Portrait de Québécois - Jeux olympiques

Guido Visser, le plus québécois des Brésiliens

Vancouver, 24 février février 2010 – S’il y a certaines personnes qui trouvent qu’il manque de français aux Jeux olympiques de Vancouver, elles seront heureuses d’apprendre que l’on parle la langue de Molière du côté de l’équipe brésilienne de ski de fond. Menée par le Québécois et ancien Olympien Guido Visser, l’équipe compte parmi ses rangs la plus francophile des Brésiliennes, Jacqueline Mourao, l’épouse de l’entraîneur.

Lorsque le couple s’est rencontré, Mourao participait régulièrement aux épreuves de cross country de la Coupe du monde de vélo de montagne. Visser l’a rapidement convaincue d’essayer le ski de fond comme complément d’entraînement. Il n’a pas fallu de temps au Québécois pour découvrir que sa copine avait un talent pour ce sport et l’idée d’une participation aux Jeux olympiques d’hiver a rapidement germé pour se concrétiser aux Jeux de Turin.

Il y a quatre ans, l’objectif de Mourao était simplement de ne pas finir au dernier rang, ce qui fut atteint. Cette fois, à Vancouver, elle a terminé 67e au 10 km libre sur 78 participantes.

« Sa course a super bien été. C’est une belle amélioration, car à Turin, elle avait terminé à huit minutes des meilleures, tandis qu’à Vancouver, elle a retranché trois autres minutes », explique Visser avec fierté.

Visser aurait bien aimé être à Vancouver comme athlète, mais il a dû renoncer à son plan. « Ils (les responsables du Comité olympique brésilien) n’acceptent pas des athlètes qui ont déjà représenté un autre pays aux Jeux olympiques. Je l’ai su seulement cet été lorsque j’ai eu ma citoyenneté brésilienne. J’aurais aimé représenter le Brésil et cela aurait pu nous aider à financer nos déplacements en compétition. »

Si la présence de sa conjointe en vélo de montagne aux Jeux de Londres est peu probable, Visser souligne que le prochain objectif demeure les Championnats du monde de ski de fond en 2011.

« Elle veut participer aux mondiaux de l’an prochain qui auront lieu en Norvège, ce qui serait quelque chose d’unique. En fait, ça serait l’équivalent de jouer au soccer au Brésil ! »

Bien des changements en 12 ans
Visser, qui a porté les couleurs du Canada à Nagano, en 1998, constate aujourd’hui des différences majeures entre l’équipe olympique canadienne de 1998 et celle de 2010.

« Les athlètes sont beaucoup mieux préparés, que ce soit en psychologie du sport ou bien par des programmes d’analyse de la performance comme en biomécanique, par exemple. Et on voit les résultats : à Nagano, nous ne savions pas trop quoi faire et c’est comme si nous tirions un peu partout. Côté fartage, nous étions très désavantagés en comparaison avec la Norvège. »

« Aujourd’hui, il y a 8 techniciens pour le Canada et même si la Norvège en compte 22, ceux de l’équipe nationale connaissent très bien la neige. Nous, au Brésil, on ne connaît pas ça la neige », lance-t-il, pince-sans-rire. « Yves Bilodeau (un farteur de l’équipe canadienne) est très confiant et il pense que dans des conditions près de 0, les skis des Canadiens seront encore plus supérieurs à ceux des autres ».


Jaqueline Mourao, Alex Harvey et Guido Visser
photo : wwwjaquemtb.com

Un témoin privilégié de la progression d’Alex Harvey
Analyste à temps partiel pour la télédiffusion des Jeux à RDS et V, Guido Visser a eu l’occasion de voir Alex Harvey progresser depuis plusieurs années, car ils sont tous les deux concitoyens à Saint-Ferréol-les-Neiges. Visser ne s’en cache pas : il est ébahi par le talent du jeune fondeur.

« C’est incroyable qu’il soit rendu à ce niveau ! D’un autre côté, son évolution s’est faite de façon progressive, car à l’âge de 15 ou 16 ans, il dominait au Québec, mais il avait encore de la difficulté à battre les meilleurs de son âge au Canada. À sa deuxième année chez les juniors B, il a participé au 50 km libre des Championnats américains et il a réussi à talonner Kris Freeman pendant presque toute la course pour finir à 30 secondes de lui. Freeman a fait plusieurs top-5 aux Championnats du monde et en Coupe du monde, donc ce n’était pas n’importe qui. »

Au-delà des qualités physiques d’Alex Harvey, c’est aussi sa façon de gérer le stress qui épate Visser.

« Alex atteint son niveau de stress optimal dans des compétitions de très haut niveau et c’est incroyable comment il peut gérer tout ça. Il n’est pas impressionné de skier à côté de Petter Northug aux Jeux olympiques. »

On verra la suite cet après-midi au relais masculin et dimanche, au 50 km classique.

Rédaction : Mathieu Laberge

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