
Coupe du monde d’Oberhof
Montréal, 6 janvier 2007 – Le biathlonien québécois François Leboeuf a offert toute une performance à sa deuxième Coupe du monde en carrière seulement en se qualifiant pour la poursuite d’Oberhof, en Allemagne, grâce à sa 58e place obtenue au sprint de 10 km, samedi.
Au seul autre sprint de Coupe du monde de sa carrière, en mars 2006, l’athlète originaire de Val-Bélair avait décroché le 84e échelon à Pokljuka, en Slovénie. Rappelons qu’il était également membre de l’équipe canadienne qui a conclu le relais 4x7,5 km au 14e échelon, jeudi, à Oberhof.
« C’est comme si j’avais brûlé les étapes, ont été les premiers commentaires de Leboeuf, enthousiaste. Je ne m’attendais pas à ça du tout, surtout que je n’ai pas tiré super bien. J’ai été surpris à la fin de voir que j’étais 58e. C’est au-delà de mes attentes. J’ai eu une super bonne journée. »
« Je me suis vraiment amélioré en ski comparativement à l’an dernier, a-t-il poursuivi, agréablement surpris d’avoir progressé autant. Je savais que je m’étais amélioré, mais... J’ai hâte de voir la suite des choses parce que, à chaque course cette année, je vais de plus en plus vite. »
Le Québécois est d’autant plus heureux qu’il estime que l’aspect ski est toujours celui qui fait le plus défaut aux Canadiens quand vient le temps de se mesurer aux Européens. « Le ski, ça prend des années à construire, pour avoir une base et une bonne endurance. »
Le Russe Nikolay Kruglov l’a emporté en 28 minutes et 38,4 secondes, ne manquant qu’une seule cible. L’Allemand Michael Greis a lui aussi reçu qu’une pénalité, mais il a conclu à 3,5 secondes de Kruglov. Malgré deux tirs ratés, l’Italien Rene Laurent Vuillermoz a fini à seulement 1 dixième de Greis.
Robin Clegg, d’Ottawa, a été le meilleur Canadien, se classant 53e malgré quatre pénalités, alors que David Leoni, de Camrose en Alberta, a pris le 63e rang après avoir manqué deux cibles.
Leboeuf devait terminer parmi les 60 meilleurs, sur les 113 participants présents au sprint, pour mettre la main sur un laissez-passer en prévision de la poursuite de dimanche matin. C’est au dernier tour de l’épreuve seulement qu’il a pris conscience que ses chances étaient bonnes.
« Je me sentais bien sur mes skis. Mais tout le monde va vite en Coupe du monde. C’est donc difficile de savoir où tu te situes, a expliqué le membre du club Courcelette. Je dépassais des adversaires et je savais que ça allait bien. Mais c’est quand je suis arrivé à mon dernier tour qu’on m’a dit que je me battais pour faire la poursuite. J’ai alors donné tout ce que j’avais jusqu’à la fin. »
L’athlète de 21 ans, qui estime s’être amélioré plus vite que ce à quoi il s’attendait, a complété l’épreuve de 10 kilomètres de la course à 2 minutes et 45,5 secondes du vainqueur, après avoir raté trois tirs.
Dimanche, Leboeuf pourra donc profiter pleinement de l’ambiance survoltée qui anime le site d’Oberhof. « Il y a du monde partout ici. Ça crie fort et c’est le gros party. Les gens prennent des photos et veulent des autographes. Il y a même des filles qui me demandent mon autographe. »
Un large sourire dans la voix, le principal intéressé ne semblait pas s’en plaindre...
Rédaction : Éric Gaudette-Brodeur