
Athlète Sportcom de la semaine
Montréal, 19 mars 2009 – En terminant en deuxième place au 5000 m des Championnats du monde de patinage de vitesse longue piste par distance individuelle, samedi, à l’Anneau olympique de Richmond (C.-B.), Clara Hughes est sélectionnée Athlète Sportcom de la semaine du 16 mars.
Pour mettre la main sur ce titre de vice-championne du monde, la patineuse de 36 ans a dû trimer dur. En effet, les derniers mois ont été difficiles pour elle et rien ne laissait présager, du moins sur papier, que la patineuse de Glen Sutton connaîtrait sa meilleure course depuis les Jeux de Turin, où elle avait été sacrée championne olympique au 5000 m.
« Tout était contre moi cette année et j’ai quand même réussi à mettre les morceaux en place au jour J, explique-t-elle. Tout le travail que j’ai fait a finalement payé et c’est un bel apprentissage en tant qu’être humain. Ça me fait grandir et j’apprends à devenir une meilleure personne. Je suis avant tout une athlète parce que j’aime le challenge. »
S’il y a un terme qui revient constamment au cours de l’entretien avec cette grande athlète, c’est bien celui de l’être humain, car Clara Hughes voit avant tout le sport comme un moyen d’apprentissage et de dépassement.
Samedi dernier, après un effort de 7 minutes, la Québécoise n’était qu’à 2,70 secondes de la gagnante, la Tchèque Martina Sablikova. Selon Hughes, terminer derrière celle qui a défendu son titre de championne du monde et qui domine les épreuves d’endurance depuis les deux dernières années, n’a pas fait d’ombre sur sa propre performance, car elle patine avant tout pour elle-même et non contre les autres.
« Je n’ai jamais voulu me comparer aux autres athlètes et c’est surtout ma performance qui me satisfait. J’aurais pu terminer cinquième et j’aurais été aussi contente, sauf que c’est quand même fantastique de monter sur le podium. Ce que je retiens, c’est la façon dont j’ai patiné. Je sais que je peux aller encore plus vite et c’est très motivant pour la suite des choses », d’indiquer celle qui est gênée qu’on l’appelle Docteure Hughes depuis elle a reçu un doctorat honorifique de l’Université du Manitoba en 2006.
Le doute
Malgré une expérience de près de 20 ans dans le sport de haut niveau, Clara Hughes a eu ses moments de doute au cours de la dernière saison. Afin de retrouver ses bonnes sensations, elle a passé plusieurs heures avec son entraîneure Xiuli Wang à décortiquer sa technique de patinage qui n’était pas à point. Environ deux semaines avant les Championnats du monde, elle a même rechaussé sa veille paire de patins, espérant que cela puisse l’aider.
« J’étais en très bonne forme pendant la saison et j’avais une bonne attitude, alors c’était frustrant de voir que la technique n’était pas au rendez-vous. Et je ne savais pas si elle allait un jour revenir. »
Sa crainte était telle qu’elle évoque le cas de l’ancienne patineuse de vitesse courte piste Amélie Goulet-Nadon. Alors qu’elle était au sommet de sa carrière, Goulet-Nadon a vu un de ses patrons moteurs se dérégler du jour au lendemain et être incapable de bien coordonner ses gestes pour patiner normalement. À cause de cette situation, la médaillée de bronze au relais des Jeux de Salt Lake City a dû mettre fin prématurément à sa carrière sportive.
Les craintes de Hughes ne se sont toutefois pas réalisées et comme le font souvent les grands champions sportifs lorsqu’ils sont confrontés à l’adversité, ils ressortent le meilleur d’eux-mêmes au moment où ça compte le plus.
« J’ai toujours cru que j’avais cette course en moi et j’ai eu la preuve qu’il ne faut jamais abandonner parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver. »
Le sport, un fil conducteur
Clara Hughes pourrait décider d’accrocher ses patins, elle qui a un palmarès est déjà bien garni : cinq médailles olympiques (trois en patinage de vitesse et deux en cyclisme sur route), cinq médailles aux Championnats du monde sur 5000 m (dont l’or en 2004), sans compter les podiums en Coupe du monde.
La retraite, elle y pense, mais pas avant les Jeux olympiques de Vancouver où son objectif sera de connaître la course de sa vie, le 24 février prochain. Ensuite, que fera-t-elle le jour où elle pensera qu’elle ne pourra plus aller plus vite ?
« Je vais probablement arrêter », lance-t-elle dans un grand éclat de rire. « J’ai eu des courses dans ma carrière, où je savais que je ne pouvais pas aller plus vite. C’est ce qui me motive pour les onze prochains mois : je veux connaître une course parfaite et être la meilleure personne possible aux Jeux olympiques. Pour le reste, je ne pense pas vraiment à ce que j’ai accompli, mais bien à ce que je veux réussir. »
Chose certaine, sa vie après la compétition sera toujours en lien avec le sport.
« Rien ne sera jamais comme le sport et je suis contente de la chance que j’aie de faire ça. Après ma carrière, on verra. J’aimerais faire beaucoup de voyages, que ce soit en cyclotourisme, en randonnée pédestre et même en kayak de mer, une activité que mon mari Peter pratique depuis peu. Malheureusement, je n’ai pas eu la chance d’en faire, car je ne peux pas rentrer dans le bateau parce mes cuisse sont trop grosses à cause de l’entraînement! » explique celle qui a la bonne humeur contagieuse.
Hughes compte également poursuivre son travail avec l’organisation Right to Play et elle se fera un devoir de partager ses expériences avec les plus jeunes, qu’ils soient athlètes ou non.
« La passion du sport, d’avoir des rêves, des buts, ça me procure une grande satisfaction de partager tout cela avec les gens. »
Rédaction : Mathieu Laberge
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