Athlète de la semaine

« Un peu comme un rêve » - Alex Harvey

Montréal, 10 mars 2011 – Le ski de fond est pratiqué par plusieurs milliers de personnes dans la province, sans toutefois être un sport bien connu du grand public. L’athlète Sportcom de la semaine du 7 mars pourrait changer la donne, Alex Harvey ayant mis la main sur rien de moins qu’un titre mondial.

Si les Québécois se souviennent des exploits de Pierre Harvey, assurément l’un des plus grands athlètes de son époque, c’est maintenant son fils qui fait parler de lui. Déjà, à 22 ans, Alex se retrouve parmi les meilleurs fondeurs de la planète, comme il l’a prouvé aux mondiaux d’Oslo en remportant la médaille d’or du sprint par équipe style classique le 2 mars dernier.

C’est devant une foule norvégienne médusée que le résidant de Saint-Ferréol-les-Neiges et son coéquipier Devon Kershaw ont été sacrés champions du monde. À quelques mètres de l’arrivée, Alex a en effet offert un ultime effort afin de devancer les favoris de la foule et principaux prétendants.

Bien qu’espéré, ce couronnement a surpris le Québécois. « Je savais qu’une victoire était une possibilité, mais mon objectif aux mondiaux restait un podium. De gagner, c’était un peu comme un rêve. »

Alex s’est également démarqué au 50 kilomètres style libre quatre jours plus tard, obtenant une bien belle cinquième place. « J’étais vraiment dans le coup à chaque épreuve. À mes deux premières courses, j’ai eu des malchances, mais j’ai quand même obtenu de bons résultats », rappelle-t-il.

Au sprint style libre, il a été éliminé en demi-finale après qu’un contact avec un adversaire l’ait ralenti et il s’est finalement classé 7e. À la poursuite de 30 kilomètres, alors qu’il était en tête avec deux tours à faire, il a été ennuyé par des crampes aux aines et a terminé 12e.

Sans se tromper, on peut affirmer qu’Alex a confirmé sa place parmi l’élite de son sport ces derniers mois, lui qui a également récolté l’or de la poursuite de 30 kilomètres aux Championnats du monde des moins de 23 ans le 31 janvier et s’est emparé de l’argent du sprint style libre à la Coupe du monde de Drammen le 20 février.

Les Jeux de Vancouver, un déclic
Les Jeux olympiques de Vancouver ont été un point tournant pour plusieurs fondeurs du pays, dont Alex. Sa neuvième place à la poursuite de 30 kilomètres et, surtout, son quatrième rang au sprint par équipe style libre en compagnie de Kershaw ont provoqué un certain déclic.

« À Vancouver, nous avons flirté avec le podium. Nous n’avons pas réussi à y monter, mais ça nous a mis en confiance. De constater que, au moment où tout le monde est à son meilleur, nous sommes capables de rivaliser avec les plus forts, ça nous a vraiment encouragés. »

Cette saison, le protégé de l’entraîneur Louis Bouchard s’est par ailleurs presque toujours classé parmi les 30 premiers et très souvent parmi les 15 premiers. Selon le principal intéressé, ses bonnes prestations sont le fruit d’une plus grande maturité physique, ce qui lui permet d’être beaucoup plus constant.

Même s’il sait qu’il n’est pas encore physiquement capable de se battre pour la victoire à chaque sortie, il est confiant d’y parvenir ces prochaines années, lorsqu’il pourra gérer une charge d’entraînement encore plus astreignante et que sa capacité de récupération sera plus rapide.

Installé au 10e échelon du classement général de la Coupe du monde avant les deux dernières étapes, Alex aspire à encore mieux en 2011-2012. « Le plus gros événement sera le Tour de ski et je veux être au meilleur de ma forme à ce moment, mais je veux aussi être encore plus constant toute la saison. »

Harwey, Harwey, Harwey !
« C’est sûr que j’ai beaucoup plus de demandes média, mais nous gérons bien ça », répond Alex en riant quand on lui parle de sa nouvelle célébrité. « Je n’ai pas trop de problème avec ça, mais j’imagine que ça serait peut-être différent si je m’appelais Northug », ajoute-t-il en faisant référence au fondeur norvégien Petter Northug, une vedette dans son pays.

Les Norvégiens ont par ailleurs été fidèles à leur réputation de passionnés de ski de fond aux mondiaux. « Même les jours où il n’y avait pas de compétition, les gens venaient nous encourager à l’entraînement. Je signais des autographes et je prenais des photos sur le bord des pistes », explique le Québécois.

Seul bémol, la prononciation de son nom de famille par ses nouveaux partisans. « Ça sonnait plus Harwey que Harvey », rigole le nouveau champion du monde, aucunement contrarié.

Déjà, l’enfant chéri de Saint-Ferréol-les-Neiges constate les retombées de son triomphe. « À l’aéroport, l’agent de bord m’a jasé et félicité », blague celui qui s’est toutefois fait rassurant. « Il n’y a pas de foule qui me court après encore. »

Et les attentes, sent-il qu’elles sont déjà plus grandes ? « Les attentes, c’est moi qui me les fixe. Les gens vont peut-être en avoir plus, mais ça ne m’affectera pas », affirme calmement Alex, qui aborde le reste de la saison avec enthousiasme.

« Je me sens bien malgré mes efforts des Championnats du monde. J’ai encore le goût de la compétition, j’ai hâte aux prochaines courses. »

Sans aucun doute, Alex a pris goût... à la victoire !

Rédaction : Éric Gaudette-Brodeur

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