Jeux olympiques

Harvey et Kershaw exclus de la finale au sprint par équipe

Sotchi, 19 février 2014 – Ils avaient cette journée en tête depuis quatre ans. Au jour J, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu pour les fondeurs Alex Harvey et Devon Kershaw qui ont terminé sixièmes de leur demi-finale et qui ont été exclus de la finale du sprint par équipe style classique remportée par les Finlandais Sami Jauhojaervi et Iivo Niskanen. Ennuyé par une grippe depuis les quatre derniers jours, Kershaw a reçu le feu vert du médecin pour prendre le départ de la course.

Les Russes Nikita Kriukov et Maxim Vylegzhanin ont terminé deuxièmes et les Suédois Emil Jönsson et Teodor Peterson troisièmes.

Le sort des Canadiens s’est joué dès le premier relais qui est parti sur les chapeaux de roues, notamment avec le Suisse et doublé médaillé d’or à Sotchi, Dario Cologna. Kershaw a dû trimer dur pour s’accrocher au peloton de tête et Harvey a ensuite brûlé quelques cartouches pour ramener son équipe dans le coup.

« J’ai forcé au premier tour pour nous repositionner et j’en ai payé le prix dès mon deuxième tour. C’est possible de récupérer de ça des fois, mais aujourd’hui (mercredi) je n’étais pas capable. Il faut être dans la game du début à la fin », a expliqué Harvey après la course, avant même de savoir si son équipe serait repêchée, car la deuxième demi-finale était alors en cours.

Posé en entrevue, on sentait tout de même une pointe de frustration dans sa voix. « Dans les quatre dernières années, c’est à cette journée que je pensais le plus. C’est une déception. À Vancouver, j’étais là pour apprendre, mais là, je sais quoi faire pour gagner et je n’ai pas grand-chose à apprendre des deux dernières semaines. Va falloir attendre encore quatre ans. »

Pour sa part, Kershaw savait qu’il avait tout donné sur la piste malgré son état de santé précaire. « C’était dur! J’étais très fatigué dans la grosse montée du dernier tour », a expliqué l’athlète qui a dû sortir des traces pour monter en canard. « Je suis déçu et ce n’est pas ce que je voulais. La course a été très difficile. Je n’avais pas la puissance et les conditions ont changé. Mon cœur voulait à 100%, mais le corps n’était pas là. »

Chez les entraîneurs, la déception était aussi palpable. L’équipe a préparé les athlètes au quart de tour, sauf que les éléments n’ont jamais été réunis au bon moment pour que le duo soit compétitif.

« C’est le pire sentiment que j’ai eu depuis que je suis avec l’équipe. Il y avait encore de l’espoir, mais Devon a été malade depuis le 15 kilomètres et notre remplaçant (Len Valjas) n’était pas à 100%. Les skis étaient bons et ma déception est que ça fait des années que nous préparons cette journée et que nous n’en retirons rien. Nous avions une des meilleures équipes », a expliqué l’entraîneur-chef Justin Wadsworth qui soupçonne que les problèmes de fartage survenus aux premières épreuves des Jeux sont venus gruger de l’énergie.

« C’est dur! Nous la voulions cette course. C’est difficile de pointer exactement ce qui n’a pas fonctionné et j’en prends toute la responsabilité. Mon travail n’est pas très agréable en ce moment. C’est tout ce que je peux dire. »

Entraîneur personnel d’Harvey, Louis Bouchard a parlé de « déception complète. »

Attentes trop élevées?
Les attentes étaient grandes pour le duo qui avait été sacré champion du monde à cette épreuve en style classique aux mondiaux d’Oslo en 2011 et qui avait terminé quatrième à ceux de l’an dernier. Étaient-elles trop élevées ou irréalistes?

Alex Harvey croit que non. « Nous étions dans la game depuis 2010. Des fois ça marche, d’autres fois non, et là, ça n’a pas marché. Les Jeux olympiques, ça comptait pour 90% de ma saison. Avant la course, je n’avais pas de doute et j’étais confiant. C’est la première fois de ma carrière depuis les rangs juniors que je floppe à un championnat. »

Le Québécois sera au départ du 50 kilomètres libre de dimanche, mais il ne rêve pas en couleurs quant à son résultat. « Disons que j’ai plus hâte de recommencer la saison d’entraînement de l’an prochain. »

Impact sur le prochain cycle olympique
Les entraîneurs canadiens de surf des neiges et de ski alpin qui ont mentionné que les médailles de Dominique Maltais et Jan Hudec leur assureraient un financement d’À nous le podium pour le prochain cycle olympique. Avec encore deux courses à faire et où ses chances de podium ne sont pas les meilleures, les probabilités que l’équipe canadienne de ski de fond rentre de Sotchi les mains vides sont élevées.

L’entraîneur Louis Bouchard a esquissé un sourire songeur avant de répondre si l’absence de médaille de l’équipe aurait des répercussions sur l’équipe. « Je ne sais pas. Nous avons de bons contacts qui aiment soutenir le ski de fond, alors nous devrions être corrects. »

Peu importe ce qui arrivera, il compte poursuivre son travail avec les jeunes athlètes et entraîneurs au Centre National Pierre-Harvey. « Si je ne faisais que la Coupe du monde, je serais peut-être déprimé au point de dire que je ne fais pas un autre quatre ans. Mais là, il y a du potentiel qui s’en vient et c’est le fun. »

Rédaction : Mathieu Laberge

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