Jeux olympiques


Jules Burnotte
photo : Sportcom

Les « nouveaux Jeux » de Jules Burnotte

Livigno, 19 février 2026 – Olympien des Jeux de Pékin il y a quatre ans, l’ex-biathlète Jules Burnotte s’est retiré de la compétition au terme de la saison 2022. Le voilà toutefois de retour aux JO de Milan-Cortina dans un tout nouveau rôle, où il a troqué la carabine et les skis… pour le micro.

Depuis les débuts des activités en biathlon à ces Jeux, on peut l’entendre sur les ondes de CBC, de même que sur plusieurs chaînes européennes qui achètent les droits de diffusion du Olympic broadcasting services (OBS), organisme officiel responsable de produire les images et le signal international des Jeux olympiques.

« C’est vraiment cool! C’est à la fois similaire et complètement différent comme expérience. On vit l’intensité pendant la compétition et après, on retourne faire un debrief et relaxer pour la prochaine journée », explique Burnotte après une journée bien remplie.

« C’est un peu la même structure que lorsque j’étais athlète », renchérit celui qui apprécie les nombreuses similitudes entre ses nouvelles fonctions et celles qu’il a vécues aux Jeux olympiques de Pékin, en 2022.

« En course, c’était un départ au fusil. Là, c’est le générique des Jeux olympiques. Il y a un genre de build-up d’intensité avant chaque compétition et c’est un peu comme quand j’étais athlète, c’est vraiment cool! »

De prime abord, son rôle consiste à transmettre aux téléspectateurs son expérience d’athlète olympique afin de leur faire vivre l’expérience la plus authentique possible. Une tâche qu’il affectionne particulièrement et dont il était certain d’avoir les compétences requises pour réaliser.

« Moi, je dois dire ce qui se passe pour ceux qui n’ont jamais vécu les Jeux de l’intérieur. Je dois les mettre en situation et leur expliquer comment ça se passe. Je dois mettre le côté athlète de l’avant le plus possible pour que les gens comprennent bien ce qui se passe. »

En d’autres mots, il est un peu le Marc Denis du biathlon pendant les Jeux de Milan-Cortina. « Je n’ai pas la référence, mais j’imagine que c’est ça », lance-t-il en riant lorsque questionné sur la comparaison.

« Alain Goldberg, genre? », poursuit l’étudiant en éducation physique de l’Université de Sherbrooke.

Ça passe, on a trouvé un terrain commun.

« Moi, c’est vraiment le côté spécialiste du biathlon. J’ai vécu les Jeux olympiques et je connais encore personnellement beaucoup d’athlètes, alors ça me donne un certain avantage. »

Un intérêt de longue date
Il y a longtemps déjà que Jules Burnotte souhaitait profiter de son expérience d’athlète international pour la partager au grand écran ou ailleurs. Tellement, qu’il a amorcé les démarches au printemps dernier, dans l’espoir de décrocher un poste en vue du grand rendez-vous hivernal.

Après des tirs à blanc au Québec, un courriel retrouvé dans sa boîte d’indésirables est venu tout changer.

« C’est finalement arrivé un peu par hasard, raconte-t-il. J’ai trouvé le courriel la veille de la date limite en faisant du ménage. Je faisais un travail d’université avec des amis, alors on a fait une démo rapide, je l’ai envoyée et j’ai été retenu pour les entrevues. »

Au final, le processus s’est avéré long et ardu. Il aura fallu plusieurs entretiens, dont quelques-uns à Londres, avant de gagner son poste au début de l’été.

« En juin, on m’a confirmé que j’avais la gig et on m’a envoyé mon horaire. J’étais vraiment content! »

Huit mois plus tard, il est basé à Milan pour l’entièreté des JO, même si les compétitions ont lieu à plus de 4 heures 30 minutes de route, à Antholz-Anterselva. Une expérience certes différente que celle de se retrouver en plein cœur du village olympique, mais qui ne déplaît pas à Burnotte pour autant.

« C’est la première fois que je suis là. Les autres aiment bien être sur place pour mieux transmettre l’histoire. Par contre, pour moi, ça me permet de côtoyer ceux qui sont là depuis des années et de prendre des trucs. C’est non négligeable, ça me permet d’être en contact avec eux tous les jours », explique-t-il.

Chose certaine, Jules Burnotte apprécie chaque instant de ses « nouveaux Jeux ». Et dans quatre ans? « Absolument! Si l’occasion se représente, j’aimerais ça, mais aussi n’importe quand d’ici là », mentionne le Sherbrookois sans hésitation.

« Ça me permet de mettre en valeur ce que j’ai vécu, de rester en contact avec le monde du sport d’une manière que j’aime bien. Je pense que c’est apprécié de la manière dont je le fais. Je vis très bien ça, il y a une belle ambiance et on sent qu’on met bien en lumière ce qui se passe. J’aime ça faire partie de cette équipe, de faire vivre l’effervescence olympique. Ç’a une grande valeur pour moi », conclut-il.

Rédaction : Mathieu Fontaine

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