Athlète de la semaine

Prêt à souffrir, prêt à gagner !

Montréal, 11 janvier 2011 – Les fondeurs canadiens Alex Harvey et Devon Kershaw ont été les révélations du Tour de ski qui a pris fin dimanche, en Italie. Au terme des huit étapes, Harvey et son compatriote ontarien, vainqueur de la cinquième étape, ont été des acteurs de premier plan à cette compétition remportée par le Suisse Dario Cologna. Terminant dixième au classement général, en plus de finir quatre fois dans le top-10 - dont deux fois cinquième – Harvey reçoit le titre de l’Athlète Sportcom de la semaine du 10 janvier.

L’athlète de Saint-Ferréol-les-neiges a vécu son baptême au Tour de ski la saison dernière. Cette année, il savait donc ce qui l’attendait, mais aussi comment se préparer adéquatement. Il a d’ailleurs fait l’impasse sur la Coupe du monde d’Oberhof, au début décembre, afin de parfaire son entraînement.

« J’ai pu m’entraîner pendant trois semaines à Davos avant le Tour et cela va continuer à rapporter pour le reste de la saison », a soutenu Harvey à son retour au Québec.

Comme il l’explique, cette préparation spécifique a non seulement été bonne physiquement, mais aussi mentalement. « Au Tour, tu souffres à tous les jours et, après quatre ou cinq jours, tu peux avoir tendance à lever le pied. Pour ma part, j’étais encore frais mentalement et j’étais prêt à souffrir. Mon séjour en Suisse a donc été gagnant à tous les points de vue. »

Des acteurs, pas des spectateurs
Les fondeurs canadiens croyaient en leurs chances et c’est aussi maintenant le cas du public et des journalistes européens. Si Harvey et Kershaw ont brillé sur les pistes, Yves Bilodeau et son équipe de farteurs ont eux aussi eu leur mot à dire dans leurs succès.

« L’équipe de fartage de la Norvège se demandait même si nos farteurs utilisaient un fer différent tellement nous avions de bons skis, a précisé Harvey. Nous avons ouvert les yeux de bien des gens, mais je pense aussi que nous avons confirmé les résultats que nous avions obtenus aux Jeux de Vancouver. Les gens nous avaient déjà vus flirter avec le podium, mais ils ont été surpris de voir que nous avons été constants tous les jours. »

Les porte-couleurs de l’unifolié ne se sont pas contentés de suivre la parade : ils en faisaient partie en se retrouvant souvent devant. À la sixième étape, un 35 kilomètres style libre, le Québécois de 22 ans a fait le gros du travail dans le premier peloton avec le Norvégien Petter Northug, double champion olympique et quadruple médaillé aux Jeux de Vancouver.

« J’étais content, car Northug a souvent l’habitude de suivre le peloton. Ce jour-là, il avait intérêt à pousser afin d’aller chercher du temps sur les meneurs. Au 20 kilomètres classique (septième étape), j’ai fais un tour complet en tête pour essayer de durcir la course et Devon avait fait la même chose un tour plus tôt. Nous étions actifs et nous avons essayé de provoquer des choses. »

Un intérêt grandissant pour les courses à étapes
Harvey a pris goût aux courses par étapes, lui qui avait terminé 22e au Tour de l’an dernier. « Nous avions une super bonne organisation et je me sentais bien à tous les jours. Je suis assez polyvalent, tant en classique qu’en patin, et ce tant en sprint qu’en longue distance. Je suis aussi capable de bien récupérer entre les étapes. »

Le parallèle entre le Tour de ski et les courses par étapes en cyclisme sur route ne se fait pas seulement dans le format de compétition. Il se fait aussi du côté de la stratégie de course et tout ce qui entoure l’épreuve selon lui.

« Pendant les courses, le travail d’équipe est fait pour aider le leader à revenir sur la tête ou bien dans les sprints intermédiaires. C’est ce qu’ont fait les Norvégiens, qui ont épaulé Northug à l’avant-dernière étape. Ceci étant, nous devons quand même bien nous positionner. »

L’équipe canadienne a aussi beaucoup fait jaser d’elle en étant la seule formation nationale à disposer d’un autobus tout équipé.

« Être au chaud et au sec après les courses ou bien se faire masser au lieu d’être assis dans une fourgonnette, ce sont de petits détails qui, en bout de ligne, peuvent nous rendre meilleurs de 1% ou 2%. Je ne sais pas pourquoi personne n’y avait pensé avant. Chose certaine, plusieurs pays auront un autobus semblable l’an prochain. Les Norvégiens et les Suédois ont des semi-remorques où peuvent travailler leurs équipes de farteurs, sauf que ce n’est rien de comparable à ce que nous avions. »

Harvey sait qu’il a les qualités nécessaires pour terminer encore plus haut au classement général. Il lui reste encore beaucoup de temps devant lui pour devenir un meilleur grimpeur et ainsi être le premier à atteindre le sommet de l’Alpe Cermis de Val di Fiemme, où est couronné le vainqueur du Tour depuis maintenant cinq ans. Cette ascension finale de 2,5 kilomètres, où certains passages sont à près de 25% d’inclinaison, peut être particulièrement éreintante après sept jours de course.

« J’ai déjà quelques idées de ce que je pourrais faire à l’entraînement cet été. Si je compare ma montée de cette année à celle de l’an dernier, c’est déjà beaucoup mieux. J’ai plus d’endurance et en vieillissant, je vais continuer à m’améliorer », croit Harvey.

Si vous voyez quelqu’un gravir le mont Sainte-Anne à toute vitesse l’été prochain, vous saurez probablement qui ce sera…

Rédaction : Mathieu Laberge

TOUTES les nouvelles de ski de fond de Sportcom
2011, 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003, 2002


page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive