Jeux olympiques

Problèmes de fartage, prise 2

Sotchi, 14 février 2014 – C’était le jour de la marmotte en cette Saint-Valentin pour l’équipe canadienne masculine de ski de fond aux Jeux olympiques de Sotchi. Comme ce fut le cas pour la portion de style classique du skiathlon de dimanche, les fondeurs ont encore connu des problèmes de fartage, cette fois au 15 kilomètres classique. Et comme dimanche, c'est le Suisse Dario Cologna qui a remporté l’or.

Considérablement ralenti par son klister dans les descentes, Alex Harvey a décidé de rentrer au vestiaire après une dizaine de kilomètres. Chez les autres Canadiens, Devon Kershaw, Ivan Babikov et Graeme Killick ont fini 35e, 39e et 65e.

Sur le podium, Cologna a été accompagné des Suédois Johan Olsson et Daniel Richardsson.

Problème de ski, pas un problème de forme
« (Alexey) Poltoranin m’a dépassé vers le 10e kilomètre et instantanément, j’ai perdu 15 secondes dans la descente », a commenté Harvey à propos du Kazakhe et spécialiste du classique qui était parti 30 secondes après lui.

Appliqué au milieu du ski lors des journées où il fait au-dessus de zéro degré et où la neige est transformée, le klister s’apparente à de la colle liquide. Son application permet de bien pousser sur le ski, sauf qu’il peut en ralentir la glisse s’il y en a trop épais.

« Après, Jespersen, le Norvégien qui fait sixième, m’a dépassé dans la petite descente avant la longue montée de 1 kilomètre. Je suis resté dans ses skis pendant toute la montée sans être dans le rouge. Et à la première petite descente, il me met 10 mètres. Quand je suis passé à côté de Justin (Ndlr : Wadsworth, l’entraîneur-chef de l’équipe nationale), je lui ai dit que ça ne servait à rien de continuer. »

Tous les morceaux doivent être en place pour qu’un fondeur monte sur le podium et l’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges sent que c’est maintenant le temps de passer à la caisse. « C’est ça le défi, sauf que nous arrivons à le faire une dizaine de fois par année en Coupe du monde. Ce n’est pas tant difficile que ça que d’y arriver, sauf que nous n’y sommes pas arrivés à nos trois premières occasions. J’ai testé mon équipement et j’avais confiance », a-t-il expliqué sans blâmer l’équipe de techniciens.

Pas de panique, mais le temps commence à presser
Pas de blâme, sauf que l’on sent dans l’équipe canadienne qu’il est temps que tout le monde travaille à son plus haut niveau. Et l’entraîneur Wadsworth en est bien conscient.

« C’est la deuxième fois que nous avons des problèmes avec les skis. À ce moment-ci, les techniciens sont de retour sur le parcours, car ils sont très frustrés de ce qui arrive. Peut-être que le problème vient de nos skis de tests. Après chaque course, nous faisons le point pour regarder tous les paramètres. »

Les techniciens devront rapidement trouver une solution, car le sprint par équipe sera disputé en style classique. « Oui, et la température ne s’annonce pas pour être plus froide. Cette épreuve a toujours été notre meilleure chance de médaille et je crois que les gars peuvent y arriver, car ils ont la forme pour une médaille. Maintenant, il ne nous manque plus que les skis. Les athlètes ont le droit d’être frustrés et ils doivent savoir qu’il n’y a personne de plus déçu que les techniciens de l’équipe », a poursuivi l’entraîneur.

Un peu à l’image des patineurs de vitesse courte piste la veille, les fondeurs devront rapidement mettre leur frustration de côté afin de se concentrer sur les compétitions à venir.

« C’est frustrant, mais il ne faut pas rester frustrés. On le dit depuis le début : notre meilleure chance demeure le sprint par équipe, croit Alex Harvey. Non seulement c’est notre meilleure chance, c’est maintenant notre seule chance. Au sprint, c’était moi qui n’étais pas assez fort, mais c’était en skate. En classique, je suis capable de grimper des montées comme ça. Il ne faut pas se laisser abattre par ça. »

« On va regarder les autres Canadiens gagner plein de médailles et on va se changer les idées », a-t-il laissé tomber avec un petit rire qui laissait entendre qu’il était prêt pour que ce soit à son tour lui aussi.

Kershaw prend du mieux
Sans être pleinement satisfait, Devon Kershaw avait retrouvé le sourire après sa contre-performance au sprint individuel où il avait terminé 56e. « Il faut tourner la page, comme au Tour de ski et aux Coupes du monde. L’équipe m’a aidé et je suis fier de m’être battu pendant 15 kilomètres. Aujourd’hui, les sensations étaient pas pires. C’est l’équipement qui était difficile. »

Si sa place n’a pas encore été confirmée pour le sprint par équipe, tout porte à croire qu’il part désormais avec une longueur d’avance sur Len Valjas.

Quant au relais 4 x 10 kilomètres, l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne croit qu’il pourrait être une nouvelle occasion de tester le fartage en classique.

Rédaction : Mathieu Laberge

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