Athlète Sportcom de la semaine

Insatiable et impatient, dans le bon sens du terme

Montréal, 8 mars 2013 – Alex Harvey a quitté Val di Fiemme avec une médaille de bronze et une quatrième place en poche, au terme des Championnats du monde de ski de fond qui ont pris fin dimanche dernier, en Italie. La médaille de bronze remportée au sprint classique est la première obtenue par un homme canadien à une épreuve individuelle aux Championnats du monde. Alex Harvey est donc choisi l’Athlète Sportcom de la semaine du 4 mars.

L’athlète de St-Ferréol-les-Neiges a amorcé les mondiaux en force en montant sur le podium dès sa première épreuve. Par contre, une dizaine de jours plus tard, c’est avec une certaine amertume que le fondeur a quitté la station italienne où il a souvent connu du succès dans le passé. Une fois la poussière retombée et l’impatience mises de côté, Alex Harvey a maintenant le recul nécessaire pour analyser ses prestations.

« Au bout du compte, c’est positif. Je me disais que si je quittais les mondiaux sans médaille, j’aurais été déçu. J’ai réussi à monter sur un podium à une épreuve individuelle et c’était super. Par contre, étant donné que c’est arrivé au premier jour des Championnats, c’est comme si j’avais l’impression que tout avait été sur une pente descendante par la suite. Si j’avais obtenu les mêmes résultats, mais que j’avais fini troisième à ma dernière journée, ç’aurait été plus satisfaisant. Mais bon, avec le recul, c’est mission accomplie… même s’il y a encore des choses à améliorer pour l’an prochain. »

L’exploit de l’athlète de 24 ans est d’autant plus remarquable qu’il n’était jamais monté sur un podium de Coupe du monde en sprint classique avant cette médaille de bronze.

L’enjeu majeur des Championnats du monde était la défense du titre mondial au sprint par équipe en compagnie de son coéquipier albertain Devon Kershaw. Le duo est passé à seulement 3 centièmes de seconde d’une médaille, à l’épreuve disputée en style libre.

Pendant la course, Kershaw a malencontreusement brisé un bâton à l’échange de relais. L’entraîneur canadien Justin Wadsworth a rapidement pu lui en donner un autre, mais il a perdu de précieuses cartouches qui auraient pu être bien utiles à son dernier relais.

« Devon est tout de même passé de la septième à la cinquième place. (Sans ce bris), il aurait pu monter de cinquième à troisième, et nous aurions été mieux positionnés vers l’avant. Quand tu détiens le titre de champion du monde, tu as l’intention de le défendre. Aux Jeux olympiques, nous avions fini quatrièmes, sauf que ça ne s’était pas décidé au photo-finish. Là, c’était crève-cœur. »

Coéquipier, ami et confident
Si la paire canadienne a été dans le coup pour une médaille, c’est notamment grâce à la belle prestation de Kershaw. Une performance qui contraste avec la saison de petite misère qu’il connaît. La promiscuité dans laquelle vivent les membres de l’équipe nationale en sol européen fait en sorte qu’Alex Harvey est là pour épauler son ami et cochambreur.

« On essaie de ne pas trop parler de ski. Je lui dis que l’an dernier il était le deuxième meilleur au monde et nous savons tous que sa place est parmi les meilleurs. Il devra faire des ajustements, mais il ne doit pas désespérer. En même temps, ce n’est pas la fin du monde. Oui, on se donne et on se dédie à l’entraînement, sauf que ça reste du sport. Il y a des choses pires que ça dans la vie. On ne parle pas de la mort d’un enfant. »

La recette gagnante
Désormais double médaillé aux Championnats du monde, Alex Harvey a beau avoir une génétique exceptionnelle, gracieuseté de son père olympien Pierre Harvey et de sa mère Mireille Belzile, ces précieux atouts ne font pas automatiquement de lui un champion. Même si la très grande majorité des athlètes de haut niveau sont rigoureux à l’entraînement, ce sont de petites choses qui peuvent faire une différence en bout de ligne, comme l’explique l’entraîneur Louis Bouchard.

« Alex est un athlète facile à entraîner, car il a une passion du sport, mais il a aussi développé un professionnalisme exemplaire. Il ne laisse pas de côté les détails, que ce soit son alimentation ou ses méthodes de récupération entre les courses. Non seulement ça rend mon travail plus facile, mais ça me permet aussi d’en faire un exemple pour les autres. Sa concentration est au maximum et lorsque vient le temps de ses courses les plus importantes, il est capable de réunir toutes ses qualités physiques et mentales. »

Le principal intéressé acquiesce les propos de celui qui l’entraîne depuis maintenant sept ans.

« Je suis chanceux là-dessus et c’est une de mes forces. Même quand j’étais junior, je connaissais toujours mes meilleures courses aux Championnats du monde. Je travaille avec Louis depuis sept ans et nous connaissons la recette qui m’aide à atteindre mon pic au moment voulu. Au sujet du stress et de la pression, j’ai toujours été capable d’utiliser ça à mon avantage pour élever mes performances. C’est une de mes bonnes qualités. »

Le grand rendez-vous de la saison étant désormais chose du passé, Alex Harvey n’a pas encore la tête aux vacances, même si les premiers signes du printemps se font de plus en plus nombreux. Le plaisir de skier sera encore plus grand, car les prochains arrêts du circuit de la Coupe du monde auront lieu en Norvège et en Suède, où les meilleurs au monde pourront skier devant des foules passionnées de ski de fond.

Rédaction : Mathieu Laberge

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