Coupe du monde de biathlon

Jules Burnotte brûle les étapes

Montréal, 8 janvier 2019 – Le biathlète Jules Burnotte n’a pas l’habitude de passer inaperçu par sa grande taille (6 pieds 5 pouces) et son immense tignasse frisée. Quelques jours avant Noël, c’est toutefois par ses performances sportives qu’il s’est démarqué alors qu’il a obtenu deux résultats parmi les 35 meilleurs à ses premières compétitions individuelles en Coupe du monde. Le Sherbrookois a décroché des 33e et 35e places aux épreuves de sprint et de poursuite de l’étape de Nove Mesto, en République tchèque.

Celui qui faisait alors ses classes en Coupe IBU, le circuit préparatoire de la Coupe du monde, a été appelé en renfort par l’équipe canadienne quelques jours plus tôt, en Autriche.

« Mon plan cette année était de participer à au moins une Coupe du monde et de connaître une saison constante en Coupe IBU. Il y a eu un gars de malade pour le relais à Hochfilzen et j’ai appris la veille que je le remplaçais. »

L’athlète souligne qu’il s’est senti prêt et à sa place, même s’il concède avoir été impressionné par tout ce qui entoure une étape de Coupe du monde.

« Des fois, on fait des courses où il y a plus de bénévoles que d’athlètes et là, il y avait 35 000 spectateurs et la course était en direct à la télévision. J’ai regardé les Jeux olympiques l’an dernier et c’était les mêmes noms. J’ai vu à quel point ils étaient vites! »

Au sprint, il a flirté avec les 20 premiers avant de glisser d’une dizaine de places. « Ma gestion de course a été un peu tout croche, car j’étais bien excité et j’étais mort au dernier tour. »

Le triple olympien Jean-Philippe Le Guellec, aujourd’hui directeur haute performance et entraîneur-chef à la Fédération québécoise de biathlon, ne cache pas son enthousiasme devant les prestations réalisées par l’athlète de 23 ans.

« On savait qu’il y avait un trou après moi lorsque j’ai pris ma retraite en 2014. C’était une question de temps avant que Jules ne perce sur la scène internationale. C’est tout à son honneur! »

La mononucléose : un avertissement salutaire
Jules Burnotte pratique le sport de compétition de façon intense depuis l’adolescence, enchaînant les saisons de biathlon, d’athlétisme et de cross-country, tout en étudiant et en travaillant à temps partiel. Après sa saison de biathlon au printemps 2017, l’étudiant-athlète en enseignement de l’éducation physique et à la santé à l’Université de Sherbrooke a passé ses examens, fait un stage en milieu scolaire et amorcé son emploi d’été. Son corps l’a lâché lorsqu’il a contracté une mononucléose.

« C’était juste trop pour moi et j’ai claqué. J’ai passé deux semaines au lit à dormir. C’était un gros avertissement et il fallait que je fasse attention pour avoir un environnement favorable à ma réussite. »

Son entraîneuse, Sandrine Charron, et Jean-Philippe Le Guellec notent tous les deux la même leçon de cet épisode : Burnotte a gagné en discipline. Le principal intéressé avoue être un peu étonné de cette réponse.

« J’ai fait bien attention et j’ai maintenant plus de temps pour faire les choses », explique celui qui a mis ses études sur la glace afin de se consacrer pleinement à son sport.

« Nous avons monitoré tout son entraînement à la reprise en novembre (2017). Sa saison 2017-2018 a été très difficile et nous nous y attendions, car c’était une année de préparation, explique Charron. Il était impatient de reprendre l’entraînement, mais aussi conscient qu’il fallait être prudent. En même temps, il est passé d’adolescent à adulte. »

L’entraîneuse mentionne qu’en 20 années de métier, elle n’avait jamais vu un athlète canadien se classer dans les points (40 premiers) à ses premières Coupes du monde.

« Nous savions qu’il reviendrait fort et que tout était possible, sauf qu’en même temps, nous devions être prudents. De là à dire qu’il obtiendrait ces résultats, nous n’étions pas certains. Jules ne se laisse pas impressionner facilement et il fait ce qu’il a à faire, alors il a très bien géré (ses présences en Coupe du monde.) »

Un athlète touche à tout
Talentueux dans les sports d’endurance, Burnotte a pris part aux Championnats du monde juniors de cross-country (athlétisme) en 2015. Celui qui est parfois surnommé « Sideshow Bob » par des coéquipiers en raison de sa ressemblance avec le personnage de la série télévisée des Simpsons est loin de faire le clown lorsque vient le temps d’enfiler un dossard.

« Le cross-country m’a énormément aidé à développer des stratégies de course ou une attitude compétitive. Cela m’a permis d’être plus agressif à certains moments. C’est aussi un sport de moteur où les épreuves durent entre 20 et 30 minutes, alors lorsque la saison de biathlon commençait, j’étais déjà prêt. »

Jean-Philippe Le Guellec, premier Canadien à remporter une épreuve de Coupe du monde de biathlon, a été un témoin privilégié de la progression de Burnotte au cours des dernières années.

« Depuis qu’il a décidé de se spécialiser en biathlon, sa progression a été rapide. Il a un moteur de fou et qu’il soit déjà en Coupe du monde en est la preuve. C’est un talent brut et il n’a pas peur de se faire mal. Aux Jeux du Canada (en 2015), il avait probablement la technique la plus atroce de tous les participants, mais en même temps, il allait vite. Il a collaboré avec un entraîneur de ski de fond et c’est le jour et la nuit, même s’il a encore plusieurs trucs à travailler. »

La suite vendredi, au sprint de l’étape d’Oberhof, en Allemagne.

Rédaction : Mathieu Laberge

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