résultats constants, semaine après semaine en Coupe du monde. Si elle n’y est pas encore arrivée, des indices qu’elle s’en approche pointent déjà pour celle qui a encore un bel espace de progression en expérience et en forme physique.

« Peut-être qu’au début de la saison, j’étais un peu frustrée, mais ça n’a pas d’allure et il faut que je me remette les deux pieds sur terre. Avec la rétroaction et après avoir parlé avec plein de gens à la fin de la saison, je réalise à quel point j’ai accompli de belles choses. [...] Cette année, j’ai fait des vagues de sprint à plusieurs reprises, j’ai fait des tops-15, j’ai super bien fait au sprint par équipe et j’ai fini avec deux médailles aux Championnats du monde U23. Cette constance-là, que je n’avais pas l’année dernière, est vraiment aussi un super bel accomplissement. »

Son entraîneur Louis Bouchard ajoute que l’attitude de l’athlète explique aussi ce succès précoce.

« Sa progression est vraiment, vraiment intéressante. On connaissait son potentiel, mais après, il faut prendre notre temps, car les courbes de développement sont tellement différentes d'une personne à une autre. C'est une athlète qui est extra motivée. Je n'enlève rien aux autres qui le sont aussi, mais c'est une leader et une personne qui est vraiment très, très motivée. Il y a comme une petite coche de plus chez elle. »

Nous mentionnions la blague de Gagnon en début de texte à celui qui a mené Alex Harvey à deux titres mondiaux et il confirme que l’humour de Gagnon est un atout au Centre national d’entraînement Pierre-Harvey.

« Ça paraît dans le groupe. Elle joue un certain rôle de leader et elle motive les autres. Ça fait partie de sa personnalité. Elle a beaucoup de talent, elle travaille fort et elle est toujours présente. »

Apprendre à la dure
Avant même d’obtenir son billet pour l’Italie, l’athlète qui s’entraîne à Saint-Ferréol-les-Neiges avait déjà des visées sur une épreuve précise : le sprint par équipe style libre, idéalement en compagnie de Sonjaa Schmidt, avec qui elle a brillé à la Coupe du monde de Davos, en décembre 2024.

« Nous avions fini cinquièmes à 0,4 seconde du podium, alors c’était vraiment une course exceptionnelle pour nous deux parce qu’il y a plein de choses qui peuvent arriver. Et cette journée-là, les étoiles se sont alignées. C’est 20 minutes de course, tu as l’impression que n’importe qui peut gagner et il y a tellement d’opportunités pour plein d’autres équipes, mais ça veut dire qu’il y en a pour nous aussi. C’est sûr que cette course-là fait rêver. »

Le duo a connu une moins bonne sortie en fin de saison à Lahti, en Finlande, et a tiré des leçons de sa 14e place où rien n’a fonctionné.

« Tomber, presque manquer de se donner un relais... ça n’allait vraiment pas et c’était chaotique, mais ça nous a fait beaucoup apprendre. Il faut vraiment être sharp aux sprints par équipe. On est jeunes, on a du potentiel et avec les Jeux qui arrivent si vite. Ce n’est pas rattraper le temps perdu parce que ce n’est pas du temps perdu, mais (en comparaison avec) des équipes qui sont tellement vieilles, il faut un peu trouver cette maturité-là dans le ski et surtout dans les événements d’équipe. »

La médaille olympique d’argent de Beckie Scott et Sarah Renner, en 2006, et le titre mondial d’Alex Harvey et Devon Kershaw, en 2011, à cette épreuve sont encore une source d’inspiration dans son esprit.

« Il y a une fierté et c’est la possibilité qu’on pourrait gagner. Juste cette petite possibilité-là, ça fait en sorte que, je ne sais pas, on rêve grand et c’est possible. »

Rédaction : Mathieu Laberge

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